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Excellence Belge : Botaniets, le gin qui va loin

Alexandre Hauben : « On me riait au nez chaque fois que j’arrivais avec ma petite farde sous le bras et mon projet de gin sans alcool ! » | © DR

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Il a le goût de l’alcool … sans en être. Tel est le récent refrain repris par une entreprise belge en passe de conquérir Dubaï.

 

Philippe Fiévet

Voici un Alexandre bienheureux ! Lancée le jour de la Saint-Valentin 2020, il y a tout juste un an, la société d’Alexandre Hauben est déjà parvenu à s’imposer avec un seul produit, un gin savoureux distillé sans alcool dont s’arrachent déjà bien des restaurants et d’épiceries fines et qui se targue d’une production actuelle de 30 000 bouteilles contre 100 000 prévues l’année prochaine. Il faut dire qu’Alexandre a toujours baigné dans les liquides, que ce soit pour le compte de Delhaize ou de Spadel.

Mais il s’est aussi souvenu au moment opportun de son aïeul nommé Niets, un passionné de botanique à qui il a voulu rendre hommage en lui donnant le nom de sa société. « En 2018, ma femme et moi avons décidé de nous lancer dans le « Dry January », une tournée minérale qui nous a fait comprendre à quel point les alternatives sont limitées, entre les soft drink hyper sucrés, les vins sans alcool innommables et les bières du même nom dont nous ne sommes guère plus friands. »

Du coup, l’idée lui vient éplucher les livres de botanique de son arrière-arrière grand père. Il y trouve d’anciennes recettes de distillation, se prend au jeu et, au passage, se fait traiter de fou par les distillateurs qu’il rencontre en chemin. « On me rigolait au nez chaque fois que j’arrivais avec ma petite farde sous le bras et mon projet de gin sans alcool ! »

Mais Alexandre, tenace, ne lâche pas le morceau et finit par tomber sur deux distillateurs bataves qui acceptent de le suivre dans sa folie à l’aide de vieux alambiques. « Notre étude de faisabilité a réussi à combiner trois techniques de distillation différente : un processus de distillation classique, un deuxième procès pour en extraire l’alcool et une dernière étape de distillation froide. »

Trente tests et dix-huit mois plus tard, Bingo ! Alexandre obtient un breuvage transparent, parfaitement distillé, agréablement aromatique et garanti sans un atome d’alcool. « Préparer un gin demande de trois à cinq heures ; notre Botaniets demande une fabrication longue de sept jours. Sa recette remonte à 1887 et dans sa composition, on retrouve du romarin, de la cardamone et une pincée de gingembre frais pour avoir une bonne attaque au palais ! »

Et d’ajouter qu’un Gin normal, par définition sucré, libère trois cents calories contre trente pour le challenger. Très vite, la recette prend et les chefs tombent sous le charme du produit et de son concept: Yves Mattagne, Isabelle Arpin, Alexandre Dionisio et bien d’autres, car c’est pas moins de 250 restaurants qui passent très vite commande à la start-up belge. S’en suivent les distributeurs et points de vente premium qui accueillent le flacon avec enthousiasme tels les épiceries ou Delitraiteur. « Nous misons sur 1.500 restaurants quand la crise du Covid sera sous contrôle et nous préparons d’ores et déjà pour l’été une version estivale de Botaniets à base de yuzy, un citron japonais dont nous avons réussi à trouver des écorces fraîches. »

Mais Alexandre ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il sortira bientôt son deuxième breuvage sans alcool, un rhum brun du nom de Havaniets, « épicé, magnifique » tout en lorgnant sur le marché des pays-Bas et de l’Hexagone. Mais pour le moment, toute son attention est captée par Dubaï puisque le Pavillon Belge qui s’y tiendra le 1er octobre 2021 pour une période de six mois vient de sélectionner Botaniets comme produit belge « innovateur culinaire ». Inutile de préciser que le marché moyen-oriental tend déjà les bras à cette micro start-up évaluée aujourd’hui à dix millions d’euros et à ce premier gin distillé sans alcool 100% belge.

En attendant, les particuliers se ruent déjà sur le site de vente en ligne (https://botaniets.com), avec 69% de recommande. Alexandre y va d’ailleurs de sa petite morale en rappelant à point nommé que « le gin Botaniets s’inscrit dans cette mouvance du bien-boire au même titre que du bien-manger, du faire attention à soi ou faire du sport. Un breuvage 100% vertueux, en somme !

 

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