Jérémy Ferrari : «  Plutôt mourir que de jouer dans ‘Danse avec les stars’  !  »

Jérémy Ferrari : «  Plutôt mourir que de jouer dans ‘Danse avec les stars’  !  »

"Un mec qui n’a pas d’humour, vous ne pourrez jamais lui apprendre à être drôle" dixit Jérémy Ferrari. | © IPM

I like Belgium

Il lance la sixième édition de son festival belge, le Smile and Song Festival, du 10 au 29 mars à Bruxelles. Un spectacle mélangeant légendes de l’humour comme Jamel Debbouze, jeunes stars du rire et chanson (Kendji Girac).

Par Pierre-Yves Paque

Paris Match. Quel est votre lien avec la Belgique ?
Jérémy Ferrari. Ma grand-mère était Belge, mon grand-père travaillait au journal Le Soir et j’habitais du côté de Charleville-Mézières, à la frontière. Mais chez nous, il n’y avait rien et on venait faire la fête en Belgique. J’y ai passé une partie de mon adolescence, on y buvait de la Chimay (sourire). Je considère donc la Belgique comme mon second pays. J’ai un lien très fort avec cette terre, j’avais envie d’y faire quelque chose. C’est pourquoi j’y ai créé un festival.

Vous pensez sérieusement à y déménager ?
J’y ai pensé quand j’ai acheté ma maison… que j’ai finalement découverte près de Paris. J’étais vraiment près de venir habiter à Bruxelles, mais des questions pratiques m’en ont empêché. Car mes sociétés sont à Paris. Ça allait être compliqué.

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Au Smile and Song Festival, votre création belge, vous lancez aussi un concours pour jeunes talents. Car l’humour s’apprend ?
Non, un mec qui n’a pas d’humour, vous ne pourrez jamais lui apprendre à être drôle. On propose juste aux humoristes belges qui démarrent de monter sur scène et on leur donne notre avis. Je ne suis pas contre les écoles. L’humour reste un théâtre et cet aspect-là s’apprend. On peut délivrer des conseils en écriture et faire gagner du temps à des talents. Mais ces derniers ne seront jamais drôles s’ils n’ont pas les bases en eux.

Vous verra-t-on un jour dans « Danse avec les stars »?
Plutôt mourir ! (Sourire) Ils me l’ont proposé deux fois. Tout comme « Splash »… Pour eux, c’était donc potentiellement envisageable que je dise oui à l’idée de me mettre en maillot de bain et de sauter d’un plongeoir pour faire le spectacle. Trop drôle… « Dals », c’est plutôt marrant, mais je ne sais pas danser. En réalité, je ne sais pas me mettre en scène devant les gens. Ce n’est plus mon métier, c’est du Club Med !

Et qu’en est-il de votre carrière au cinéma ?
Elle se poursuit pour l’instant devant les tribunaux… avec mon premier film, Les Têtes de l’emploi. J’espère que justice sera faite sur le scénario que j’avais écrit et qui a été dénaturé. C’est ce qui m’a fait perdre du temps au cinéma. J’ai refusé pas mal de rôles car je ne trouvais pas le personnage très original. Mais là, je viens d’accepter un job pour Saïd Belktibia, réalisateur du court métrage Ghetto Tube, très attendu par le monde du septième art. Il aimerait que ce soit moi qui porte ce projet. Ça va se tourner en Afrique, et il m’a même proposé de réécrire et d’adapter mon rôle et le scénario à ma sauce.

« J’ai découvert la Belgique par la Chimay » © Paris Match Belgique

Quelle est votre expression belge favorite ?
« À l’aise alors ! » (dit-il avec l’accent) Je ne comprends pas cette citation et je l’utilise tout le temps. Elle marche pour tout. « Tu reveux du poulet ? À l’aise alors ! », « J’ai trouvé une place de parking… À l’aise alors ! », « On se voit samedi ? À l’aise alors ! » Ça ne veut rien dire, et pourtant ça fonctionne.

Quel est votre plat préféré belge ?
Le moules-frites s’impose. C’est quand même un plat qui n’est jamais décevant.

Qu’aimeriez-vous que la France emprunte à la Belgique ?
De l’argent ! (Rires) Ou plutôt un peu plus de simplicité. J’aime bien la simplicité belge. Elle va avec l’humilité et l’humilité va avec l’intelligence. On manque de tout cela en France. Il faut arrêter un peu de se la raconter ! Redescendons, baissons les radiateurs… Je ne parle pas des gens ni du public mais bien des institutions, des médias, etc.

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Qu’est-ce que vous ne comprenez pas en Belgique ?
Je ne comprends rien au système de royauté, de politique et de ministres. Je ne sais pas si les Belges ont un roi qui décide de tout, un empereur, un ministre ou un bénévole élu à main levée… Est-ce qu’il y a, comme avec une galette des rois, quelqu’un d’autre qui prend le pouvoir chaque semaine et à qui on donne une couronne ? Quelle plaie, ce système politique !

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