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Pascal Obispo : « En Belgique, on nous apprend encore ce que signifie être humain »

pascal obispo

Pour le chanteur français, "si je suis ce que je suis, c’est aussi grâce aux Belges. Ce public ne ressemble à aucun autre..." | © MAXPPP

I like Belgium

Riche en collaborations, son nouvel album est un petit bijou dont il signe la majorité des textes. L’auteur de Millenium nous parle de ses projets actuels et de sa Belgique.

Par Christian Marchand

Paris Match Belgique. La Belgique et vous, c’est une histoire forte, non ?
Pascal Obispo. Oui, ma tournée 1996 y a lancé ma carrière. Si je suis ce que je suis, c’est aussi grâce aux Belges. Ce public ne ressemble à aucun autre : en Belgique, un chanteur sent qu’on vient réellement l’écouter avec un esprit positif, dans un but de plaisir.

Vous avez souvent tendu la main à des jeunes, dont le Belge Roberto Bellarosa (le vainqueur du premier The Voice Belgique) ?
J’ai toujours agi de la sorte. J’ai même animé des séminaires d’écriture. J’ai toujours pensé que le fait de donner permet de vous enrichir, de voir la vie différemment.

« Chante la rue chante » est un titre dynamique et fédérateur. Vous êtes un humaniste dans l’âme. Quel est donc votre ressenti face aux jeunes de la rue ?
Les juniors que je rencontre sont plus branchés célébrité ou argent que nous l’étions. Ils aiment s’afficher sur les réseaux sociaux, se montrer sur Instagram. Nous, nous ne bénéficiions pas de ces vecteurs de communication. Est-ce mieux ? Je ne juge pas. Je préfère parler d’enrichissement par la différence. Jadis, avec mes potes, on écoutait de la chanson ensemble, on allait faire la fête à la mer, on partageait ; il y avait une vraie sociabilité positive. Et quand quelqu’un, exceptionnellement, vivait dans sa bulle, les gens disaient : C’est un solitaire. Aujourd’hui, c’est l’effet inverse. Les gens qui s’amusent ensemble sont très rares et les solitaires sont devenus incroyablement majoritaires.

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Vous n’appréciez donc pas les réseaux sociaux ?
Pour moi, c’est une forme de non-communication. C’est le non-échange. Est-ce l’évolution des choses ? Est-on trop vieux pour aimer cela ? Est-ce mieux qu’à notre époque ? Personne n’a la réponse. Mais je pense que l’humanité est en train de basculer vers un monde moins humain. De toute façon, on ne sera plus présent quand elle n’existera plus !

pascal obispo
© Paris Match Belgique

Vous dites cela parce que vous avez passé le cap des 50 ans ? Un cap difficile, pour vous ?
Je serais tenté de dire qu’avec l’âge (il aura 54 ans le 8 janvier prochain, NDLR), on arrive à approcher quelque chose de mieux. Attention, je précise : je n’ai pas dit quelque chose de bien, juste de mieux. Quand j’ai débuté, je n’aurais jamais pensé faire une telle carrière ni chanter avec certains monstres sacrés. Imaginez-vous : à l’âge de 15 ans, j’étais en train de réviser mes devoirs quand j’ai entendu Sting pour la première fois à la radio. Le lendemain, j’ai acheté son album. Et trente-huit ans après, je me suis retrouvé avec lui dans ma loge !

Vous serez le parrain du Téléthon 2018 les 7 et 8 décembre prochains pour faire avancer la recherche sur les maladies rares.
Comme quand je viens en Belgique pour la bonne cause, je suis fier de partager le combat des familles, des enfants, de participer à cette mobilisation de tous et dans toute la France, d’être aux côtés des chercheurs et des bénévoles. J’ai hâte de vivre cette fête de la solidarité.

Les réseaux sociaux sont une forme de non-communication.

On ne vous connaît pas en privé… Vous chantez là aussi ?
(Rires). Je ne tourne pas en rond. J’ai d’autres passions. J’apprécie beaucoup la peinture. C’est tout nouveau. Depuis quatre à cinq mois. J’aime bien aussi la sculpture.

Vous avez une réputation de bon vivant. Quel est votre plat préféré belge ?
Je suis fan du moules-frites.

Un péché mignon préféré belge ?
Jacques Brel.

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Votre expression ou mot belge préféré ?
Les chiffres comme nonante. Ça me fait marrer à chaque fois.

Qu’aimeriez-vous que votre pays emprunte à la Belgique ?
L’état d’esprit qui est assez proche de celui du Nord. De temps en temps, on aimerait que certaines salles françaises soient aussi vivantes que les belges. En Belgique, on nous apprend encore ce que signifie être humain.

Pascal Obispo se produira les 15 et 16 janvier 2019 à Bruxelles (Cirque royal), 
le 18 à Liège (Forum de Liège), le 19 
à Charleroi (Palais des Beaux-Arts) et le 29 novembre à Bruxelles (Forest National).

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