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Excellence belge : Färm, changeons le monde en mangeant

L’objectif : unir tous les puristes du bio face aux initiatives de la grande distribution | © DR

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Le réseau de magasins bio multiplie les initiatives : il lance Färmoscope, un indicateur de durabilité destiné à guider dans leur transition alimentaire ses 80.000 consommateurs habituels.

 

« Dans notre vision du monde, consommer, c’est voter ! » Ainsi s’exprime Jean-David Couderc, directeur retail de Färm. Fondé en 2013, ce réseau belge et bio emploie aujourd’hui 200 personnes dans ses quatorze magasins ainsi que dans les deux enseignes Brüt by Färm. « Il ne s’agit pas seulement de défendre le bio, mais d’initier un changement de société » proclame-t-il.

Après avoir ouvert le premier magasin de Färm avec son conjoint, il est aujourd’hui le directeur opérationnel de cette coopérative dont le but avoué est de permettre au plus grand nombre de consommer durable et responsable. « Progressivement, nous en somme arrivés à défendre « la » bio, laquelle englobe non seulement les produits labellisés bio par l’Europe, mais aussi tous les aspects de la durabilité, avec ses implications éthiques et son souci de pratiquer un juste prix. Contrairement à la logique de la grande distribution. »

Du coup, pour bien se démarquer du bio de façade, la société vient de créer son Färmoscope, une première dans le secteur agroalimentaire.  Il s’agit d’un score appliqué à chaque produit selon onze critères et qui est donc d’autant plus élevé que celui-ci est durable.

 

Jean-David Couderc : « Manger bio, c’est aussi une question de justice sociale. » ©DR

Un exemple ? Le quinoa belge vendu en vrac obtient un score canon de 11, la perfection étant de ce monde quand il s’agit d’un vrai produit local répondant aux normes les plus sévères établies par la coopérative. « L’enjeu sociétal derrière le Färmoscope est de permettre aux consommateurs de se réapproprier pleinement la valeur des produits, non seulement à travers la notion habituelle de prix, mais aussi, et surtout, en termes d’impacts positifs sur le monde. Le consommateur peut dès lors poser ses choix conscients et contribuer activement au monde de demain », explique Jean-David Couderc. Il a d’ailleurs l’intention de mettre bientôt en place des mois consacrés à des thèmes spécifiques pour contribuer efficacement à faire bouger les indicateurs dans le bon sens.

Ainsi, au cours de la semaine bio qui s’achève, Färm a tapé sur le clou en choisissant pour thème le juste prix car « manger bio, c’est aussi une question de justice sociale ». Et de rappeler l’importance de valoriser le travail des producteurs en leur permettant de vivre légitimement de leur production. « Nos valeurs de transparence et d’éthique s’appliquent aux producteurs : avec notre prix d’achat, ils peuvent se payer un salaire et couvrir leurs charges. C’est la raison pour laquelle nous avons franchi un pas supplémentaire en créant notre propre filière de viande, Nu! » ( « maintenant » en flamand, mais le nom évoque aussi la transparence en français). Elle réunit une vingtaine d’éleveurs en viande bovine et porcine 100% bio, tous rémunérés à un prix supérieur de 30% au prix du marché wallon bio actuel. »

 

« Nos valeurs de transparence et d’éthique s’appliquent aux producteurs : avec notre prix d’achat, ils peuvent se payer un salaire et couvrir leurs charges. » ©DR

Dans cette optique, Färm soutient depuis longtemps d’autres producteurs et transformateurs comme Graines de Curieux, Belvas, Kasana, Simone a Soif, la Brasserie de la Lesse, Brunehaut, Chouke ou encore Les Filles Cuisinent avec qui la coopérative vient récemment de s’associer pour créer des plats cuisinés. « J’avais rencontré Line Couvreur, la fondatrice des Filles, dans un de nos magasins. Ensemble, nous avons décidé de créer un atelier de traiteur bio en région bruxelloise. Aujourd’hui, cet atelier de 1.000 m² est installé au Vivier d’Oie, tout à côté de notre nouveau magasin qui a ouvert ses portes en novembre dernier. Il fournit les quatre enseignes des Filles de même que tous nos magasins. Le principe ? Aucun ingrédient transformé n’entre dans la cuisine. Même l’oignon arrive tout entier directement du champ ! »

Pour Jean-David Couderc, cette initiative s’inscrit dans la volonté de mettre en place une vraie alternative bio éthique en Belgique, en unissant tous les puristes face aux initiatives de la grande distribution. Le pari n’est pas encore gagné, mais il semble en bonne voie puisque Färm affiche une croissance de l’ordre de 40% par rapport à l’année précédente.

Tous les chiffres vont d’ailleurs dans le même sens : selon Biowallonie, en 2020, les ménages belges ont dépensé 890 millions d’euros en produits bio, soit une augmentation de 13% en un an.

 

 

 

 

 

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