Paris Match Belgique

Roch Voisine : « Nous devenons limite fatalistes face à l’inertie des politiques »

"Maurane était, et de loin, la plus magnifique voix francophone qui ait existé..." | © ©PHOTOPQR/LE PARISIEN/F DUGIT

I like Belgium

Avec deux musiciens, Roch Voisine remonte sur les scènes belges pour des concerts « unplugged ». Il se produira le 24 janvier à Mons (Théâtre royal), le 25 à Huy (Centre culturel), le 26 à Bruxelles (Cirque royal), le 28 au Théâtre de Namur et le 29 à Liège (Forum).

Par Christian Marchand

Paris Match. Vous revenez avec un nouveau spectacle « version unplugged ». Quel Roch Voisine le public belge va-t-il découvrir ?
Roch Voisine. C’est un concert acoustique. Les chansons sont interprétées dans leur plus simple expression. Nous sommes trois sur scène. Des chansons connues et moins connues, une mélodie, un texte, et c’est tout .

Vous souvenez-vous de votre première scène belge ?
Oui. C’était à Forest National… qui était ma première scène en Europe. Un baptême du feu forcément inoubliable. La plus grande salle que j’avais remplie au Canada était celle de la Place des Arts, qui faisait à peu près 3 000 personnes. Et là, tout d’un coup, j’ai découvert devant moi une marée humaine de 9 000 personnes. C’était une folie totale, portée par le succès de mes titres. Ce qui changeait beaucoup pour moi par rapport à l’Amérique, c’était la proximité des gens. Ici, c’était particulièrement vivant ! (Il rit)

Aujourd’hui, vous totalisez plus de trente ans de carrière. Qu’est-ce qui a changé pour vous ?
Ma passion est toujours la même. Si j’avais choisi ce métier pour la folie des tendres années, j’aurais déjà décroché. Quant à ma carrière de hockeyeur sur glace ? Combien de temps aurais-je survécu sur la glace… Trois, peut-être quatre années ? En tant que chanteur, je gagne des matchs depuis trente ans.

La première grande scène de Roch Voisine, c’était Forest National début des années 90. ©Paris Match Belgique

Un coup de cœur pour des Belges durant ces trois décennies ?
Pour une Belge, avant tous les autres : Maurane. Je l’adorais. Pour moi, elle était, et de loin, la plus magnifique voix francophone qui ait existé. Personne ne chantait comme elle. Elle possédait un atout unique en son genre : sa voix avait une grandeur d’âme. En plus, elle était inimitable.

Qu’est-ce qui a été le plus dur à vivre dans votre carrière ?
L’isolement des premières années. Et ce dilemme qui consiste à espérer une vie un peu normale. Après une tournée de quatre mois, vous ressentez un énorme vide. Vous rentrez chez vous et il n’y a plus rien. Vous en avez pour des semaines à vous remettre de ce que vous avez vécu. Le succès est toujours un paramètre difficile à gérer. Et à digérer.

Lire aussi >Roch Voisine : « C’est assez rare aujourd’hui, les gens qui écoutent la musique comme on le faisait à une certaine époque. Il faut vivre avec son temps ! »

Vous êtes retourné au Canada pour les fêtes de fin d’année ?
Oui, nous avons célébré Noël en famille et avec des amis. J’aime partager les fêtes. On espère toujours avoir un peu de neige pour faire du ski, mais on n’est plus jamais certain d’en avoir à Montréal…

Les problèmes de climat vous touchent ?
Ce qui se passe actuellement est assez désolant. On est vraiment mal engagé sur plusieurs points. Le pire, c’est que, comme rien ne change et que nos politiques ne bougent pas, nous devenons limite fatalistes face à cette inertie. C’en est encore plus effrayant !

L’actualité vous fait peur ?
Comment ne pas s’inquiéter ? On bousille le climat et on vit déjà une guerre mondiale sur le plan économique. Les répercussions risquent d’être catastrophiques. Sur la planète, nous avons déjà un ennemi commun : nos mauvaises habitudes d’hyperconsommation. Et je ne parle même pas du cœur et de l’âme des gens qui souffrent. Qui en prend soin ? Je ne suis pas un porte-parole. Je n’ai pas les mots pour ça. Il y a des gens qui ont davantage de talent que moi. Mais je suis conscient que notre monde ne tourne plus rond et qu’il faut changer notre façon de vivre.

Pour être plus léger, y a-t-il quelque chose que vous ne compreniez pas en Belgique ?
Oui. Je croyais que Montréal était la seule ville au monde à être toujours en travaux, mais Bruxelles l’a rattrapée !

Une expression belge préférée ?
Je n’en ai aucune qui me vienne à l’esprit… à part celle qui fait un peu cliché : « Une fois ».

Un plat belge préféré ?
Je pense aux moules-frites, mais j’en mange au Canada aussi. Alors disons le filet américain !

5 dates en Belgique sont prévues pour le chanteur canadien d’ici à la fin du mois de janvier. ©C laude Piscitelli
CIM Internet