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Boulevard des airs : « Quand pourrons-nous à nouveau nous embrasser ? »

Résultat du nouvel album, de beaux invités : Vianney, Patrick Bruel, Claudio Capéo, Tryo, Jérémy Frérot, Lola Dubini, LEJ, Gauvain Sers, TiBZ, Yannick Noah, Lunis… « Il a été facile de les convaincre puisque ce sont des artistes dont nous sommes proches. » | © ©PHOTOPQR/LE PARISIEN

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Le groupe revient avec le très bel opus Loin des yeux. «Durant le confinement, nous nous sommes amusés à chanter des duos avec des potes. Cet album nous permet de revisiter douze chansons, mais offre aussi douze titres inédits et intimes qui racontent des anecdotes et notre histoire, qui nous sommes. S’il n’y avait pas eu cette crise, nous n’aurions certainement jamais agi de cette façon».

Par Christian Marchand

Paris Match. Votre groupe est très solaire, la joie semble toujours présente. C’est votre façon de voir la vie ?
Boulevard des Airs (Florent Dasque). Au départ, nous sommes partis d’événements parfois tristes et nostalgiques : la vie, l’amour sous différentes formes, le temps qui passe. Avec une touche positive aussi, car on essaie toujours de contrebalancer ces sujets qui peuvent paraître angoissants. Aller de l’avant est un credo qu’on aimerait partager. Juste pour que les gens comprennent qu’il y a toujours de l’espoir. C’est peut-être pour cela que notre musique leur fait du bien.

Vous ne craignez pas que le groupe se sépare, comme beaucoup d’autres ?
Tout va bien pour l’instant. Le fait d’être des copains d’enfance nous lie inévitablement. On a grandi ensemble. On s’est suivis au collège et au lycée. On vient du même endroit. Du coup, on traverse ces années avec sérénité et calme. Nous ne sommes pas prêts à tout pour réussir.

Qu’est-ce qui vous a le plus choqué dans cette crise sanitaire ?
Etre éloigné des gens qu’on aime et voir énormément de personnes en grande difficulté. Socialement ou économiquement. C’est terrible de découvrir tous ces commerçants qui ont dû fermer et dont certains ne rouvriront jamais. Nous manquions déjà de liens sociaux et de sourires. Cette période ne nous a pas aidés. C’est même pire que tout puisqu’on ne peut plus se retrouver et nous sommes limités dans les contacts. J’espère vraiment que ce bonheur de vivre ensemble reviendra. Aujourd’hui, quand je vois des enfants qui sortent des écoles primaires et qui « checkent » avec le poing les parents de leurs copains, quand je me rends compte qu’ils ont déjà perdu l’habitude d’enlacer les gens ou de leur faire la bise, je me dis que le monde a bien changé. Quand pourrons-nous à nouveau nous embrasser sans avoir peur ?

 

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Votre troisième album, Bruxelles, a été salué par la critique. Une ville qui vous parle ?
Oui. Nous avions intitulé notre premier album Paris-Buenos Aires. Ces deux villes nous ont marqués. La capitale belge nous a toujours réservé un accueil particulier. Le malheur a fait que d’effroyables attentats ont touché Paris et Bruxelles. Et que cette chanson nous a échappé. Elle a résonné très fort malgré nous. Pourtant, Bruxelles est uniquement citée comme étant la destination d’un des protagonistes de l’histoire. Ce n’est en aucun cas un hommage à la ville. Mais avec ce qui s’est passé, cela a créé un attachement particulier avec la Belgique en général. Et c’est vrai qu’on le ressent très fort à chaque fois qu’on revient y jouer. D’ailleurs, les journalistes français nous disaient : « Mais pourquoi n’avez-vous pas appelé cet album “Paris” ? » (Rires)

Avez-vous eu le temps de visiter la Belgique ?
Bruxelles n’est pas juste un endroit où nous sommes passés. Nous y avons travaillé, on s’est souvent promenés dans le centre-ville. On a trouvé pas mal de bars sympas.

Avec quel artiste belge aimeriez-vous partager la scène ?
Stromae. Lorsque l’album Bruxelles est sorti, il avait déjà plus ou moins stoppé son aventure musicale. Mais je sais qu’il travaille à plein de projets.

 

©DR

 

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