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Raphael : « J’ai habité en Belgique, c’était magique »

En parlant de la Belgique, le chanteur nous dit "J’y ai vécu, j’en ai gardé des amitiés fortes". | © DR

I like Belgium

Trois ans et demi après Anticyclone, Raphael revient avec un neuvième album studio, Haute Fidélité, composé de douze titres élégants.

 

Par Christian Marchand

Paris Match. Votre nouvel album, Haute Fidelité, parle d’amour et vous colle bien à la peau…
Raphael. Oui, c’est vrai, j’aime avoir des relations durables avec les gens (ndlr, il est depuis longtemps le compagnon de l’actrice Mélanie Thierry, étincelante dans la série « En thérapie », avec laquelle il a deux fils, Roman, né le 24 mai 2008, et Aliocha, né le 31 décembre 2013). L’album explique surtout comment laisser l’amour venir vous traverser, malgré le masque, et vous emporter. Mais il faut toujours garder un secret qui n’appartient qu’à soi.

Pas trop dur, le confinement ?
Le premier, je l’ai plutôt bien vécu. C’était tellement étonnant que tout s’arrête. Un événement très surprenant. Sidérant. La Terre a pu enfin respirer. Les gens ont pris du temps pour eux. Nous sommes tous revenus à des choses essentielles. On est sorti de la précipitation de nos vies pour se poser un peu et vivre, tout simplement. On s’est également rendu compte que certains métiers, qu’on ne voyait pas comme essentiels, le sont réellement. C’était émouvant. Et fort.

Dans la chanson « Maquillage bleu », vous chantez « Le mal de mer, on l’a partout sur terre ». Un message pour dire que la planète est à la dérive ?
Effectivement. L’époque est bizarre. Quelles que soient les sensibilités des uns et des autres, personne n’est satisfait là où on se trouve. Le tournis est général, lié à l’information, à ces réseaux sociaux qui font que tout le monde déballe tout sur tout.

Qu’est-ce qui vous rend le plus heureux actuellement ?
J’aime bien les jeunes dans la vingtaine, ils sont souvent éveillés, intelligents, beaucoup plus conscients de plein de choses que nous. Avec beaucoup moins de certitudes, aussi. Ça me rassure. Je trouve ça beau.

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Vous auriez aimé avoir 21 ans en 2021 ?
Ce n’est pas une période marrante. Mais la jeunesse reste cool. On s’adapte, on trouve toujours des raisons de se marrer. Cela dit, les jeunes paient très cher cette période.

Déjà vingt ans de carrière. Auriez-vous imaginé devenir un jour une valeur sûre de la chanson française ?
Je ne sais pas si je suis une valeur sûre, mais les gens qui m’aiment s’attendent toujours à être surpris. J’ai besoin de cela. « Caravane » a cartonné, mais je ne le referais pas. Tout succès peut créer des malentendus, des distorsions, et après, il faut du temps pour s’en détacher, pour redescendre. On paie toujours le prix des choses. Même si c’était une période très joyeuse et très bénie.

Une carrière durant laquelle vous êtes souvent venu en Belgique. Des souvenirs ?
Je pense aux concerts qui, à chaque fois, ont été inoubliables. J’ai beaucoup aimé l’Ancienne Belgique, où j’ai chanté une bonne dizaine de fois, mais aussi Forest National. A chaque fois, ce sont des souvenirs magiques. J’ai passé beaucoup de temps en Belgique. J’y ai vécu, j’en ai gardé des amitiés fortes. La nuit, à Bruxelles, quand je me promenais dans les rues, j’aimais bien parler avec les gens. L’ambiance y est magnifique. C’est chaleureux, étrange, amusant, loufoque, ouvert. Je ne sais pas si c’est encore comme ça aujourd’hui, mais je l’espère. Ce sont des nuits tellement joyeuses.

Selon vous, qu’est-ce que les Français devraient emprunter à la Belgique ?
Un amour de l’absurde qui me plaît beaucoup. Et dont je me sens très proche.

« Mon complice Christophe me manque tant »

©DR

« C’est un opus de rock électronique. Un album nocturne à haute énergie. Il est né durant l’été 2019. Enregistré à la maison avec des machines, des ordinateurs, des synthés, un piano, des guitares, des pédales d’effet bricolées… Il porte l’empreinte du confinement. J’ignore comment je pourrai le défendre. Des festivals sont prévus pour cet été, mais vont-ils être maintenus ? Au pire, ce sera début 2022. » Outre des duos avec Pomme et Clara Luciani, l’album se clôture avec un hommage à Christophe. « C’était un grand musicien. Un pionnier du son. Tout le monde l’aimait. C’était aussi un mec étonnant. Il a fait des chansons célestes. Je me suis souvent replongé dans ses derniers disques. Ils sont beaux. D’ailleurs, j’ai parfois du mal à écouter d’autres choses tellement c’est beau. Nous avons chanté quelques fois ensemble, c’était super. Nous avions beaucoup de points communs. Nous aimions nous balader. Il me manque depuis le premier jour de son départ. »

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