Paris Match Belgique

Vincent Niclo : « Des gens n’existent 
que par les fake news »

Le chanteur, dont le grand-père était belge, à propos de la Belgique : "c'est un pays à part" | © © PHOTO / LE PARISIEN / FREDERIC DUGIT

I like Belgium

Avec son nouveau single « El Fuego del Amor » , extrait de son album Tango qui mise sur les textes romantiques et de belles collaborations (Obispo, Slimane, Patrick Fiori), Vincent Niclo fait un carton. Passant de l’opéra à la variété, il a décidé de mettre le cap sur une musique latine qui bouge !


Par Christian Marchand

Paris Match. Quelle est la genèse de votre nouvel album ?
Vincent Niclo. Depuis un bon moment, j’avais envie de sortir un opus avec des sonorités latines, et un répertoire qui bouge. En concert, c’est sympa de voir les gens se lever et danser. J’ai toujours adoré le tango. Cette danse est hyper moderne et ne s’est jamais démodée. Il y a du tango dans tous les répertoires. Il a traversé les époques. Même Placido Domingo et Julio Iglesias y ont succombé ! Je voulais suivre mes pères spirituels. Cet album, c’est la sensualité, la danse, l’amour.

Vous accumulez les succès. Une revanche sur les années difficiles ?
Comme tous les enfants, j’ai connu des problèmes qu’il m’a fallu résoudre. La musique m’a beaucoup aidé. À 5 ans, j’ai fait mon premier concours de chant dans une station de vacances. Ado, j’étais très complexé. Je me suis mis au sport, pour le physique mais aussi pour le mental. Ça m’a permis d’avoir les idées plus claires, de ne pas faire n’importe quoi.

Vous participez à l’album Hymn de la célèbre chanteuse Sarah Brightman, dont le premier single, « Sogni », a été enregistré en duo avec vous. L’album est numéro 1 aux USA.
Oui, c’est bizarre. Je crois vivre un rêve éveillé. Pour un Français, se retrouver dans ces charts est impensable. C’est comme si c’était mission impossible.

Quel est votre avis sur la société actuelle ?
Des gens n’existent que par des « fake news » ou les clashs. Il suffit de regarder la télé ou être sur les réseaux sociaux pour comprendre. À mes yeux, c’est la culture du néant. Créer des conflits, des histoires inventées, des bagarres, des mensonges, juste pour attirer l’attention sur soi ou pour créer un buzz est lamentable. Ça veut surtout dire qu’on n’est pas assez intéressant en tant que personne. Créer des vagues et des tsunamis avec rien n’a jamais été que de la démolition. Ce n’est pas mon truc. Sans cesse, je vois qu’on glorifie des artistes qui, en définitive, n’ont pas fait grand-chose et qui n’apportent rien à la société. Cela ne fait qu’alimenter un courant néfaste. C’est dramatique pour les générations qui arrivent. On a perdu beaucoup de valeurs avec les réseaux sociaux, à commencer par le respect. Heureusement, ma vie, ce n’est pas ça. Et certainement pas en Belgique.

Lire aussi > Kev Adams et Jamel Debbouze : « Les Belges sont les plus intelligents »

Pourquoi ? Parce que votre grand-père était belge ?
Parce que c’est un pays à part. Regardez : je suis couvert de cadeaux. Et lorsque je reprends mes valises pour quitter le Plat Pays, ce n’est jamais sans mal. Je fais 100 kilos de plus, entre les chocolats, les friandises et les souvenirs ! Lorsque je suis venu avec Céline Dion, elle m’avait prévenu : « Tu vas voir, les Belges sont incroyablement gentils et chaleureux. » Ça, c’est la vie ! Je sors d’une séance de dédicaces impensable : les gens sont venus de Mons, Charleroi, Liège, Tournai, des Ardennes, en bravant les embouteillages sous la pluie. Un fan m’a même offert une espèce de trousse à pharmacie pour ne pas tomber malade, avec des pastilles pour la gorge, des huiles essentielles pour préserver ma voix. Ce n’est pas incroyable, ça ?

DR

Qu’aimeriez-vous que votre pays emprunte à la Belgique ?
À part cette chaleur ? On lui a déjà emprunté Johnny Hallyday. Je réponds donc Jacques Brel, un poète incontournable.

Un plat belge préféré ?
Les boulettes sauce liégeoise.

Votre péché mignon préféré belge ?
Le chocolat.

Votre expression ou mot belge préféré ?
« Tchieu ! » (Il éclate de rire)

Y a-t-il quelque chose que vous ne compreniez pas en Belgique ?
Que les gens ne donnent qu’une bise quand ils vous voient. En France, c’est deux ou trois. Là-dessus, les Belges sont un peu économes !

Lire aussi > Bastian Baker : « Mon père aimerait bien que je sois le nouveau James Bond ! »

© DR

 

CIM Internet