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Thierry Lhermitte : « J’aime la magie d’avoir une communication avec un animal de 500 kg »

Thierry Lhermitte est un acteur impliqué. "Je visite un laboratoire de recherche par mois. Ils sont tous passionnants et je suis fier d’aider du mieux que je peux" | © Photo by CHARLY TRIBALLEAU / AFP.

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Il revient dans les salles avec une comédie hilarante, Joyeuse Retraite ! , aux côtés de Michèle Laroque.

 

Par Christian Marchand

Paris Match. Le Festival du film de comédie à Liège vous a offert une ovation. C’est en Belgique que vous allez prendre une « joyeuse retraite » ?
Thierry Lhermitte. Si je dois prendre du bon temps, je la choisirai car j’y ai beaucoup d’amis et de nombreux souvenirs, comme mon premier Festival de Stavelot et le café-théâtre des Sablons. C’était il y a quarante ans ! Maintenant, soyons très clair : ma retraite n’est pas pour demain. S’arrêter et ne plus rien faire est juste abominable. J’ai beaucoup d’autres activités en dehors du cinéma qui m’occupent énormément l’esprit. Car la retraite au 7e Art n’existe pas : il faut bien qu’il y ait des acteurs qui jouent des gens âgés. On ne va pas mettre en scène des jeunes avec de fausses barbes !

Quelles sont vos autres activités ?
Rien qu’en sport, je fais beaucoup d’équitation, mais je l’enseigne aussi. J’aime la voile. L’âge n’est qu’un chiffre. Il n’y a pas longtemps, j’ai joué avec Pierre Richard (85 ans). Honnêtement, j’espère être comme lui si j’arrive à son âge. C’est un exemple de joie de vivre, il a les yeux qui pétillent. Il a gardé cette envie de dire et de faire des bêtises.

A quel point le personnage de Joyeuse Retraite ! vous ressemble-t-il ?
Je suis très lâche, comme lui ! Je répète tout ce que dit ma femme.

Avec l’âge, vous êtes un fan des bilans de santé ?
Non, je n’en fais pas toutes les cinq minutes. Mais je suis un passionné de médecine. J’ai toujours été intéressé par la science. J’ai fait le Téléthon en 1995 en tant que parrain. Cela m’a permis de mieux voir le travail des chercheurs. J’ai beaucoup d’admiration pour eux. Je suis resté proche du Téléthon pendant un certain temps, une bonne dizaine d’années. Ensuite, en 2004, j’ai accepté d’être parrain de la Fondation pour la recherche médicale. Je me suis de plus en plus impliqué. Je visite un laboratoire de recherche par mois. Ils sont tous passionnants et je suis fier d’aider du mieux que je peux.

En contrepartie, vous profitez de la vie ?
Je découvre des maladies qui sont cauchemardesques, qui ne sont pas connues et qui, pourtant, touchent un grand nombre de gens. Ce serait super si on pouvait soigner tout avec du curcuma, mais ce n’est pas vrai. La maladie est compliquée. Le vivant est compliqué. Et la recherche est indispensable pour comprendre et avancer dans la connaissance. Alors, oui, il faut profiter de la vie un maximum.

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Si vous aviez une baguette magique, vous reviendriez à vos débuts, aux années d’insouciance et de galère ?
Oui, mais je précise ce n’était pas des années de galère. Nous nous amusions beaucoup. C’était des années bonheur. Magnifiques ! Nous étions passionnés par la vie, chacun avec nos caractères différents.

Quelle est votre règle aujourd’hui ?
Je ne peux pas vous dire que j’ai une passion pour le cinéma. Ce serait vous mentir. J’ai eu beaucoup de plaisir dans certains films, et moins dans d’autres. Aujourd’hui, je veux juste être surpris. Si on me propose un truc que je n’ai pas encore tenté et qui me fait marrer, je saute dessus. Mais pour l’avenir, je préfère faire du cheval. J’aime cette magie d’avoir une communication avec un animal de 500 kg. Qui est d’accord, lorsqu’on s’y prend bien, d’aller où l’on veut aller.

 

Thierry Lhermitte avec la casquette I like Belgium
©Paris Match Belgique

Selon vous, qu’est-ce que la France devrait emprunter à la Belgique ?
L’humour, la légèreté. J’ai été aux Magritte du cinéma à Bruxelles, l’équivalent des César en France. C’est juste génial ! C’est franchement un exemple. Une vraie cérémonie, sympa et drôle.

Y a-t-il quelque chose que vous ne compreniez pas en Belgique ?
Le flamand. Mais, de l’extérieur, je trouve que c’est fantastique d’utiliser plusieurs langues dans un même pays. C’est d’une telle richesse ! Manifestement, ce n’est pas vécu comme ça chez vous, mais plutôt comme un boulet, à l’image de ce qui se passe au Canada avec le français et l’anglais. Par contre, en Suisse, ça ne l’est pas. Je ne comprends pas non plus pourquoi les Belges prononcent les mots différemment. En France, lorsqu’on s’en va parce qu’on a peur, on s’enfuit. Mais ici, on s’« enfouit ».

Ne trouvez-vous pas que les Français ne sont pas assez belges ?
(Il éclate de rire) Je suis bien d’accord avec vous.!

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