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Caroline Loeb : « Bruxelles, c’est New York ! »

A 63 ans, l'interprète du myhtique "C'est la ouate" est de retour avec un spectacle au festival d'Avignon. | © ©PHOTOPQR/PRESSE OCEAN

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De retour avec l’album Comme Sagan, Caroline Loeb sera tout le mois de juillet au Festival d’Avignon avec la pièce  Bye bye tristesse .


Par Pierre-Yves Paque

Paris Match. Un nouvel album, une pièce et des idées : comment expliquez-vous votre retour à 63 ans et trente-deux ans après votre consécration ?
Caroline Loeb. Il n’a jamais été question de faire autre chose que d’être artiste. Certes, j’ai connu un petit flottement après « C’est la ouate ». J’étais perdue, mais ça n’a pas duré très longtemps. Faire un tube, c’est extraordinaire, mais aussi très violent : la notoriété vous crame et vous êtes sans cesse ramené uniquement à ça. La mise en scène m’a permis de m’en sortir car j’étais démolie. Pouvoir reprendre le « pouvoir » en décidant des lumières, des costumes, etc., m’a fait un bien fou. Le paradoxe est que je dois cette liberté à « C’est la ouate ».

Comment avez-vous résisté ?
J’ai une très bonne psychanalyste, je n’ai pas honte de le dire. Je la revendique vraiment, c’est quelqu’un qui m’a sauvée. Elle a continué à croire en ma vie d’artiste. Car personne ne pense que l’on peut sortir vivant d’un tube. Il s’agit d’une telle essoreuse et d’un tel tsunami !

Dans votre roman Has been, vous êtes la seule artiste à parler ouvertement de ce phénomène…
On y est confronté chaque jour. J’ai écrit cela il y a dix ans, j’avais besoin de remettre les pendules à l’heure. ça m’a beaucoup défoulée. Je raconte les coulisses des galas « années 1980 », les gloires déchues qui signent des autographes sur des photos qui datent d’il y a vingt-cinq ans. Or, tout le monde a pris du poids, perdu des cheveux, etc. J’ai surtout raconté comment les médias nous traitaient! Résultat : ce livre a tétanisé les gens de la télé qui hésitaient à m’inviter. Raconter la guerre ne fait pas arrêter la guerre pour autant. J’avais cette naïveté-là, je croyais que mettre les pieds dans le plat allait changer les choses. Avec le recul, je me rends compte que j’y avais été au karcher. Je n’écrirais plus comme ça aujourd’hui…

Vous n’êtes pas « has been » en effet, vous serez tout ce mois de juillet au Festival d’Avignon.
Oui, avec la pièce Bye bye tristesse, un peu comme avec les chansons de l’album Comme Sagan. Je reviens avec une forme de spectacle comme je les aime : un rapport direct avec le public, raconter des choses entre les chansons, faire le pitre et dévoiler des trucs intimes, etc. Malgré l’amour et la maladie (son grave accident de voiture), Sagan a été heureuse. On vit, on meurt, on écrit.

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Il paraît que votre fille a la même vocation que vous?
Louise est comédienne. Elle vient de passer haut la main le premier tour du Conservatoire. C’est un sacré personnage, je ne m’ennuie pas! Quand je l’ai vue monter pour la première fois sur scène, je me suis rendu compte qu’elle a un p… de tempérament! Moi, à côté, ce n’est rien. (Elle éclate de rire)

 

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Ma psychanalyste m’a sauvée après mon tube » explique l’artiste française. ©Paris Match Belgique

Quel est votre lien avec la Belgique?
J’adore Bruxelles. Curieusement, la ville me rappelle celle de mon enfance, New York ! Car il y a beaucoup de briques et une très belle architecture. Si j’avais plusieurs existences, j’en aurais une en Belgique car on y trouve une vraie qualité de vie, une douceur et j’adore le style. Avec des architectures intéressantes, rigolotes ou des boutiques marrantes.

Une expression belge vous fait marrer?
Oui, cette drôle de façon de dire: « On sait ». « Est-ce que tu sais me passer le sel ? » C’est rigolo.

Qu’aimeriez-vous que la France emprunte à la Belgique?
De la douceur… C’est mon impression de touriste, peut-être un peu fausse, mais je trouve qu’un humour très particulier règne au Plat Pays. Un rapport formidable à la culture, très ouvert. C’est plus élitiste et snob en France. J’ai l’impression qu’il y a davantage de générosité en Belgique.

Et pourtant, vous n’y comprenez pas tout…
Effectivement : je me demande toujours pourquoi Wallons et Flamands se rentrent dedans !

 

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