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Excellence belge : La famille Martin, passion du patrimoine et des bières artisanales

Anthony Martin propose une belle gamme de bières artisanales : Gordon Finest Beers, Martin’s, Waterloo, Bourgogne des Flandres, Timmermans… | © DR

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D’origine anglaise mais belge depuis 2016 pour cause de Brexit, elle assure le développement de ses activités brassicoles à Itterbeek, Bruges, Waterloo et maintenant à Maredret.

 

L’histoire fait déjà presque figure de légende. En 1909, John Martin débarque à Anvers pour lancer la célèbre Guinness ainsi qu’une gamme de bières anglaises. Le Britannique est loin de se douter que cent dix ans plus tard, son petit-fils Anthony va définitivement s’installer dans le Plat Pays et poursuivre dans la même direction : celle des bières artisanales.

Il en propose aujourd’hui une belle gamme, avec des noms évocateurs que tout gosier averti n’aura aucun mal à identifier : Gordon Finest Beers, Martin’s, Waterloo, Bourgogne des Flandres, Timmermans, soit un chiffre d’affaires annuel de 50 millions d’euros et un volume de 250 000 hectolitres.

Plusieurs sites brassicoles artisanaux font également partie du groupe : la brasserie Timmermans à Itterbeek (la plus ancienne brasserie de lambic au monde), la brasserie romantique de Bourgogne des Flandres en plein cœur de Bruges, la ferme-brasserie-restaurant de Mont-St-Jean à Waterloo. Cette dernière, située sur le champ de bataille, produit également du gin et du whisky dans sa nouvelle distillerie. Les plus perspicaces auront compris que ces trois sites sont classés et font partie intégrante du patrimoine belge.

Mais il existe un autre fil conducteur sous-jacent, celui d’une foi catholique dont la famille Martin tient à témoigner et qui prend tout son sens dans l’intérêt qu’elle porte à Maredret, où s’écrit aujourd’hui une nouvelle page du groupe. Car ce lancement de deux bières aux armes de l’abbaye fait partie d’un projet de soutien aux sœurs de cet ensemble monastique situé dans l’Entre-Sambre-et-Meuse, tout à côté de celui de Maredsous.

Fondé en 1893 par Agnès de Hemptinne, il est actuellement toujours occupé par une vingtaine de moniales connues dans le monde entier pour leurs enluminures de textes sacrés, mais trop peu nombreuses pour entretenir un tel site de plus de quinze hectares. La volonté et l’urgence de sauvegarder leur patrimoine ont amené les sœurs à se rapprocher du groupe brassicole afin d’élaborer ensemble une gamme de bières. « Il s’agit d’un projet solidaire », insiste Anthony Martin, « où spiritualité et saveurs se rencontrent en toute simplicité, et chaque bouteille est une ambassadrice qui va convertir un grand nombre de pays de par le monde ».

Sur les cinq enfants que compte la famille Martin, trois travaillent dans la société : Stéphanie, Jonathan et enfin Edward, responsable de la distillerie et maître brasseur. C’est lui qui nous parlera du goût préféré des Belges en matière de bière artisanale, lesquels seraient particulièrement sensibles à une pointe d’amertume soutenue par un subtil dosage de trois ingrédients que l’on rencontre sur les terres de l’abbaye de Maredret : le laurier, la sauge et surtout l’épeautre, connu pour apporter des notes florales et de noisette. Il s’agit donc bel et bien d’une authentique bière de terroir puisant son inspiration dans le jardin médicinal, le verger et le potager des sœurs.

Les nouvelles bières de Maredret connaissent déjà un franc succès. Divines… mais à consommer avec modération.©Vincent Duterne/JAM-S

Pour son lancement, la gamme se compose de deux bières : l’Altus (6,8 % alcool) et la Triplus (8 % alcool). « Altus signifie haut, élevé, noble, profond et sublime. Cette bière mixte, mêlant fermentation haute et fermentation spontanée avec des levures sauvages, soutenue par l’épeautre et l’utilisation de clous de girofle et de baies de genévrier, est certainement la plus caractéristique de la gamme », rappelle Edward. « À la dégustation, on y retrouvera des notes de foin et des épices. Quant à la Triplus, celle-ci est plus qu’une simple triple de haute fermentation. En plus de l’épeautre, les épices de sauge, galanga, laurier, poivre de Sichuan et coriandre font voyager le palais. »

Les bières de Maredret sont d’ores et déjà en vente dans la petite boutique de l’abbaye, à la Ferme de Mont-Saint-Jean et dans son nouveau restaurant, ainsi que dans les points de vente du groupe Carrefour. Mais Anthony Martin ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il caresse déjà un nouveau projet dans le sens de la mousse : ramener les bières d’antan au port d’Anvers, là où son arrière-grand-père est arrivé un beau jour de 1909.

 

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