Natacha Amal : « De nos jours, on suprotège les enfants, il n’y a plus la même liberté »

Natacha Amal : « De nos jours, on suprotège les enfants, il n’y a plus la même liberté »

La Belgique m’a redonné le goût de la scène. Je serai bientôt en tournée dans tout le pays avec la pièce Un grand cri d’amour. | © ©Didier Bauweraerts

I like Belgium

À partir du 15 février et jusqu’au 24 mars prochain, Natacha Amal remplacera Sandrine Corman dans Représailles, la quinzième pièce du Télévie, mise en scène par Olivier Leborgne.

Par Aurélie Parisi

Paris Match. Eric Assous a écrit cette pièce en 2015 pour Michel Sardou qui y jouait le rôle de Francis, le mari infidèle. On est loin de votre personnage dans l’emblématique série Femmes de loi.
Natacha Amal. Effectivement, j’y incarne Rosalie, la femme qui demande le divorce après avoir découvert que ce mari la trompait et qu’il avait invité sa maîtresse au mariage de leur propre fille… J’ai été très flattée qu’on pense à moi alors qu’effectivement, j’étais plus rigide dans la série ! De surcroît, entre le Télévie et moi, l’histoire ne date pas d’hier. J’ai, à de multiples reprises, eu l’occasion de m’investir pour les déshérités.

Comment se sont passées les répétitions avec les animateurs de RTL TVI ?
Très bien. Dans un premier temps, j’ai été les voir sur scène. Ils jouent avec le cœur. Je me rends compte de tout ce travail pour la bonne cause et je trouve ça magnifique. Ils font preuve d’audace sur scène. Leur métier leur a donné une certaine aisance dans la façon d’interpréter les personnages. Et ne parlons pas de Sandrine Corman, que je remplace dans la pièce… C’est vraiment elle qui m’a donné envie de jouer le personnage de Rosalie, que je trouvais trop sage sur papier.

Natacha Amal revit à Bruxelles désormais après avoir très longtemps vécu à Paris. © Bernard Demoulin

Ils n’ont pas eu de mal à vous contacter, puisque vous vivez désormais à Bruxelles. Pourquoi avoir quitté Paris ?
D’abord, je suis née à Bruxelles et j’ai vécu de nombreuses années en Belgique. Je me suis installée en France plus tard, pour mon métier. Avec le tournage des épisodes de Commissaire Moulin , puis de Femmes de loi, il était pour moi impossible de faire à chaque fois l’aller-retour. J’ai donc été obligée de déménager à Paris. Enfin, retour aux sources : quand tout s’est calmé, j’ai voulu rentrer à la maison ! (Elle rit) J’aime ma vie ici. La Belgique m’a redonné le goût de la scène. Je serai bientôt en tournée dans tout le pays avec la pièce Un grand cri d’amour. C’est vraiment un plaisir de travailler avec des comédiens belges, qui n’ont pas d’ego… contrairement à certains Français !

Mais si Paris vous rappelle, vous irez, non  ?
Bien sûr. Mon métier est toute ma vie et je continue à passer des castings pour la télévision. Vous en saurez plus prochainement… En réalité, aujourd’hui, quand j’ai des projets en France, je m’arrange pour pouvoir tout assurer en gardant mon confort belge !

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Quand on vous parle de la Belgique, vous pensez à quoi  ?
Je me rappelle de la liberté que, gosse, j’avais à jouer dans la rue. Avec mes amis de quartier, on se retrouvait à la ‘pleintje’ (la petite plaine) en maillot de bain et on s’aspergeait d’eau à côté de la fontaine. Il n’y avait jamais d’accident grave. Nos parents avaient confiance. Tout cela est malheureusement loin. De nos jours, on les suprotège, il n’y a plus la même liberté… Pour l’anecdote, j’ai gardé aussi de mon enfance mon goût pour les ‘boules’, les sucreries belges. Des nounours aux Coca-Cola en passant par les guimauves. Les bonbons, c’est mon péché mignon ! J’en ai d’ailleurs toujours à la maison. Mais la Belgique, pour moi, c’est aussi et avant tout le chanteur Arno. C’est une icône. Je l’aime profondément. Entre nous, il y a une longue histoire d’amitié. J’aime sa dérision, son côté poétique. Il transforme toujours tout en quelque chose de drôle et positif.

Et il adore les bonnes tables. Comme vous ? Quel est votre plat belge préféré  ?
Quand je vivais en France, l’américain préparé me manquait terriblement. Sinon, je suis fan des croquettes et des chicons au gratin, que j’adore cuisiner. Mais s’il y a bien un plat que les Belges préparent mieux que les autres, c’est le gibier. À tomber raide !

Votre expression belge préférée ?
‘Godverdome’ !  Ça veut dire m**** à la brusseleir. Il m’arrive encore de le dire quand je suis énervée ! (Rires)

Qu’aimeriez-vous que la France, pays où vous avez vécu pendant des années, emprunte à la Belgique ?
Les Français sont des gens exceptionnels, mais ils se prennent souvent trop la tête. Ils voient généralement le verre à moitié vide au lieu de le voir à moitié plein. Les Belges, eux, c’est l’inverse !

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