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Hector Langevin : « Tous les hommes devraient être féministes »

Cette interview a été réalisée avant le début de la pandémie qui touche le monde. | © ©FRANCK CASTEL/MAXPPP -

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La série Demain nous appartient, dans laquelle joue le comédien, est diffusée du lundi au vendredi à 17 h 55 sur La Une.

 

Paris Match. Héros de la série diffusée sur TF1 et la RTBF où vous jouez l’élégant dandy Bart Vallorta, vous êtes souvent en Belgique, et pas seulement sur le petit écran. En octobre dernier, on vous a découvert membre du jury du septième Waterloo Historic Film Festival. Alors, qu’est-ce qui vous lie à la Belgique ?
Hector Langevin. A la base, c’est un lien professionnel. Maintenant, j’y viens une fois tous les deux mois par amitié. Mes réseaux sociaux en témoignent, je suis tout le temps là car je m’y suis fait de nombreux potes. Tout ça, c’est grâce à la série. Mon métier de DJ n’a pas la notoriété que m’apporte « Demain nous appartient », ce n’est pas comparable.

Avec le recul, comment analysez-vous le succès de cette fiction télé ?
La série a significativement changé ma vie, mais je ne laisse pas cela modifier ma personnalité pour autant. Par exemple, j’adore faire la fête et je ne veux pas arrêter. Grâce à « Demain nous appartient », c’est d’ailleurs mon anniversaire tous les jours ! C’est même une blague que je fais souvent quand on me croise en soirée. Malgré tout, j’essaie de maintenir une vie saine, faite de plaisirs simples, comme de me retrouver chez moi à me cuisiner un plat de pâtes. Rien dans ma vie n’a été bouleversé : je n’ai pas acheté d’appartement, je fais seulement un autre métier. Mes amis sont restés les mêmes. Et les gens qui n’étaient pas là pour les bonnes raisons sont partis d’eux-mêmes. Bref, c’est un travail quotidien que d’éviter que mon rôle prenne trop le pas sur ma façon d’être.

Hector Langevin serait-il devenu schizophrène ?
Un peu, même si j’arrive à me détacher de Bart. Quand le tournage est terminé, je l’oublie. Ce n’était pas le cas avant. Aujourd’hui, j’arrive vraiment à faire la part de choses entre lui et moi, également dans ma vie personnelle. Comme dans ma façon d’être avec les gens dans la rue, avec ma famille, etc. Je veux rester naturel.

Comment voyez-vous les rapports hommes-femmes ?
J’ai posté une citation sur Instagram : « Tous les hommes devraient être féministes. Si les hommes se souciaient plus des femmes, le monde serait un meilleur endroit. » C’est incroyable que nous devions, encore aujourd’hui, nous interroger sur la place des femmes et l’égalité de leurs droits. Mais il en va aussi de la place de l’homme. Dans la série, mon personnage, Bart, vit une histoire homosexuelle, ce qui a suscité une multitude de réactions. Je trouve cela incroyable. Avec les réseaux sociaux, la parole haineuse se libère, mais la solidarité aussi, et les consciences évoluent. Je pense qu’on est sur la bonne voie de la tolérance. Quand j’ai vu le film « Green Book », qui parle d’un musicien noir américain homosexuel en 1962 en tournée dans le sud des USA, j’ai longtemps pensé à l’une de ses répliques : « Je ne suis pas assez noir pour les Noirs, pas assez blanc pour les Blancs et pas assez homme pour les hommes. » Aujourd’hui, il y a encore du chemin à faire, mais on y arrivera. J’espère que mes enfants n’auront plus à se poser de questions sur la place de l’homme et de la femme.

Hugo, avec qui Bart a eu une relation, sera-t-il toujours là dans les nouveaux épisodes ?
Pour l’instant, il n’y a pas de retour prévu. Mais Bart va avoir d’autres histoires d’amour, c’est sûr. Faire revenir Hugo, cela ramènerait Bart à des problèmes qu’il avait quand il était adolescent. Les auteurs préfèrent éviter cela car ils sont dans l’optique de rendre mon personnage plus mature, pour que je puisse davantage me confronter à Alexandre Brasseur et Ingrid Chauvin.

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Le danger serait-il de s’enfermer uniquement dans votre rôle ?
S’enfermer professionnellement, ce n’est plus le cas maintenant pour les acteurs et actrices. Nous avons la chance d’avoir des plates-formes qui sont en train de révolutionner le métier. Il suffit de voir ce que produisent Amazon, Netflix, Apple ou encore Disney. Toutes ces choses-là accélèrent le mouvement. Jean Dujardin a bien réussi à passer d’« Un gars, une fille » aux longs métrages. Je ne me compare pas du tout à lui, mais je me dis que c’est faisable.

Surtout que vous avez failli ne jamais être comédien…
Oui, tout s’est joué au casting de « Demain nous appartient ». J’étais en train d’abandonner. Je pensais que tout cela n’était qu’une chimère, que je n’y arriverais pas. J’ai eu de grands moments de doute. Heureusement, je ne me suis pas laissé abattre, sinon je serais devenu technicien de spectacle. J’ai eu une chance inouïe.

 

« L’aventure homosexuelle de mon personnage a suscité une multitude de réactions » ©Paris Match Belgique

Puisque vous venez souvent en Belgique, un plat préféré ou un péché mignon bien belge ?
La bière. Elle est bien meilleure qu’en France.

Une expression belge que vous retenez plus qu’une autre ?
Pour moi, les Belges parlent mieux français que les Français. Les Belges utilisent des mots plus soutenus que nous. Quand j’entends des Français dire « ils voyent » ou « ils croivent », ça m’énerve ! (Il rit)

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