PPDA : « Les Ardennes belges ont été ma première vision de l’exotisme »

PPDA : « Les Ardennes belges ont été ma première vision de l’exotisme »

"J’en ai énormément. Je suis né à Reims, et mon premier voyage à l’étranger s’est fait en Belgique" | © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

I like Belgium

Le 13 février prochain, Patrick Poivre d’Arvor et Eliane Reyes, pianiste belge, présenteront ensemble un récital-concert au 490 de Bruxelles. Elle au piano sur des partitions de Chopin, lui à la lecture de poèmes qu’il a minutieusement choisis.

Par Aurélie Parisi

Paris Match. Il y a un peu plus de dix ans, vous présentiez votre dernier JT sur TF1. Changement radical aujourd’hui. Comment cette idée de récital-concert (voir notre encadré) est-elle née ?
Patrick Poivre d’Arvor. Eliane Reyes est une amie. Elle voulait que je pose des poèmes sur les valses de Chopin. Je me suis dit que c’était une bonne idée. J’ai sélectionné plusieurs poèmes de l’anthologie que j’avais réalisée il y a des années. Il fallait que ceux-ci correspondent bien au rythme des valses. On y retrouvera du Rimbaud, du de Nerval, de l’Apollinaire ou encore du Verlaine. Rien n’est fixe. Tout peut changer en fonction des lieux, des moments.

Ce récital-concert parle d’amour…
On raconte une histoire d’amour, donc on traverse une série de sentiments. Du coup de foudre au drame en passant par le bonheur, la jalousie et la rupture.

Depuis quand vous intéressez-vous à la poésie ?
Depuis tout petit. J’ai toujours été un garçon timide et réservé. À l’école, j’étais solitaire. Je me suis donc réfugié dans les livres. Finalement, ce sont les écrivains et les poètes qui sont devenus mes meilleurs amis. Ils m’ont ouvert à un autre monde, plus romanesque. Ils m’ont également fait connaître différents sentiments.

Votre grand-père, également poète, a joué un rôle dans votre approche de la poésie…
Oui. Grâce à lui, je ne me suis pas senti ridicule. Écrire des poèmes n’était pas une activité de garçon. Mais, par chance, mon grand-père était un poète autodidacte. Il m’a beaucoup aidé lorsque j’écrivais. Je lui en suis très reconnaissant.

Lire aussi > Jenifer : « J’ai connu la soupe populaire en bas de chez moi »

Pensez-vous que votre passion pour l’écriture a aidé votre métier de journaliste, et inversement ?
Je ne sais pas. J’aurais du mal à théoriser la chose. Peut-être. En tout cas, pour écrire mon dernier bouquin, La Vengeance du loup, qui parle d’un jeune garçon qui rêve d’être président de la République, je me suis inspiré de tout ce que j’ai vu du monde politique et médiatique.

Vous étiez connu pour l’impertinence de vos questions. Retrouvez-vous celle-ci chez d’autres présentateurs de JT ?
Cette impertinence m’a beaucoup servi. Elle m’a permis d’obtenir certaines choses des personnes que j’interviewais. Je trouve qu’aujourd’hui, les journalistes sont davantage dans la retenue. Ils osent peut-être moins. Pourtant, ce n’est pas la liberté qui leur manque.

© Paris Match Belgique.

Quels sont vos liens avec le Belgique ?
J’en ai énormément. Je suis né à Reims, et mon premier voyage à l’étranger s’est fait en Belgique. Tout petit, je suis allé dans les Ardennes belges. À l’époque, il y avait un poste-frontière, une douane, des plaques minéralogiques de couleurs différentes. C’était ma première vision de l’exotisme (rires). Je pense que peu de gens vous diront la même chose.

Vous êtes un fin gourmet. Quel est votre plat belge préféré ?
Je n’en ai pas vraiment. Moi, j’aime avant tout quand c’est bon, quand les frites sont bien cuites… Mais ce qui me plaît le plus dans les repas belges, c’est qu’ils sont enjoués. Il y a du bonheur autour de la table. Plus ça parle, plus ça rit. On se lâche plus, on rit plus lors d’un repas belge.

Avez-vous un artiste belge fétiche ?
Jacques Brel est de loin mon chanteur préféré. « La Quête », « Ne me quitte pas » et « Quand on a que l’amour » font, pour moi, partie des plus belles chansons du monde. Plus que des chansons, ce sont des poèmes. J’ai eu la chance de rencontrer Jacques Brel grâce à mon ami Henri Tachan. Ce que j’aime le plus chez cet artiste, c’est son choix final de partir aux Marquises. Ce n’est d’ailleurs pas impossible qu’un jour j’écrive un livre sur les exils dans le Pacifique.

Connaissez-vous des expressions belges ?
Quelques-unes. Toutes les expressions de Tintin et du capitaine Haddock m’ont été fort utiles. Ce dernier en a mis au goût du jour certaines qui, aujourd’hui encore, font florès. Merci, capitaine !

Que voudriez-vous que la France emprunte à la Belgique ?
Je ne dirais pas votre Premier ministre car, actuellement, vous n’en avez pas ! (Rires) Peut-être un sens de l’humour que nous n’avons pas assez. La France est un pays qui se prend très, voire trop, au sérieux.

© DR – Patrick Poivre d’Arvor et Eliane Reyes, pianiste belge
CIM Internet