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Philippe Etchebest : « Ils se défendent bien, les Belges, ils se battent ! »

Philippe Ecthebest explique son lien avec la Belgique: "Ma mère est ardennaise. Et j’ai vécu ma toute petite enfance à Haybes, près de la frontière belge." | © Pïerre Olivier/M6

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« Top Chef » fête ses 10 ans depuis lundi dernier sur RTL TVI. Le juge Philippe Etchebest y est plus au top que jamais.

 

Paris Match. A l’aube de cette dixième saison, quelle est votre plus belle satisfaction ?
Philippe Etchebest. L’émission est aujourd’hui adoubée par les chefs. Elle a toujours ses détracteurs, mais beaucoup de personnalités de la cuisine aimeraient y participer (et ce sera le cas : Alain Ducasse (18 étoiles), Pierre Gagnaire (13) et la cheffe la plus étoilée du monde, Anne-Sophie Pic (7 étoiles) seront de la partie cette année, NDLR).

Que pensez-vous des candidats belges en compétition… même si deux d’entre eux ont déjà été éliminés ?
Ils se défendent bien, les Belges, ils se battent ! Ce ne sont pas souvent les favoris, mais moi, j’adore avoir des outsiders et les emmener loin. Ils ont du cœur, de l’envie, de l’enthousiasme et de la fraîcheur. Et on a besoin de ça, en cuisine. La cuisine, c’est la vie. Au-delà de la technique et de la rigueur, il faut de l’émotion, de la sensibilité, de la joie, de l’insouciance, de la générosité. C’est ce qui fait qu’on est un bon cuisinier ou une bonne cuisinière… ou tout simplement une bonne personne !

On va également revoir Camille, dernière lauréate d’« Objectif Top Chef ».
C’est une sacrée bonne femme, une sacrée candidate et une sacrée gamine. Quelle insouciance et quel aplomb ! C’était mon bijou, ma petite protégée.
Et elle permet de battre, par sa présence, le record de femmes (cinq) dans l’émission…Cette place correspond à la réalité du terrain. Même si les mentalités évoluent, il n’y a pas encore de parité absolue dans notre métier. A peine 20 % de femmes sont aux fourneaux.

Les candidats sont-ils meilleurs que les autres années ?
Pas meilleurs, ils sont juste différents. Et certainement de plus en plus préparés aussi. Ils se sont nourris d’années de « Top Chef », des ficelles du concours. Les jeunes d’aujourd’hui sont de vraies éponges. C’est peut-être pour ça qu’ils sont meilleurs, car ils évitent de reproduire les mêmes erreurs. Ils ont en tête tout ce qui s’est passé avant.

 

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Quel est votre lien avec la Belgique ?
Ma mère est ardennaise. Et j’ai vécu ma toute petite enfance à Haybes, près de la frontière belge. Maman avait de la famille à Givet.

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Quels souvenirs en gardez-vous ?
Je suis allé plusieurs fois en Belgique, mais je ne me rappelle plus trop de ce coin-là. Par contre, le souvenir de mon père est bien vivant : il était chef dans un restaurant, le « Moulin Labotte ». Celui-ci était situé dans les bois et beaucoup de Belges y venaient manger, dont de nombreux chasseurs, souvent présents dans la région.

Quel est votre plat belge préféré ?
La carbonnade. J’adore les plats mijotés et il se trouve que j’ai eu l’occasion d’en refaire et d’en revisiter durant l’émission « Cauchemar en cuisine ». Régulièrement, d’ailleurs, tellement c’est bon.

Un péché mignon belge ? Une gourmandise ?
Je ne me rappelle plus du nom, mais c’est une sorte de gâteau hyper dur, à la forme d’un bonhomme, très cassant. Ce n’est pas du spéculoos, mais il a toujours la forme d’un personnage. C’était un peu épicé et très sec. Il fallait le mâcher un peu en bouche pour qu’il se ramollisse. Je m’en rappelle bien, car j’en mangeais quand j’étais gamin (il s’agit d’une forme de couque de Dinant, NDLR).

Une expression belge favorite ?
Je suis hyper mauvais quand j’imite l’accent belge. A l’époque d’« Objectif Top Chef », on me taquinait toujours en me le demandant. Mais j’étais à ce point nul qu’on se fichait de moi. Voilà la vérité : je suis un piètre imitateur.

Qu’aimeriez-vous que la France emprunte à la Belgique ?
Je ne connais pas assez la Belgique pour pouvoir comparer les deux pays. Que ce soit en termes de mentalité ou de personnes. Mais je pars du principe qu’il y a toujours de bonnes choses à prendre partout. De Belgique ou d’ailleurs, car en France, on est loin d’être parfaits ! On fait de bonnes choses, mais on ne fait pas tout parfaitement non plus. Il faudrait que je réfléchisse davantage à la question pour savoir ce que je veux emprunter.

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Qu’est-ce que vous ne comprenez pas dans cette Belgique surréaliste ?
La rivalité entre Wallons et Flamands est très compliquée. Un peu comme dans certaines régions françaises. Par exemple, ça se taquine constamment entre Bordeaux et Toulouse. Mais pas autant qu’en Belgique ! Les rivalités semblent plus fortes au Plat Pays. Chacun se montre très virulent pour défendre son territoire, sa langue, sa tradition. J’essaie déjà de comprendre ce qui anime certains Français et ce n’est pas toujours simple. Alors, ne me parlez pas des rivalités belges, je n’y comprends rien.

 

©DR

 

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