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Julia Vignali : « J’ai recouvert mon bras meurtri par un tatouage »

Julia Vignali

"J’ai mis mon métier en sourdine car celui d’animatrice télé prenait toute la place" explique la compagne de Kad Merad. | © Jerome Domine / ABACAPRESS.COM

I like Belgium

La Française présente « Le meilleur pâtissier » le lundi soir sur RTL-TVI.

 

Par Pierre-Yves Paque

Paris Match. Quel est votre lien particulier avec la Belgique ?
Julia Vignali. J’aime bien y venir et j’y vais d’ailleurs souvent car j’ai plusieurs amis belges. L’autre jour, je suis allée à Ostende. J’ai trouvé ça super beau et j’ai pensé : « Tiens, Ostende, c’est Arno… » J’ai donc réécouté « Dans les yeux de ma mère ». Quel génie ! Je ne savais pas que j’aimais Arno à ce point-là. C’est grâce à la Belgique.

Pourtant, il y a eu une gaffe : des drapeaux allemands en lieu et place des couleurs belges garnissaient le décor de l’émission « Le Meilleur Pâtissier » lors de la « spéciale Belgique »…
C’est un scandale. Je ne le savais pas. Je préfère penser que c’est le coup d’un Belge qui a voulu faire une bonne blague. La Belgique n’est pas le pays de l’humour par hasard. C’est à la fois absurde et drôle. Mais si c’est un Français qui a commis cette erreur, ce l’est moins. En tout cas, je vous assure que ce n’est pas moi !

Suite à l’accident dont vous avez été la victime enfant (un tatouage recouvre aujourd’hui la cicatrice), présenter cette émission depuis trois saisons est une belle revanche, non ?
Vous avez raison. Je n’avais jamais imaginé qu’en me brûlant avec du chocolat chaud je finirais ici. C’est vrai, c’était une sorte d’accident pâtissier… Quelques années plus tard, je suis « Madame Gâteau » et c’est effectivement une belle revanche sur la vie. Je vois toujours les épreuves d’une manière positive. Cela ne me gêne pas de dire que j’ai recouvert mon bras d’un joli tatouage. Je n’y avais pas pensé, mais j’aurais pu y graver un cupcake. J’ai préféré un cerisier japonais.

Cet accident a marqué votre vie, vous l’avez raconté à Paris Match.
J’avais 5 ans, c’est mon premier souvenir d’enfant : j’ai renversé ma tasse brûlante sur mon pyjama en acrylique. Celui-ci a littéralement fondu. Je me suis évanouie sous le choc de la douleur. Je suis marquée à vie, brûlée au troisième degré. Les services d’urgence ayant mal évalué les dégâts, on a un peu traîné à la maison, il était trop tard pour une greffe. Du coup, c’était parti pour des années à l’hôpital, au service des grands brûlés deux fois par semaine. Alors que mes copines avaient danse ou piano, moi j’avais hosto ! Un jour, on décide de m’opérer, sinon mon bras ne grandira plus. Il vaut mieux un bras moche avec une cicatrice qu’un petit bras qui aurait fini sa croissance trop tôt. Dans ma chambre d’hôpital, une jeune fille se fait réparer un bec-de-lièvre. Cette « appellation » me terrifie. Je me sens chanceuse avec mon bras, même s’il est mutilé, car mon autre camarade de chambre, lui, n’en a pas du tout. Il joue avec moi à « Donkey Kong » avec ses pieds. Et le pire, c’est qu’il gagne ! Bien des années plus tard, après le tatouage, je rentre chez moi, exténuée par la douleur. Je pleure car je ne parviens pas à m’habituer à ce nouveau bras. Et puis, mon fils le découvre : « C’est bien plus joli qu’avant, tu as bien fait maman. » Grâce à lui, tout s’envole, la douleur et les regrets. J’ai recouvré trente-cinq ans de ma vie, je ne les ai pas effacés.

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Julie Vignali Meilleur pâtissier rtl
En parlant de sa terrible brûlure subie enfant… « J’avais 5 ans, je suis marquée à vie, mais je vois toujours les épreuves d’une manière positive ». © Paris Match Belgique

Vous êtes comédienne de formation (on vous a vue dans « Avocats et associés » et « Seconde Chance » notamment) et la compagne de Kad Merad. Bientôt un film avec lui ?
J’ai mis mon métier en sourdine car celui d’animatrice télé prenait toute la place, mais je suis actuellement en pleine écriture d’une comédie romantique. Si, un jour, je ne suis plus animatrice ou si une proposition vient changer les données, ce sera avec grand plaisir car j’aime bien jouer. Avec ou sans mon homme. Car c’est cela, une femme moderne. Kad est tout aussi papa gâteau avec son enfant que je le suis avec le mien.

Qu’aimeriez-vous que la France emprunte à la Belgique ?
Un peu de second degré. Cela nous ferait du bien. Nous, les Français, on se prend pas mal au sérieux. Il faut avoir le courage de le dire.

Et qu’est-ce que vous ne comprenez pas au Plat Pays ?
Le nom des pâtisseries ou comment il faut les prononcer ! Et puis, il me faut sans cesse apprendre qu’il y a des choses à dire et d’autres à cacher pour ne pas vexer les gens. Par exemple, je préfère les gaufres de Liège plutôt que celles de Bruxelles. Je dois donc faire hyper attention !

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