Marianne James : « Je crois qu’il n’y a pas qu’aux hommes que je fais peur »

Marianne James : « Je crois qu’il n’y a pas qu’aux hommes que je fais peur »

« Tout le monde le sait : les Français talentueux sont des Belges ! » s'amuse Marianne James | © Photo by Alain Apaydin/ABACAPRESS.COM

I like Belgium

Marianne James sera le 20 octobre prochain au Voo Rire de Liège (Théâtre du Trocadero) avec son concert-spectacle « Tatie Jambon ».

 

Par Pierre-Yves Paque

Paris Match. Quel est votre lien à la Belgique ?
Marianne James. Cela a été un vrai choc d’avoir perdu Johnny, autant pour les Français que pour les Belges. Car tout le monde le sait : les Français talentueux sont des Belges ! C’est une blague qui court, mais c’est un peu vrai. Il y a beaucoup de Belges à Paris car, pour eux, il vaut mieux travailler en France : leur pays est trop petit pour leur talent.

Les Belges vous ont notamment découverte dans « Les Grosses Têtes ». Un bon souvenir ?
J’ai passé plus de dix ans là-bas. Je chantais des trucs qui feraient rougir un bataillon de rugbymen. Et Philippe Bouvard me demandait à chaque fois : « Mais comment ça doit être avec vos amoureux ? » Moi, personnellement, je lançais déjà ce geyser vocal sur scène, je n’attendais pas d’être dans les bras d’un homme pour pousser mon cri ! (Et elle éclate de rire)

Vous auriez pu être un phénomène au cinéma. C’est pour quand ?
J’attends les scénarios, que les portes s’ouvrent. En même temps, je n’ai pas d’agent. Je suis plus du côté théâtre musical ou juge à la télé (comme dans « Incroyable Talent »). Mais j’aimerais bien avoir une série ou une émission à mon nom. Il n’y a rien de concret en ce moment, car je crois qu’il n’y a pas qu’aux hommes que je fais peur.

Quel serait le seul regret de votre carrière ?
Ne pas avoir joué dans « Harry Potter ». Clémentine Célarié et moi étions parties aux auditions à Londres. Et pour toutes les deux, ce fut « niet » pour jouer la Française Olympe Maxime. Ils ont pris une Anglaise (Frances de la Tour), qui présente un spectacle à la française. Au moment où on nous a dit non, nous étions en 2001. Dominique Villepin est allé à l’ONU. C’était l’époque des tours jumelles qui s’écroulent, la situation entre la France et les USA était tendue au sujet de la guerre d’Irak. Comme par hasard, on s’est tous fait virer. Dommage car, pour ce rôle, il fallait une dame autoritaire aux cheveux frisés, grande, comme moi !

Vos souvenirs belges ?
Serge, alias Maman. Le cabaret « Chez Maman » de Bruxelles, des nuits à écouter des travestis chanter et à se rouler délicieusement dans les chansons des années 50 italiennes. Boire des coups avec des copains homos et refaire le monde tard dans la nuit.

Lire aussi >La France a un incroyable talent : le bel hommage à Maurane qui a bouleversé Marianne James

L’ariste est attirée par le cinéma et le théâtre… ©Paris Match Belgique

Vous avez donc surement un plat belge préféré ?
Les chicons au gratin. Et les bonnes bières qu’on n’a pas forcément en France. Pas la Duvel, car je ne la tiens pas. Je ne peux pas boire d’alcool, je tombe, je n’arrive plus à porter ma carcasse… Je suis une viande saoule et ça me donne envie de dormir. Bref, j’alterne entre m’endormir, être paranoïaque ou complètement hystéro. Dans les trois cas, ce n’est pas un état que j’aime.

Une expression belge favorite ?
Quand on demande son chemin en Belgique, on vous répond avec l’accent : « Ah, je ne saurais vous dire ! » On ne dit pas du tout cela en France. J’adore.

Qu’aimeriez-vous que la France emprunte à la Belgique ?
Il y a trois ou quatre ans, j’ai failli acheter un appartement à Bruxelles. Cette ville est très belle. Paris est sa banlieue. Je voulais y venir pour sa qualité de vie et oublier le manque d’ouverture d’esprit des Parisiens. Les Français sont trop franchouillards. En définitive, je n’ai pas acheté en Belgique parce que je voulais le soleil du Sud.

Et qu’est-ce que vous ne comprenez pas au Plat Pays ?
Que la société politique s’y agite sans cesse à ce point-là. Comment un tel pays peut-il tenir ? La paix, une bonne fois pour toutes, entre Wallons et Flamands est-elle possible ? Comment créer un grand et beau pays, et non deux comme aujourd’hui ? Je trouve les Flamands un peu durs avec les francophones. Ils se la pètent un peu, alors que ce n’est pas le cas des Hollandais. Et je dis ça alors que Bruges est pour moi l’une des plus belles villes au monde !

 

©DR
CIM Internet