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Zinedine Soualem : « Virginie Hocq et moi, on s’est vraiment découverts à Bruxelles »

A 61 ans, Zinedinel a tourné plus de cent films pour le cinéma et la télé, et son visage débonnaire ne cesse de s’imposer. | © AFP PHOTO / LOIC VENANCE

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Le comédien français poursuit en Belgique avec l’humoriste belge le triomphe de la pièce C’était quand la dernière fois ?, entamé en France. Une comédie irrésistible.

Un entretien réalisé par Christian Marchand

Paris Match. De quand date votre dernière visite en Belgique… excepté dans votre pièce ?
Zinedine Soualem. Il y a deux mois, pour les répétitions. Nous étions logés à Schaerbeek. Je n’ai pas vraiment eu le temps de visiter. Par contre, en 1985, je faisais partie du Théâtre du Soleil. J’étais venu jouer aux Halles de Schaerbeek durant quinze jours et à Anvers. Je logeais à l’hôtel Métropole. A mes yeux, la place de Brouckère, c’était Brel. Je pensais sans cesse à lui. J’ai également visité quelques musées.

Avec Virginie Hocq, vous formez un couple diabolique sur scène…
C’est surtout elle qui est diabolique ! Elle tente de me tuer. Moi, je me venge comme je peux. En réalité, nous nous sommes super bien entendus. Virginie, je l’aimais bien sans la voir. Je connaissais juste son travail. La lecture s’est très bien passée devant le producteur et metteur en scène. On s’est vraiment découverts à Bruxelles lors des répétitions. C’est une femme qui a beaucoup d’imagination, d’énergie, et elle ose. Sur scène, il est impossible de sentir mal avec elle.

Comme votre compagne : Caroline Faindt est une artiste peintre de talent et une très belle femme. Entre vous, c’est la vie en couleurs ?
Oui… En plus, c’est tout à fait vrai : ses toiles sont très colorées. Même si nous travaillons dans des domaines différents, on se motive mutuellement et on se complète bien. Je la soutiens. C’est ma moitié qui me fait apprendre mon texte. Elle me fait répéter et réviser. Comme quoi, les secrets du bonheur ! (Il rit)

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Votre vie artistique a démarré de façon pour le moins étonnante.
Oui, j’étais mime de rue à l’âge de 18 ans. J’ai fait cela durant sept ans. Cette passion était en moi. Je suis né en Auvergne. J’étais étudiant en lettres à Clermont-Ferrand. Je commençais à me demander ce que j’allais faire. Je suivais des études, mais sans réellement savoir où se situerait mon avenir. Les choses sont venues tout naturellement. J’avais commencé par le théâtre. Puis, j’ai fait un stage chez un mime. Ce fut le déclic. J’ai endossé ce rôle devant des copains et je n’ai plus lâché. Aujourd’hui encore, j’en suis heureux car, grâce à cela, je n’ai jamais connu la galère durant ma carrière. En réalité, je n’ai jamais souffert d’une période creuse. J’ai toujours bossé. Et dans ce métier, c’est un luxe.

Comment voyez-vous le monde actuel ?
La politique me déçoit fortement. Voyez le climat : les scientifiques alertent le monde depuis longtemps et rien ne bouge. Ils sont là, les défis et les urgences : la planète, l’écologie, l’air, la mer ! Nous, en Occident, on passe notre temps à se plaindre alors que la moitié de la population sur Terre vit avec deux euros, voire un, par jour.

Vous avez passé le cap de la soixantaine. Avec l’âge, vous êtes plus sensible, plus fragile, ou plus ferme et insensible ?
Disons que je suis moins angoissé que jadis, même si tout est influencé par notre métier. Je suis désormais propriétaire d’un appartement, et donc financièrement un peu plus tranquille qu’il y a vingt ou trente ans. J’essaie de garder la même fraîcheur pour le travail et pour le jeu. Voilà pourquoi je suis très heureux d’avoir rencontré Virginie, car on s’amuse sans cesse.

Quel est votre plat belge préféré ?
Le moules-frites.

Votre péché mignon préféré belge ?
Je ne bois pas de bière et je n’aime pas le chocolat. Disons, alors, un bon cornet de frites !

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Quelle est votre expression ou mot belge préféré ?
« Ohhhh, dis ! ! ! ! ! »

Qu’aimeriez-vous que votre pays emprunte à la Belgique ?
Un état d’esprit avec plus d’humour et de bonhomie. Bref, que la France se sente un peu moins supérieure qu’actuellement.

Et qu’est-ce que vous ne comprenez pas en Belgique ?
Les Belges ont l’art de compliquer les choses simples. Mais au final, c’est toujours drôle !

Après Nivelles, Mons, Bruxelles et Namur, Zinedine Soualem et Virginie Hocq se produiront à Charleroi (le 24 novembre au Palais des Beaux-Arts) et à Huy (le 30 mars au Centre culturel).

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