Jenifer : « J’ai connu la soupe populaire en bas de chez moi »

Jenifer : « J’ai connu la soupe populaire en bas de chez moi »

Le plat belge préféré de Jenifer ? "Un cornet de frites avec une gaufre en dessert !" | © ©PHOTOPQR/LE PARISIEN/Delphine Goldsztejn

I like Belgium

Après deux saisons d’absence, Jenifer est de retour dans « The Voice » France. Elle se produira en concert le 16 mars et le 21 novembre au Cirque Royal de Bruxelles, le 17 mars au Forum de Liège et le 22 novembre au Théâtre de Mons.


Par Pierre-Yves Paque

Paris Match. Vous voilà là où l’on ne vous attendait pas : en tant qu’actrice.
Jenifer. J’adore être quelqu’un d’autre. Je termine le tournage d’un téléfilm de huit épisodes pour TF1, inspiré du best-seller « Le temps est assassin » de Michel Bussi. Depuis toute petite, dès que je vois un objectif, j’ai un dédoublement de personnalité. J’enfilais le costume de mon père ou la robe de ma mère, j’aime me déguiser. Cette fois, je me suis engagée dans un rôle très intense qui m’a fait repousser mes limites. J’ai dû aller puiser au fond de moi pour incarner cette psychopathe très malade. Elle a une bipolarité très affirmée, c’est une fille très meurtrie. Puiser dans des sentiments plus obscurs m’a, bizarrement, fait du bien !

Vous êtes également avec les Enfoirés à Bordeaux, au moment où l’on ne cesse de parler des gilets jaunes.
Beaucoup de gens vivent dans la précarité. Des gens qui ont faim, des gens dans le besoin… En même temps, être témoin de cet élan de solidarité est très beau. ça fait partie de mon éducation. Ma mère, une chanteuse d’orchestre, nous emmenait servir des soupes. J’ai vraiment connu la soupe populaire en bas de chez moi. J’ai vécu avec cette culture à la Coluche où l’on suivait les Restos du Cœur. Dans le quartier, on partageait notre goûter. Parfois, on ne mangeait pas de viande, juste une fois par semaine, car ça coûtait cher. C’est ce que j’ai envie d’inculquer à mes enfants, car peu de gens sont engagés comme Coluche l’était aujourd’hui.

Lire aussi > Vincent Cassel : « Il n’y a pas de gentils ou de méchants… Il n’y a que des mecs en lutte contre eux-mêmes »

Est-il exact que vous avez éprouvé des difficultés à interpréter certaines chansons ?
Oui, même « Derrière les soleils », qui est pourtant un hymne à la joie. Je revendique l’amour que j’ai pour les miens, mais je n’y arrivais pas. ça me serrait la gorge. Ce sont mes enfants, ce sont mes yeux, je ne veux pas en parler, c’est à moi. Ils ne demandent rien. Je livre une partie de mon instinct, de cette joie d’être maman. Si ma petite chanson va dans un foyer, si elle arrive à marquer un instant ou un moment de vie, c’est le plus beau des cadeaux. L’amour est un thème inépuisable. C’est pour ça que j’ai enregistré cet album de manière plus ouverte et plus libre. Un lâcher-prise qui s’entend même dans ma voix. Mon déclic ? Peut-être que je m’accepte davantage qu’avant. Peu importe les qu’en dira-t-on, je suis celle que je suis. Je vis une certaine pression médiatique et elle peut être nocive. Je n’ai pas la science infuse. Je me suis plantée plein de fois car j’avais juste besoin de vérité. Je me suis peut-être trompée mais, au moins, je suis allée jusqu’au bout et je peux me regarder dans un miroir aujourd’hui.

©Paris Match Belgique

Quel est votre lien avec la Belgique ?
J’aime ce pays à travers son public. C’est unanime, tous les artistes vous le diront : il y a, au Plat Pays, une générosité et une bienveillance indiscutables. C’est la vérité du Nord. Comme si une âme flottait dans le ciel. Sans compter que les gens aiment tant se divertir qu’ils mettent toujours une ambiance de dingues dans la salle.

Quel est votre plat belge préféré ?
Un cornet de frites avec une gaufre en dessert ! Vous allez rire, mais j’adore tout ce qui est gras.

Et votre péché mignon ?
J’aime me balader du côté de la rue Haute, à Bruxelles, car j’adore les brocantes, les vide-greniers et les antiquaires. Dans la rue Blaes ou sur la place du Jeu de Balle, on trouve des merveilles. Je connais bien Bruxelles, je viens régulièrement passer des week-ends en Belgique. Quand je dis que j’aime la Belgique, ce n’est pas une blague, ce n’est pas pour vendre mes places de concerts. Je m’y balade comme partout, je ne sors pas en talons fluo et leggings à paillettes. Je sais me faire discrète. (Elle sourit)

Votre expression belge favorite ?
« Tantôt » ! A chaque fois, ça me fait rire. J’ai tourné une comédie romantique en Belgique, Faut pas lui dire, avec les Belges Tania Garbarski, Charlie Dupont et Fabrizio Rongione. J’ai appris plein de choses rigolotes sur le Plat Pays.

Lire aussi >Pascal Obispo : « En Belgique, on nous apprend encore ce que signifie être humain »

Qu’aimeriez-vous que votre pays lui emprunte ?
Sa bienveillance et sa courtoisie. Même quand vous marchez dans les rues, que vous galérez ou cherchez votre route. En fait, le Parisien – pas tous, je tire des traits grossiers – n’a pas les mêmes réflexes. En Belgique, les gens prennent plus le temps de discuter et de s’intéresser à l’autre. Il y a quelque chose de plus soutenu, de distingué dans la manière de parler et de s’exprimer.

Et ce que vous ne comprenez pas en Belgique ?
Que je n’aie pas une maison ici ! Oui, comment se fait-il que je n’habite pas encore en Belgique ?

©DR

 

CIM Internet