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Pierre Niney : « Dans une vie, tout peut basculer d’un instant à l’autre »

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De son propre aveu Pierre Niney explique qu'il "connaissait mal le métier de pompier. Et puis, à Paris, c’est particulier, puisque les pompiers sont des militaires." | © Zazi Films

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En sapeur-pompier qui se sacrifie pour sauver ses hommes, il est bouleversant dans Sauver ou périr. En endossant le rôle d’Yves Saint Laurent, Pierre Niney avait déjà nourri la profession de son talent. En incarnant le fils du commandant Cousteau dans L’Odyssée, puis avec La Promesse de l’aube, il montre qu’à 30 ans, l’avenir lui tend les bras.

Par Christian Marchand

Paris Match. Vous incarnez un homme du feu dans Sauver ou périr. Une histoire vraie ?
Pierre Niney. Plusieurs destins ont touché le réalisateur, mais il voulait surtout faire un film sur la quête d’identité, la résilience, l’espoir. Et raconter une histoire d’amour.

Quel regard portez-vous sur ces héros qui risquent leur vie tous les jours ?
Je connaissais mal le métier. Et puis, à Paris, c’est particulier, puisque les pompiers sont des militaires. C’est un milieu très codifié et, en même temps, très familial et solidaire. J’ai été complètement bouleversé par ces héros du quotidien, tellement volontaires, courageux, prêts à tout pour sauver. Certains n’ont que 18 ans et sont pourtant confrontés à des choses très violentes. Un pompier peut être un sauveteur, mais aussi une victime. D’un instant à l’autre, tout peut basculer. Les pompiers ont été très émus en voyant le film. J’ai un énorme respect pour eux mais aussi pour tous les infirmiers, les soignants, les médecins, les aidants qu’on a rencontrés. J’ai vécu en caserne durant plusieurs mois. Je suis parti en mission avec eux. Une fois pour sauver quelqu’un en train de faire une overdose, l’autre fois pour empêcher un désespéré de se jeter d’un balcon !

On ne sort pas indemne de ce type d’expérience…
Certains sont endeuillés, d’autres brûlés pour toujours. Pourtant, beaucoup réussissent à transformer la douleur en une émouvante envie de vivre. On a rencontré un homme condamné au fauteuil roulant. Il a vu le film et nous a dit : « Je vis encore plus qu’avant ! Je suis peut-être encore plus vivant qu’avant mon accident ! » C’est beau, cet équilibre.

Vous, vous l’avez trouvé ?
Nous sommes des animaux sociaux : on a besoin des autres pour vivre, pour survivre. La solitude tue. Heureusement, nous avons l’instinct du rassemblement. Il est vital pour nous d’être apaisés par les paroles de l’autre. On se fait forcément dépasser lorsqu’on admire quelqu’un ou qu’on accorde trop d’importance à un aspect négatif. Il faut commencer par être fier de ce qu’on fait.

Avez-vous déjà connu cette peur de ne plus être à la hauteur ? De ne plus revenir ?
C’est le cas après chaque film. Ce métier est fait de beaucoup de doutes. Ça fait partie du processus classique. C’est parfois très angoissant, parfois porteur.

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Avec une maman belge, vous avez un souvenir fort du Plat Pays ?
Vous allez trouver cela ridicule ! (Rires) Je devais avoir 7 ou 8 ans. Enfant, je vivais souvent dans une petite ville, chez mon grand-père. Toute la journée, j’avais ennuyé mes parents parce que je voulais des frites. Nous voilà donc au restaurant. Lors de la commande, le serveur lance : « Ok, une frite pour le jeune homme ! », et il repart. J’ai pété un câble. Je voulais plus qu’une frite ! (Rires)

La problématique entre les Flamands et les Wallons me laisse perplexe…

À propos, quel est votre plat belge préféré ?
Les moules. Accompagnées !

Votre péché mignon belge préféré ?
Le chocolat Crunch.

Votre expression ou mot belge préféré ?
« Une fois ».

Qu’aimeriez-vous que votre pays emprunte à la Belgique ?
L’autodérision.

Et qu’est-ce que vous ne comprenez pas en Belgique ?
La problématique entre les Flamands et les Wallons. Elle me laisse perplexe.

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