Artus : « Un tweet assassin peut briser une carrière  »

Artus : « Un tweet assassin peut briser une carrière  »

artus, humour

« Les artistes ont toujours peur du mauvais hashtag. » | © Frederic Dugit / Le Parisien

I like Belgium

Artus libère son humour toujours plus piquant et décalé, avec l’aide de complices aussi fêlés que Cartman et Sébastien Chartier, en multipliant les personnages les plus loufoques dans un western explosif qui repousse les limites du théâtre et de la bienséance. À voir au Théâtre royal de Mons ce 14 avril et en captation le 3 mai au Forum de Liège.

 

Par Pierre-Yves Pâque.

Paris Match. Un humour qui cartonne sur scène, une entrée remarquée aux « Grosses Têtes », un personnage dans la déjà mythique série Le Bureau des légendes, sans oublier que vous allez présenter « Le Meilleur Pâtissier - Les professionnels » : vous êtes un touche-à-tout de génie ?
Artus. Je suis arrivé dans ce métier en voulant prouver qu’on peut être bon dans plusieurs disciplines. Évidemment, il ne faut pas débarquer de Mars sans rien. Ainsi, j’ai fait des études technologiques de cuisine (il a son bac pro, NDLR) et je me suis formé en tant que comédien au célèbre cours Florent à Paris, alors que je viens de Montpellier et que j’ai vécu plusieurs années en Suisse. L’humour s’apprend autant que la comédie ou la peinture, mais comme pour tous les métiers artistiques, vous ne pouvez pas apprendre à devenir un artiste. En peinture, on vous enseigne les techniques de base, mais faire un tableau de génie, c’est autre chose ! Pour moi, le déclic s’est produit dans « On n’demande qu’à en rire » de Laurent Ruquier : j’y ai écrit et interprété 86 sketches. Le problème, c’est qu’en France, on aime bien mettre les gens dans des cases. Si vous jouez dans Camping Paradis, vous restez éternellement le gars du camping. Idem si vous êtes humoriste ou chroniqueur. Heureusement, les Belges ne sont pas comme les Français. Je comprends mieux pourquoi ils se pressent pour voir mon show ! (Rires)

Son titre en dit déjà beaucoup sur votre dose d’humour : Duels à DavidéJonatown. Un western vraiment à l’Ouest ! Et vous y flinguez dans tous les sens…
À la base, le spectacle a été écrit avec le régisseur du show. Le casting avait été réglé avant même de jouer la pièce. Chaque comédien l’a adaptée à sa propre sauce. Le but était de créer un truc débile dans lequel tout le monde s’amuse. Chacun a donc pris des personnages dans lequel il est à l’aise. On modifie tout d’une date à l’autre. On continue à se piéger, le but est vraiment de se marrer. Nous sommes devenus une vraie famille.

artus, humour
Artus se produira au Théâtre royal de Mons ce 14 avril. © DR

Vous n’hésitez d’ailleurs pas à casser les codes, avec notamment un personnage apparenté au Klu Klux Klan. Pas dangereux ?
On ne peut pas moins rire des choses qu’avant. C’est juste qu’aujourd’hui, on fait des procès pour tout et pour rien. Si, demain, quelqu’un a envie de tweeter que je suis pédophile, il peut le faire. Tout le monde va me juger et me sauter sur la gueule avant même que j’aie le temps de dire que c’est faux. De nos jours, on casse des carrières avant même de pouvoir s’expliquer. C’est donc un peu le danger, on a toujours peur du mauvais hashtag.

Vous parliez des Belges, vous avez un lien particulier avec eux ?
Oui, avec Nawel Madani (il a notamment joué avec l’humoriste belge dans sa websérie Couscous c’est nous !, NDLR). Pour le reste, tous les artistes vous le diront : la Belgique, c’est plein d’amour pour les artistes.

Qu’aimeriez-vous que la France lui emprunte ?
On lui a déjà piqué Brel et Stromae, ça suffit, hein ! (Rires) Disons la simplicité. Les Belges ont les mêmes soucis que les Français, mais cela ne les empêche pas de continuer à aller vers les autres, pas comme certains outre-Quiévrain.

artus, humour
Artus préfère la météo du Sud. © Paris Match Belgique

A contrario, y a-t-il des particularités belges que vous ne comprenez pas ?
La météo ! Je suis du Sud et je ne veux pas du temps belge ! Je pourrais citer aussi l’accent, mais il me fait rire. Et puis, il y a aussi les Canadiens…

Puisque vous avez des aptitudes culinaires, un plat préféré en Belgique ?
Je ne suis pas très chocolat et j’en suis resté à la bière et aux frites. Ceci dit, une précision : entre l’humour et la cuisine, j’ai choisi. La cuisine est un métier ultra-contraignant. Il faut être vraiment passionné, c’est un truc de fou. En plus, vous avez toujours les doigts qui sentent mauvais !

CIM Internet