Paris Match Belgique

Fanny Leeb : « il faut vivre comme si demain n’existait pas »

« La musique est une thérapie. On peut tout faire et tout dire avec elle. Je ne pense pas être un modèle pour les gens, mais la musique permet de transmettre des messages et cela, j’en suis heureuse. » | © BELGA PHOTO HATIM KAGHAT

I like Belgium

Sa présence dans les célèbres studios ICP de Bruxelles pour le Télévie, où la candidate à « The Voice 2 » sur TF1 a notamment interprété un frissonnant « The Girl I Was », issu de son album Awakening , participe donc à la continuité de son combat.


Par Pierre-Yves Paque

Paris Match. Vous avez témoigné dans le Télévie de votre combat contre un cancer du sein très agressif. Comment allez-vous ?
Fanny Leeb. Je me remets en forme à fond ! Je fais beaucoup de sport. Au début, ça prenait du temps, car j’étais très maigre, j’avais des coups durs, j’en avais marre. J’ai mis beaucoup de temps à reprendre un peu de poids. Je commence à être bien et aussi à retrouver un bon rythme. Je me nourris bien, je me fais plaisir, la machine est repartie… Ça va donc beaucoup mieux, mais il est vrai qu’il y a toujours une période difficile quand on sort des traitements.

Est-ce toujours compliqué d’être la « fille de » dans le milieu artistique ? Faut-il prouver deux fois plus son prénom ?
Au départ, il est vrai que j’ai eu l’impression qu’il était très difficile de se faire sa place, même si j’admire mon père et sa carrière, car c’est lui qui m’a donné l’envie de faire ce métier. Mais je sens que je suis enfin en train de tracer mon chemin et de m’écarter de son nom. Je le porterai toujours car j’en suis fière mais tant Tom (le fils de Michel Leeb, qui a représenté la France à l’Eurovision, NDLR) que moi devons maintenant tracer notre route de notre côté, pour qu’on puisse s’émerveiller. Chacun sa vie, chacun sa carrière. On n’a pas fait de duo car c’est mon album et il est très personnel. Mon histoire, ma vie. Tom m’a toutefois aidée à écrire et mettre les mots dessus.

Tant votre père que votre frère se sont aussi fait un nom dans l’humour. Sachant que le rire a également été une arme pour vous face à la maladie, à quand un one-woman-show ?
Vous rigolez ou quoi (rires) ? Et puis, pourquoi pas, en fait, on ne sait jamais ce que la vie nous réserve ! J’adore les challenges. J’ai envie de faire du cinéma, j’ai un besoin énorme de refaire de la scène (elle va aussi sortir des singles en français, NDLR) et je veux faire plein de trucs un peu fous. Je croque la vie à pleines dents. Chaque jour est une découverte et il faut vivre comme si demain n’existait pas.

Comment votre père vous voit-il aujourd’hui ?
Il me dit souvent cette phrase qui me touche énormément : « Tu es mon exemple, tu es ma force. Je t’admire. » Bien sûr, l’amour est toujours là en famille mais, dans les regards, je sens qu’ils sont fiers de moi. Je suis restée en vie et me suis battue contre ce cancer. Et les challenges personnels que je me lance aujourd’hui — comme gravir l’Everest un jour — les impressionnent.

 

« Mon père me parle toujours de ce pays qu’il adore » ©Paris Match Belgique

Quel est le lien avec la Belgique ?
Mon père venait très souvent ici. Il me parlait toujours de ce pays qu’il adore! Et figurez-vous que j’ai cinq ou six peluches chez moi qui viennent toutes d’un magasin de peluches belges. J’ai donc un peu de Belgique dans mon lit… (Elle rit)

Quel genre de peluches ?
J’ai un petit lion, il s’appelle Numéro 1. Et un petit cheval qui s’appelle Smurf (en français, Schtroumpf, NDLR).

Quel est votre endroit préféré en Belgique ?
Je viens de découvrir les studios ICP. Un jour, je rêverais d’enregistrer ici… Quand je vois tous ces disques d’or, c’est dingue !

Une expression belge qui vous fait marrer ?
« Le Plat Pays qui est le mien » (dit-elle avec l’accent belge et tout sourire, NDLR) de Jacques Brel que j’adore. Je suis fan.

Selon vous, qu’est-ce que la France devrait emprunter à la Belgique ?
Ses frites ! Mais mon péché mignon, ce sont vraiment les croquettes au fromage. Ceci précisé, je trouve que les Belges sont d’une extrême gentillesse et extrêmement accueillants. En tous cas, je me sens vraiment très bien en Belgique. Je ne dis pas du tout que les Français sont méchants, mais je dois avouer que quand on arrive au Plat Pays, on s’y sent bien. Beaucoup d’artistes doivent vous le dire, j’en suis sûre, car c’est vrai.

Et qu’est-ce que vous ne comprenez pas du tout en Belgique ?
Si vous aviez posé la question à mon mec, il vous aurait dit le succès des choux de Bruxelles : il ne supporte pas ce légume. Il n’en aime pas l’odeur et trouve cela infect. Moi, j’en achète tout le temps : c’est très sain et antioxydant, donc parfait. Sinon, il y une autre chose que je ne comprends pas : comme en Suisse où j’habite, les Belges disent « septante-huit » et non pas « soixante-dix-huit ». Pourtant, le compte est bon !

 

©DR

 

 

CIM Internet