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Sebastien Cauet : « Mon père disparu revient la nuit »

« Je ne suis pas un salaud… » C'est Cauet qui l'affirme lui-même ! | © ©PHOTOPQR/LE PARISIEN

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Cauet sort sa première autobiographie, T’es habillé comme tout le monde mais tu ressembles à personne ! , co-écrite avec le journaliste Yves Quitté et parue aux Editions Robert Laffont.


Par Pierre-Yves Pâque

Paris Match. Plus que votre problème de santé (« une belle phlébite, j’ai failli en mourir »), plus que vos tocs (la saleté, le bruit… ou quand quelqu’un passe derrière vous) et vos anecdotes sur les caprices de stars, votre autobiographie rend surtout hommage à votre père parti trop tôt…
Sébastien Cauet. Sans lui, je n’aurais jamais fait ce métier. S’il y a bien quelqu’un qui m’a emmené partout, dans toutes les radios ou dans tous mes délires quand je mixais en club, à m’attendre jusqu’à 3 heures du mat, c’est lui… Il a été extraordinaire. Je suis triste qu’il n’ait pas pu voir l’apogée ni les fruits de ses sacrifices. Il apparaît encore dans mes rêves, régulièrement : je lui offre un cadeau… J’aurai toujours ce goût d’inachevé. J’aurais bien voulu lui renvoyer la balle.

Vos enfants Valmont et Ivana suivent-ils vos traces ?
Non, ils n’en ont absolument rien à f… ! (Sourire) Mais ils me voient aussi dans ce métier depuis des années. Je ne les ai jamais élevés dans le culte de leur père, « qui est connu, qui est une vedette », etc. Pour eux, j’allais juste faire une émission, et puis je revenais à la maison.

Vous évoquez l’angoisse de l’audience.
Quand je perds un auditeur, j’ai l’impression qu’on ne m’aime plus. Cela fait plus de trente ans que j’angoisse.

Le pire qui me soit arrivé, c’est d’entendre un copain me dire que j’avais été salaud.

Surtout que beaucoup pensent que radio et télé vont bientôt mourir…
Elles ne vont pas mourir, elles vont bouger. Aujourd’hui, vous ne faites plus de la radio ; vous créez un média parce que les gens ont envie de voir des images. Il y a quinze ans, vous n’auriez pas imaginé qu’on mettrait des caméras dans les studios radio. Les moins de 30 ans veulent voir que ça bouge.

La façon de faire de l’humour a également changé ?
Oui. On a l’impression qu’on ne peut plus rien dire. Ce qui est problématique pour le renouvellement de notre métier. On explique aux jeunes : « Il faut que tu sois drôle, sympa, provoc, avec des idées nouvelles, que tu sois rentre-dedans. Mais attention à ce que tu vas dire ! » Bref, le cahier des charges est compliqué. La perception de l’humour a changé, ce n’est plus toujours vu comme de l’humour. Prenons l’exemple de « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? », la comédie sur l’homophobie. Certains blacks prétendent que le film est raciste. De nos jours, on adore mettre des étiquettes alors que, parfois, une blague est juste une blague… Plus ou moins de bon goût, mais ça reste une blague !

Des artistes vont ont déjà menacé ?
Le pire qui me soit arrivé, c’est d’entendre un copain me dire que j’avais été salaud. J’étais un peu triste car je ne fais pas ça pour être salaud. Je ne suis jamais méchant, je cherche juste à amener un peu de moquerie quand il en faut. Ce qui est marrant, c’est de pouvoir se moquer de tout le monde, mais aussi de soi-même. Je ne suis pas un clown triste, plutôt l’inverse. Je vois dans les trucs pas drôles la stupidité de la vie.

 

Cauet était de passage à Bruxelles pour y présenter son dernier livre. ©Paris Match Belgique

Au-delà de votre expression « Un Suisse, c’est un Belge qui a reussi », quel est votre lien avec la Belgique ?
Elle est magnifique, cette phrase ! En dehors des raisons fiscales, je pense que ce n’est pas pour rien que Depardieu a passé un bon petit moment en Belgique. Et qu’il s’y est bien amusé. Dans ce pays, en plus de la bienveillance, je trouve toujours un rapport à la vraie vie et à ce que je suis.

En dehors de Lio dont vous parlez dans votre livre, une personnalité belge vous a-t-elle marqué ?
J’adore Benoît Poelvoorde. On s’est retrouvés dans le même hôtel, je jouais mon premier spectacle à Uccle. Il m’a dit : « Ah ! Tu vas chez les culs serrés ! Tu vas voir, ils ne sont pas rigolos. » Il m’avait angoissé… Mais tout s’est bien passé.

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Un plat préféré ?
Les croquettes de crevettes. Je n’ai pas forcément droit à la friture et à la crème qu’on y trouve, mais j’en mangerais bien tous les jours.

Une expression belge fa-vorite ?
J’adore le « oufti » de Liège ! Ca m’amuse énormément… comme les lacquemants. Cette espèce de truc ultra collant qu’on mange en pensant qu’on avale un pot de sirop d’érable… Franchement, ça marque !

Du coup, qu’aimeriez-vous que la France emprunte à la Belgique ?
En France, on a toujours ce sale défaut d’être un peu péteux… On veut à tout prix couper la France en deux, une populaire et une autre qui lit des livres, réfléchit et n’écoute pas la même musique que tous les autres. Et ça, c’est insupportable. La France des péteux n’est pas celle qui me plaît. On devrait prendre un peu plus de ce côté sincère et populaire dans le bon sens du terme. « Populaire » n’est pas une insulte.

Y a-t-il quelque chose que vous ne compreniez pas en Belgique ?
J’ai beau réfléchir… Rien de rien, à part le climat !

 

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