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Shy’m : « Avec ce nouvel album, je me suis déshabillée »

"Je ne suis pas juste une artiste, mais une femme, une humaine. Je garderai toujours le nom de Shy’m car je veux pousser ce personnage à l’extrême." | © ©PHOTOPQR/VOIX DU NORD

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Jurée de « Danse avec les stars », Shy’m revient avec un septième album, Agapé (un terme grec qui veut dire amour) et fait ses débuts de comédienne dans la série policière Profilage. Elle se produira en concert le 20 juin au Cirque royal de Bruxelles.

Par Pierre-Yves Pâque

Paris Match. Vous êtes la fille de toutes les surprises : après « Danse avec les stars », vous voilà comédienne dans la série Profilage.
Shy’m. Ce sont des opportunités de dingue avec, à chaque fois, un risque d’être médiocre. J’aurais pu en prendre plein la tronche avec « Dals » et cela aurait été douloureux pour ma carrière. Mais ça n’a pas été le cas. Pour Profilage, j’attends aussi impatiemment les critiques. On est en plein tournage et j’y joue le rôle d’une psycho criminologue. C’est assez loin de ce que le public sait de moi. J’ai été impressionnée par la masse de textes, le jargon inhabituel, voire très spécifique. On apprend le passé du personnage et je me suis beaucoup raccrochée à ma vie dans les contradictions d’Elisa.

Votre nouvel album vous dévoile aussi comme jamais…
Pour tout vous dire, je me suis déshabillée. J’ai toujours eu beaucoup de pudeur en tant que chanteuse. Ici, j’ai pris en pleine face le couplet de Youssoupha sur la chanson « Absolem ». Même si c’est dur, il a cerné parfaitement mes douleurs et mes failles. Cet album est thérapeutique.

Appréhendiez-vous les réactions avec cette mise à nu ?
Ce côté « confessions » a généré beaucoup de stress. Surtout quand il a fallu présenter l’album à ma famille. Quand j’ai fait écouter « Absolem » ou « Du mal » à ma mère, je n’ai pas pu la regarder en face. Je ne voulais pas qu’elle l’écoute toute seule chez elle. J’avais besoin de la rassurer, de lui expliquer que je suis malgré tout heureuse, même si les textes sont durs. C’était important de lui montrer mes faiblesses, de lui demander de m’aimer également pour ça.

Sur le titre « La Go », vous revenez sur votre chute à Bercy. Comment avez-vous vécu ce moment ?
Ce saut raté a fait rire juste après les attentats. Finalement, je me suis dit que c’était un mal pour un bien… Qui n’a pas raté quelque chose en prenant des risques ? Il n’y a pas de honte.

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Shy’m est un personnage plein d’autodérision, mais aussi exubérant et extravagant.
J’aime bien bousculer. J’adore faire des choses et qu’elles soient remarquées, porter des habits que tout le monde ne pourrait pas assumer, être précurseur. Quand j’ai commencé, il y avait peu de chanteuses également danseuses et sexy. Aujourd’hui, certaines sont plus audacieuses, elles offrent un relief différent aux femmes. Il faut que l’on parvienne à trouver cela normal. C’est de l’art, de l’amusement. C’est également une manière de dire : « Je suis une femme et je peux faire ce que je veux. » Cela ne fait pas de moi quelqu’un de facile, de léger ou d’inintéressant pour autant ! Cela fait treize ans que je monte sur scène et que je montre cette femme assumée. Sans ce masque et cette carapace, il y a quelqu’un de fragile, qui souffre de démons, qui n’a pas réalisé tout ce qu’elle voulait et qui n’est pas forcément heureuse.

Tamara Marthe, votre vrai nom, aurait-elle pris le dessus sur Shy’m ?
Je ne suis pas juste une artiste, mais une femme, une humaine. Je garderai toujours le nom de Shy’m car je veux pousser ce personnage à l’extrême. Mais au générique de « Profilage », il sera écrit Tamara.

Qui êtes-vous réellement ?
Ce monde est tellement fou, désarçonnant et grisant que l’on peut comprendre les gens qui vivent dans les excès malgré eux. Moi, j’ai eu beaucoup de chance, car ce milieu ne vous fait pas grandir normalement. La timidité m’a protégée de beaucoup de rencontres, des hommes parfois, du milieu, des « afters ».

Shy’m pass souvent par la Belgique. Elle y a de nombreuses connaissances. © Paris Match Belgique

Vous avez un lien très particulier avec la Belgique…
Oui, Patrick, mon garde du corps, est belge. C’est ici que je suis venue, avec mon repère à vie qu’est K. Maro (le producteur Cyril Kamar, connu pour son tube « Femme like you », NDLR). Mes toutes premières frayeurs et angoisses sont nées en Belgique avec « Femme de couleur ». Je me souviens d’avoir joué devant 30 000 personnes en extérieur à Charleroi. J’ai aussi des potes danseurs qui habitent Gand. Je n’y viens pas juste pour la promo.

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Un plat belge préféré ?
Les frites belges ne sont pas les françaises. Il y a un truc secret dans votre huile. Sans compter les fricadelles. J’ai aimé en manger la première fois, puis, quand j’ai demandé ce qu’il y avait dedans et qu’on m’a dit qu’on l’ignorait, je n’étais plus trop sûre d’aimer encore…

Qu’est-ce que vous ne comprenez pas en Belgique ?
Le septante et le nonante. Je ne m’y ferai jamais !

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