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Les frères Hanson : « À trois, nous avons treize enfants… »

« Le tube “Mmmbop” continue à marquer notre vie » expliquent les frères. | © Paris Match Belgique

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Mondialement connus pour leur tube « Mmmbop » qui date de 1997, les trois frères (Isaac, 38 ans, Taylor, 35 ans, et Zac, 33 ans) reviennent en force avec leur septième album, String Theory, et de nombreux concerts symphoniques dans le monde.


Par Pierre-Yves Paque

Paris Match. Pour beaucoup, vous restez le trio aux longs cheveux qui chantait « Mmmbop ». Est-ce frustrant ?
Les Hanson. C’est naturel lorsqu’on a du succès comme nous en avons eu avec l’album Middle of Nowhere (plus de 10 millions d’exemplaires vendus). Et, malheureusement, nous n’avions pas eu le temps de tourner partout où nous le désirions. Spécialement en Belgique, d’ailleurs. La bonne chose, toutefois, est que cette chanson a pu nous reconnecter avec nos fans à travers le monde. Peu importe les cultures, ou qu’ils soient belges ou non.

Que signifiait « Mmmbop » ?
Ce mot représente le temps, le fait que celui-ci passe très vite. Il signifie que lorsqu’on a un rêve impossible, il faut foncer immédiatement et y aller à fond. Le reflet de notre aventure, en somme.

Avec le recul, comment analysez-vous votre succès et la chute qui a suivi ?
Notre maison de disques de l’époque ne voulait plus investir dans les Hanson. Il faut dire qu’on a toujours été des frères très indépendants d’esprit. On n’a jamais aimé jouer le jeu de l’industrie de la musique. D’où le fait qu’on soit sur un label indépendant aujourd’hui et que « Mmmbop » existe encore. Car cette chanson, nous l’avions écrite nous-mêmes. On a toujours voulu être en dehors des genres musicaux qui nous entouraient. Le business de la musique est vraiment horrible. Il y a eu beaucoup de changements durant les vingt dernières années, on ne peut plus faire tout ce qu’on veut. Et nous, nous avons toujours voulu suivre notre propre voie.

Comment avez-vous fait, alors que vous n’aviez plus de succès, pour ne pas tomber dans les travers de la drogue et de l’alcool ?
Et pourtant, on aime l’alcool ! Surtout la bière belge (ils éclatent de rire) ! Trêve de plaisanterie : être artiste aujourd’hui, c’est avant tout exercer un métier vulnérable. Comme il faut exprimer ses émotions sur scène, cette vulnérabilité devient difficile à gérer. Certains sont même malheureux avec eux-mêmes, voire complètement seuls et isolés. Ils pensent alors qu’ils vont se sentir mieux en passant par ce genre de choses. Mais ils vont droit dans le mur, dites-le à tous les jeunes Belges ! Comme tout le monde, on a dû faire face à pas mal de problèmes dans nos vies, mais on a appris à les combattre, à surmonter nos peurs, à reconquérir notre public. On est tellement contents de repartir en tournée et de revoir nos fans. Depuis la fin des années 90, ils ont forcément un peu changé.

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Les frères à l’époque de leur tube planétaire… ©DR

Vous aussi, surtout en privé…
Oui, on a maintenant treize enfants à trois. Nos femmes sont des ex-groupies, on les a rencontrées à nos concerts.

Que signifie la Belgique pour vous ?
Ce pays est mondialement connu pour ses gaufres et pour être la véritable origine des French Fries. Et vous savez pourquoi les Belges sont bien les inventeurs des frites ? Parce qu’en Belgique, les pommes de terre sont un délice. Les meilleures.

C’est tout ce que vous y aimez ?
Bien sûr que non. On n’est pas souvent venu en Belgique mais on y apprécie énormément la culture et l’architecture, particulièrement riches.

Qu’aimeriez-vous que les Etats-Unis empruntent au Plat Pays ?
Quelle question ! On aime tellement les USA (sourire) ! Ce qui se passe réellement en ce moment aux États-Unis est tout sauf un retour en ville. Les banlieues disparaissent car les Américains ont besoin de leur espace, et tant pis s’ils doivent faire des kilomètres pour aller à leur travail. Moi, je suis toujours impressionné par ces générations qui vivent les uns sur les autres et descendent en bas de chez eux prendre un café dans la rue, le train, le métro, etc. On a tous quelque chose à apprendre de la Belgique.

Et qu’est-ce que vous n’y comprenez pas ?
Le trafic bruxellois ! Mais on adore le fait que vous ayez des vélos et trottinettes électriques. Enfin, on est toujours surpris qu’on vienne du monde entier pour voir un petit garçon faire pipi (le Manneken Pis).

 

Les trois Hanson aujourd’hui. ©
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