Stéphane Rotenberg : « Avant même qu’on en mange dans toute la France, je connaissais par cœur les merveilleux »

Stéphane Rotenberg : « Avant même qu’on en mange dans toute la France, je connaissais par cœur les merveilleux »

Stéphane Rotenberg est né à Lens, dans le Pas-de-Calais, donc pas très loin de la frontière. | © Photo by Martin BUREAU / AFP

I like Belgium

Stéphane Rotenberg présente « Top Chef » depuis les débuts. La dixième saison est diffusée tous les lundis sur RTL TVI. Les trois Belges en compétition ont hélas déjà été éliminés.

 

Paris Match. Les candidats viennent-ils à « Top Chef » de mieux en mieux préparés ?
Stéphane Rotenberg. Non, c’est impossible, ils sont trop pris par leur métier. Les difficultés sont multiples : épreuves, questions des journalistes, courses contre la montre… On ne peut pas se préparer à cela.

On a quand même l’impression que leur niveau est nettement supérieur aux saisons précédentes…
De plus en plus de personnes s’inscrivent, donc on peut vraiment trouver les meilleurs parmi ce large panel. On a poussé la gastronomie encore plus loin. Aujourd’hui, 80 % des épreuves sont objectivement gastronomiques. Il vaut mieux pour eux que les candidats aient un peu de technique. Cette saison rassemble également de nombreux profils différents, même si la majorité est constituée de chefs ayant 30 ans environ et ayant déjà travaillé dans un deux étoiles. Mais 30 % des candidats de la saison se trouvent en dehors de ce cercle. Nous apprécions que des passionnés bousculent cette académie de la cuisine.

Quel conseil donneriez-vous aux personnes souhaitant s’inscrire à « Top Chef » ?
Avant tout, de ne pas hésiter à renvoyer sa candidature si aucune suite n’y a été donnée. Ensuite, se dire que si on a passé le casting, c’est qu’on a intéressé un jury très pointu. Si ça marche, ça peut changer un parcours professionnel.

 

©DR

Vous aimez la Belgique et il y avait trois Belges en compétition cette année. Quel est votre plat belge préféré ?
Je suis né à Lens, dans le Pas-de-Calais, donc pas très loin de la frontière. Quand on voulait faire un petit voyage, on allait soit à Lille, soit à Bruxelles. J’ai mes petites madeleines de Proust liées à l’enfance. Avant même qu’on en mange dans toute la France, je connaissais par cœur les « merveilleux » (ces gâteaux composés de deux meringues aérées soudées ensemble par une épaisse couche de chantilly, le tout entouré de copeaux de chocolat). Dans ma jeunesse, c’était inconnu quand on allait plus loin qu’Amiens ! Cela dit, mes parents n’avaient pas beaucoup d’argent et nous ne fréquentions donc jamais les restaurants. Mais je me souviens de moi, enfant, avec mon cornet de frites. J’adorais cela! Je ne mettais que de la mayonnaise, parce que je n’aimais que cette sauce-là. Et quand je repartais à Paris, je râlais parce que la cuisson des frites n’était pas la même qu’en Belgique. Il n’y a rien à ajouter : les Belges sont les champions de la frite !

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©Paris Match Belgique

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D’autres souvenirs en Belgique ?
Je suis fan de voitures et de sport automobile. Le premier Grand Prix auquel j’ai pu assister s’est déroulé à Zolder, en 1980. Puis, j’ai suivi le Grand Prix de Belgique à Spa-Francorchamps jusqu’en 1991. C’était ma sortie annuelle. J’ai aussi mes petits repères en Belgique. Beaucoup de mes amis vivent à Waterloo. Je connais assez bien Bruxelles. Je suis capable de m’y déplacer sans GPS !

Aucun souci donc pour trouver votre expression belge préférée…
(Il rit) « Allez dis ! » Je ne vais pas affirmer que je l’utilise quotidiennement mais, à force de côtoyer des Belges, ça m’arrive de la sortir.

Que voudriez-vous que la France emprunte à la Belgique ?
Les Belges ont une capacité à sourire et à rire d’eux. Il règne une forme de noirceur et de pessimisme en France. C’est pour ça que les humoristes belges réussissent outre-Quiévrain. Les Belges ont une façon de savourer la vie que les Français n’ont pas. Mes compatriotes connaissent et chantent sans cesse l’art de vivre… mais ils râlent. Je dirais donc que les Belges sont des Français avec le sourire !

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