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Pablo Andres : « Je ne suis pas né juste pour faire des vannes »

Pablo Andres alias l'Agent Verhaegen

« Bruxellois pur et dur, l’agent Verhaegen a aussi son petit succès au Nord » | © JC Guillaume

I like Belgium

Aux côtés de GuiHome, Kody, Guillermo Guiz, Gaëlle Garcia Diaz, Alex Vizorek, Jérôme de Warzée, Sarah Grosjean et Vincent Taloche, il est le héros du « Noël en famille de Pablo Andres », ce jeudi 26 décembre sur La Deux.

 

Par Pierre-Yves Paque

Paris Match. Pourquoi avez-vous quitté « Le Grand Cactus » ?
Pablo Andres. Il faut faire des choix. Je suis déjà assez éparpillé comme ça. La fin du « Grand Cactus » s’est faite de commun accord et naturellement, car j’ai plein de projets. L’année dernière, j’étais déjà frustré de ne pas être présent en plateau à cause de mon agenda.

Et, dans la foulée, vous avez pris le contrôle des réseaux sociaux des Diables rouges.
Je prépare plein de choses pour l’Euro 2020. Je suis excité car il faut qu’on gagne, c’est maintenant ou jamais ! Mon humour reste belgo-belge. Tant mieux, car ça nous concerne tous. Mes vidéos sont faites pour les fans des Diables, avec les codes qui nous appartiennent.

Vous dirigez une véritable entreprise familiale : votre sœur (ancienne responsable communication chez Oxfam et attachée de presse chez Ecolo) est votre attachée de production et de presse. Et votre frère assure la direction artistique de tous vos visuels, photos et vidéos.
C’est plus qu’un luxe de pouvoir vivre de sa passion. Si, de surcroît, on peut travailler avec des gens de sa famille, que demander de plus ? J’ai la chance de bien m’entendre avec les miens. Ils m’ont fait comprendre qu’on ne fait rien tout seul dans la vie.

Jusqu’au jour où Pablo Andres deviendra une marque ?
Je ne pense pas comme ça. Mais, aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux, les artistes sont comme un petit média. Le fait d’avoir une communauté permet de proposer du contenu et de collaborer avec des partenaires. Je ne veux pas devenir une marque. La créativité de Pixar et Disney me fait rêver. Je ne suis pas né juste pour faire des vannes.

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Votre fameux Golden Tich Comedy Club est une suite logique dans votre carrière ?
J’ai la chance de pouvoir inviter des vedettes belges et françaises de l’humour. C’est un peu l’exemple de ce qui se fait chez les rappeurs belges. Plutôt que de s’exporter et de partir en France, ils ont fait leur truc ici avec leur force, leurs particularités, et en assumant totalement d’être belges. Résultat, ce sont maintenant les Français qui les invitent. Pas question pour moi de vivre à Paris comme Alex Vizorek ou Guillermo Guiz : je ne suis pas fait pour ça.

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Vous êtes d’origine mexicaine. Quel est votre lien avec la Belgique ?
Mon père est belge, d’origine flamande. Mon grand-père est flamand. J’ai étudié jusqu’à 18 ans dans cette langue. Je me sens presque plus belge que mexicain, vu que j’ai pratiquement toujours vécu en Belgique. Mais j’ai en moi les racines de la culture mexicaine, cet amour des tacos et cette façon de danser qui… n’appartient qu’à moi ! (Il rit)

De quoi vous donner envie de vous exporter en Flandre ?
L’humour est avant tout très lié à la culture. Il faut avoir les références pour être drôle, sinon ça ne fonctionne pas. Déjà que c’est assez dur de faire rire en français… Culturellement parlant, je rêve davantage de la France que de la Flandre. Même si je parle très bien flamand. L’agent Verhaegen, Bruxellois pur et dur, a aussi son petit succès au Nord.

Une expression belge qui vous fait marrer ?
J’apprécie particulièrement comment les Belges s’approprient les mots français et, notamment, leur capacité à enlever des consonnes et voyelles. Comme « quelque chose » qui devient « kekchose »  !

Un péché mignon ?
Mon plus grand plaisir reste d’aller à la Côte belge et de manger un moules-frites mais, surtout, de commander des croquettes de crevettes. Je trouve ça particulièrement divin. J’aime aussi les bonnes carbonnades flamandes, les chicons au gratin et le lapin aux pruneaux. Mon grand-père me disait toujours qu’il fallait écraser les pommes de terre avec sa fourchette en métal. Elle était tellement rouillée qu’on chopait immédiatement le tétanos !

Qu’aimeriez-vous que le Mexique emprunte à la Belgique ?
J’aurais dit l’autodérision, mais les Mexicains ont un point commun avec la Belgique : ils ne se prennent pas au sérieux. Ils ont un voisin qui prend aussi beaucoup de place : les Etats-Unis. Le côté bon vivant, ils l’ont également. En revanche, les Belges sont plus fiables. Les Mexicains sont plus roublards, plus foireux. Avec eux, on est toujours payé le lendemain !

Et qu’est-ce que ne comprenez-vous pas en Belgique ?
La royauté  ? (Il rit) Plutôt cette capacité à compliquer les choses, surtout en termes de politique. A force d’en avoir fait notre marque de fabrique, on fait peut-être trop de compromis. Et si certains ne sont pas contents, tant pis !

 

©DR

 

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