Eric Antoine : « Les jurés d’Incroyable Talent pètent les plombs »

Eric Antoine : « Les jurés d’Incroyable Talent pètent les plombs »

Eric Antoine aime la Belgique et Jacques Brel. "Il incarne toute mon adolescence. Il y a chez lui quelque chose de très magique, de très inspirant." | © IPM

I like Belgium

Juré à « Incroyable talent » (diffusé le dimanche soir sur Plug RTL), ce géant farfelu de 2,07 mètres est aussi chroniqueur chez Drucker.

Par Aurélie Parisi

Paris Match. Qu’est-ce qui vous plaît toujours autant dans « Incroyable Talent » ?
Eric Antoine. C’est le seul programme où les gens comme les modes de pensées sont aussi différents. On reçoit les arts de la rue, des artistes du théâtre ou de la danse. Voilà pourquoi je reste attaché à cette émission. Je vois aussi à quel point elle peut être un tremplin pour les artistes.

Cela doit être difficile de départager les candidats puisque de nombreuses disciplines sont mises en avant…
Ce mélange, ce côté brouillon, un peu cour des miracles, fait notre sel. C’est-à-dire qu’on passe d’un mec tout à fait catastrophique, convaincu d’être une star, à un vrai génie mais qui ne le sait pas ! Ce programme me ressemble parce que, comme moi, il mélange beaucoup d’éléments : la poésie, l’humour, la magie, le visuel et j’en passe. Par contre, à la fin, c’est difficile de comparer. Tout se joue sur l’émotion que génère ou non la prestation.

Avant tout, vous êtes un magicien humoristique. Comment êtes-vous venu à la magie ?
Par « Bagdad Café », ce film de 1988 où une femme est abandonnée en plein désert sur la route 66 dans le Nevada avec une mallette de magie. Elle apprend deux-trois tours pourris dans sa chambre, commence à les faire dans cette station-service paumée et redonne peu à peu vie à un lieu où tout le monde est en dépression. Moi, j’étais adolescent et je passais beaucoup de temps au lit. Je grandissais trop vite et cela me causait des problèmes de dos et de décalcification osseuse. L’activité physique est sortie de ma vie et la lecture l’a remplacée. J’ai commencé la magie à 13 ans et j’en ai fait mon métier !

Un petit mot sur les jurés d’« Incroyable talent » ?
Cette saison est très forte avec Marianne James et Sugar Sammy. Celui-ci a un humour sur le fil, très stand-up américain, donc très efficace. Il y a parfois des tensions parce que les tournages sont longs. Quand nous sommes fatigués, des choses sortent et c’est à ce moment-là que l’on voit quels sont les caractères. Il arrive que certains pètent les plombs.

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Toute l’équipe de Incroyable Talent: David Ginola, Eric Antoine, Marianne James, Helene Segara et Sugar Sammy. ©DR

Depuis peu, vous avez votre statue au Musée Grévin à Paris…
C’est un honneur. Il y a quelques années, je présentais les inaugurations de statue d’autres personnalités !

Quel est votre lien avec la Belgique et quel souvenir en avez-vous ?
C’est un lien d’amitié parce que j’y ai de vrais amis. Sans compter que les Belges ont un truc que les Français ont assez peu : le sens de l’absurde. Un côté comique anglophone alors que les Français sont un peu trop latins. Je me sens proche de cet esprit.

Parmi vos amis belges, retrouve-t-on des humoristes ?
Vincent Taloche m’accueille depuis douze ans sur les terres belges. Je pense aussi à Alex Vizorek, Virginie Hocq ou encore Laura Laune, que j’ai rencontrée sur le tournage d’« Incroyable talent ». À ce propos, un mini-scandale avait éclaté, certains affirmant que j’avais favorisé la victoire d’un talent alors qu’il s’agissait d’un vote du public devant huissier de justice. Un vrai faux buzz. Je suis fier que l’émission ait servi à booster la carrière de Laura. C’est une artiste hyper talentueuse.

Quel est votre plat belge préféré ?
Les gaufres ! Je suis plus sucré que salé.

Votre pêché mignon belge ?
C’est un classique absolu : Jacques Brel. Il incarne toute mon adolescence. Il y a chez lui quelque chose de très magique, de très inspirant. Malgré sa disparition et le temps qui passe, sa qualité d’écriture reste forte. Il est ma passion belge.

Votre expression belge préférée ?
« Allez ! » À force, c’est même devenu à la mode en France. Cette expression a un vrai second degré.

Qu’aimeriez-vous que votre pays emprunte à la Belgique ?
Un peu d’autodérision. Les Belges ont cette force de ne pas se prendre au sérieux. Les Français sont un peu trop dans la pyramide qui se rétrécit dès que l’on y monte. Les Belges sont les uns pour les autres de façon horizontale. Nous, on l’est plutôt de façon verticale. (sic)

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