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Bebe Rexha : « Vive les corps imparfaits »

Bebe Rexha à la CFDA fashion awards au Brooklyn Museum de New York City. | © Photo by ANGELA WEISS / AFP

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Jugée trop grosse par les designers, la chanteuse Bebe Rexha règle ses comptes dans son album Expectations, qui vient de sortir.


Par Pierre-Yves Paque

Paris Match. En réunissant tous vos hits, vous totalisez plus d’un milliard de vues sur YouTube. Voilà enfin votre album. Pourquoi une telle attente ?
Bebe Rexha. J’étais un peu bloquée dans cette industrie musicale qui veut tout faire à sa sauce, alors que j’avais besoin de m’exprimer comme je le désirais.

En aviez-vous marre d’être considérée uniquement comme la voix qui collabore avec les plus grands ?
Non, je m’en fiche, car il faut pouvoir payer ses factures à la fin du mois. De telles collaborations (avec Rihanna, David Guetta ou encore Eminem, NDLR) ne peuvent être que bénéfiques. C’était juste le moment parfait pour exprimer mes réflexions.

Et l’une d’elles porte sur l’imperfection.
Oui, et j’en suis consciente à 100 % ! Je ne suis pas parfaite et personne ne l’est. Mais je ne suis pas effrayée de le dire ou de le chanter haut et fort. Quand j’étais ado, les stars de la pop que je suivais étaient trop « canon » : de beaux et longs cheveux blonds, des yeux bleus et des jambes très fines. Moi, j’avais les yeux bruns, les cheveux noirs et des courbes… Je rêvais d’être aussi maigre que les filles à succès. C’était dur à encaisser mais, à un moment, il faut juste être qui vous êtes et ne pas en avoir peur.

Vous le prônez même sur les réseaux sociaux, avec des tenues jugées provocantes…
C’est le dernier endroit où ça m’effraie, car je peux y faire ce que je veux. Et je ne suis plus une enfant. J’ai 29 ans, je suis une femme. J’aime mon corps. Il n’est pas parfait mais j’en suis fière. Et si j’ai envie de porter une tenue sexy, je n’hésite pas. La haine provient de gens blessés au plus profond d’eux-mêmes. Mais on ne peut pas y répondre par la haine. Il faut juste les ignorer et rester positif.

Ce qui transparaît aussi dans vos chansons explicites, comme « The Way I Are » ou « I’m a Mess ».
Écrire des chansons juste pour faire la fête n’a aucun sens. Mon deuxième album approfondit les choses. Il est d’ailleurs déjà fini et prévu pour octobre. Mon succès, je le dois à la chance, mais surtout au fait d’être réelle. J’aime ce que je fais et je n’abandonnerai jamais.

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« J’ai des cousins en Belgique » raconte Bebe Rexha. © Paris Match Belgique

Comment vivez-vous le côté obscur du show-biz ?
Le sexe, la drogue et l’alcool sévissent partout où vous allez. Tout dépend qui vous entoure. Si vous avez des amis drogués, vous serez inévitablement influencé. Moi, j’ai autour de moi un groupe de personnes intelligentes, comme ma famille et mon frère, avec qui j’habite. Je voyage toujours avec eux et ils me gardent les pieds sur terre. J’ai la chance que mes parents m’aient toujours soutenue.

Même votre père ?
C’est un dur à cuire. Il est très strict. Il me disait : « Ne parle pas aux garçons ! Ne fais rien de mal ! » Depuis mon plus jeune âge, ma mère m’a toujours dit d’être indépendante, mais surtout de travailler dur. Quand mon père est arrivé aux USA, il faisait deux boulots. Leurs valeurs sont les miennes. Ils ont tout fait pour que j’aie une meilleure vie et je suis donc leurs traces et leurs conseils. Je garde tout ça dans ma tête et je ne prête pas attention aux choses stupides. Si je me droguais, ma mère me tuerait !

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Des envies de cinéma aujourd’hui ?
Oui, mais pas de précipitation. Tant que la musique me rend heureuse et qu’elle m’inspire, je continue. Elle restera toujours mon premier amour.

Il paraît que Katy Perry vous a prédit l’avenir, un jour…
Oui, en quelque sorte. Elle a lu mon horoscope lors d’une tournée… et elle m’a dit que je ne pourrais pas avoir d’amoureux dans ce genre de business. Mais c’est mieux de rester seule quand on a trop de travail. Ce milieu attise surtout la jalousie.

Étiez-vous déjà venue en Belgique ?
Oui, il y a quelques années, lors d’une tournée ou pour voir ma famille. J’ai des cousins à Bruxelles ! D’ailleurs, m’avez-vous amené des gaufres ? Je les adore, elles sont si bonnes ici. La qualité, la texture…

Pas de bière ?
Non, je n’en suis pas très friande. Je n’en bois pas beaucoup. Mais, en revanche, je ne peux me passer d’un paquet de « french fries ». Logique vu mon physique, non ? (Elle rit)

Son nouvel album Expectations. © DR
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