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Clémentine Célarié : « Arno incarne la poésie belge sur pattes »

clémentine Célarié

Clémentine Célarié joue "Sur la route de Madison" le 16 janvier au Forum de Liège, le 17 au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, le 18 janvier au Théâtre royal de Mons et le 19 au Théâtre royal de Namur. | © DR

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Après le film En mille morceaux qui a remporté de nombreux prix, Clémentine Célarié revient en Belgique avec la pièce Sur la route de Madison , tirée du célèbre roman culte de Robert James Weller, aux côtés du comédien Aurélien Recoing.


Par Christian Marchand

Paris Match. Vous brillez dans Sur la route de Madison. Pour peaufiner votre personnage, vous avez regardé le film avec Clint Eastwood et Meryl Streep ?
Clémentine Célarié. Je l’ai revu dernièrement. Un gars en pick-up demande son chemin. Il se trouve que cet homme est incroyable. Son aura touche profondément Francesca. C’est comme s’il lui apportait tout ce qu’il lui manque depuis des années, alors qu’elle ne s’en rendait même pas compte. Nos rencontres sont les révélateurs de ce que nous sommes. Ça peut réveiller des choses en nous. Lui révèle en elle tout ce qu’elle avait laissé de côté. Ils vont vivre quatre jours de passion totale. Pour moi qui suis toujours excessive dans mes comportements, c’est merveilleux d’incarner ce rôle.

Avez-vous déjà vécu une situation pareille ?
J’ai souffert de chagrins d’amour, mais pas énormément, parce que je m’en vais avant. Pourquoi ? Je pense avoir une phobie de l’abandon. Je suis aussi une grande aventurière de la vie. Attention, je précise : je ne dis pas que j’aime les aventures amoureuses. Tomber amoureuse d’un homme est fatigant, non ? (Elle éclate de rire.) Plus sérieusement, j’aime mon métier car on est dans l’imaginaire.

Selon vous, il vaut mieux vivre l’amour ou le rêver ?
En matière d’amour, on ne sait jamais à l’avance. On ignore les composantes de l’alchimie, ce que l’autre va faire de vous, ce qu’il va révéler en vous. Nous avons tous vécu ça. C’est passionnant. Je ne ressemble pas à mon personnage de Francesca. Moi, je suis partie avec mes enfants ! Elle, elle reste. Maintenant, en amour, on n’est pas forcément plus heureux en partant. Quitter est un choix. Moi, je ne veux pas de compromis. C’est la fusion qui est belle en amour. Elle doit être totale. C’est donc parfois compliqué à vivre…

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Être aventurier de sa vie, c’est braver les tabous sociaux et le regard des gens ?
Braver le regard des gens est un combat de tous les jours. Surtout quand vous avez une aventure avec un homme qui a vingt ans de moins que vous… Ce n’est pas comme vous, les hommes. Quand vous êtes adulte et au bras d’une fille de 20 ans, le regard est différent. Et pourtant, c’est l’amour qui est important. La différence d’âge ? Je me fiche de ce que les gens peuvent penser. On n’est pas là pour s’asseoir sur notre vie ou la calculer.

Épanouie par votre métier, vous êtes à la ville une femme engagée humainement et politiquement. En tant qu’actrice, pensez-vous que votre voix a un impact ?
Je ne connais rien à la politique. C’est pour ça que j’ai arrêté d’en parler. Je suis idéaliste et utopiste. Je ne pense pas que ma voix a un impact. Je dis les choses d’une façon impulsive. Et je préfère être saine. Il n’y a pas que les votes qui font changer les mentalités. Là, je vais me rendre dans une prison à Marseille pour y créer des ateliers. Des gens ont des aptitudes et sont rejetés. Alors qu’ils ont plein de choses à raconter.

 

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Votre lien à la Belgique ?
Avec Bruxelles, elle est l’incarnation d’une folie douce, belle et poétique. Le pays et la ville sont à un carrefour de plein de mentalités. Donc, c’est la richesse. Je viendrais volontiers y habiter si je ne risquais pas qu’on dise que j’y viens pour ne pas payer d’impôts. J’adore l’hôtel Métropole, charmant et féerique, l’ambiance de « Chez Maman » et de « L’Archiduc ». Arno me l’a fait découvrir. C’est un ami. Je l’adore. Arno incarne le talent, la force, la violence de la poésie. À mes yeux, c’est la poésie belge sur pattes ! Il y a aussi l’ami Bouli Lanners. Avec lui, j’ai eu des fous rires incroyables. On a fait un film ensemble. Être à Bruxelles est merveilleux mais, le soir, c’est le danger. L’ambiance est tellement chaleureuse qu’il est difficile de rentrer se coucher !

Et comme il vous arriver forcément de manger, vous avez un plat belge préféré ?
J’adore les croquettes de crevettes, mais je vote pour le waterzooi.

Un péché mignon, une bière, un apéro, une friandise ?
Mon problème, c’est que j’aime tout !

Votre expression ou mot belge préféré ?
J’adore quand mes amis belges me disent : « Oh, j’ai du brol à la maison ! »

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Qu’aimeriez-vous que votre pays emprunte à la Belgique ?
Beaucoup de choses : l’humour, l’autodérision, la chaleur, la créativité, l’invention, la liberté, une forme de folie …

Et qu’est-ce que vous ne comprenez pas au Plat Pays ?
Rien. Je me sens libre en Belgique… et plus que chez moi.

Clémentine Célarié joue « Sur la route de Madison » le 16 janvier au Forum de Liège, le 17 au Palais des Beaux-Arts de Charleroi, le 18 janvier au Théâtre royal de Mons et le 19 au Théâtre royal de Namur.

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