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Florent Pagny : « J’espère que les gens vont accepter le monde dans sa globalité »

L'artiste va fêter ses 60 ans par un passage par Forest National dans quelques semaines ! | © Photo by David Niviere/ABACAPRESS.COM

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En un temps record, Florent Pagny a amené son nouvel opus, L’Avenir, en tête du top des albums en Belgique. Une voix toujours magique et un casting cinq étoiles pour les textes : Serge Lama, Julien Clerc, Carla Bruni, Barbara Pravi et Paul Ecole. « Ce vingtième album marque aussi mes retrouvailles avec Calogero », précise-t-il.

 

Par Christian Marchand

Paris Match. Vous revenez avec un album magnifique, dont le single « L’Instinct » vous définit parfaitement. Suivre son instinct est sans danger ?
Florent Pagny. J’ai toujours agi de cette façon, toujours dit ce que je pense. Je suis sans filtre. J’ai connu des hauts et des bas dans ma carrière, comme tout artiste. Mais les bas me donnent matière à réflexion. J’apprends de mes échecs. C’est parfois plus constructif.

Vous fêterez vos 60 ans en novembre prochain. Un cap difficile ?
Non, pas vraiment. Cependant, une page va se tourner. L’avenir ? Difficile d’en parler. Je fais attention à ce que je mange et je m’entretiens physiquement. Tous les matins, je fais mes pompes. J’aime me donner à fond sur scène pour les gens qui viennent me voir. Je suis très respectueux du public. Là, je vais me concentrer sur cette tournée. Évidemment, à mon âge, on a plutôt envie d’être cool (rires) ! Mais j’ai toujours vécu comme un sportif. J’aime être au top pour donner aux gens ce qu’ils sont venus écouter.

Vous chantez « Toi et moi », une ballade intime écrite par Marie Bastide, la compagne de Calogero. Votre rencontre avec la belle Argentine Azucena a changé votre vie ?
Complètement, puisque je l’ai suivie chez elle, en Patagonie. Là, j’ai découvert son pays et sa famille. C’était le second coup de foudre ! Depuis, nous partageons notre vie avec bonheur.

Vous avez chanté Brel dans votre onzième album studio. Lui satisfaisait son besoin de liberté et d’authenticité en s’envolant pour les îles Marquises. Loin du showbiz où tout est surfait ?
C’est le bon exemple. Les chansons de ce grand monsieur m’impressionnent depuis longtemps. Je les ai toujours appréciées, ainsi que ses interprétations. Au fond de moi, j’ai été très admiratif des choix de Jacques Brel, de son parcours, de sa vie. Il ne peut que vous inspirer. J’ai eu la chance d’avoir été amené à faire ces choix. Je n’ai pas voulu passer à côté. Il faut bien en profiter. Ne pas avoir peur et foncer… C’est ce que j’ai fait en mettant le cap sur la Patagonie. Et quand mon envie de chanter remonte à la surface, je ne m’en prive pas. Je le fais dans ma voiture, à cheval ou sur mon tracteur au milieu de la pampa. J’ai cette âme voyageuse.

 

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Vous revenez à Forest National, une enceinte que vous connaissez bien.
C’est une salle magnifique. Et se trouver ainsi face aux Belges est un vrai bonheur. Aucun artiste ne vous dira le contraire. Les Belges ont le sens de la fête musicale comme celui de l’accueil chaleureux. En Belgique, on se sent bien. Je vais interpréter les nouvelles chansons de mon album, mais aussi tous les tubes emblématiques que le public adore.

L’avenir vous fait peur ?
Il est devenu moins évident de rêver. Le réchauffement climatique et la pandémie nous font prendre conscience qu’il faut changer les choses. Sinon, demain risque d’être difficile. Et pourtant, depuis de nombreuses années, on nous prévient qu’on risque de subir les conséquences dramatiques de notre mode de vie… Je pense qu’on y est.

Les jeunes sont-ils plus conscients du -problème ?
Oui. Ils ne veulent pas d’une Terre sacrifiée, ni faire les mêmes erreurs. Cela donne un espoir pour le futur. Le monde change. Nous sommes de plus en plus nombreux sur notre planète. J’espère que les gens auront un autre regard pour l’inconnu, qu’ils vont accepter le monde dans sa globalité. Il est indispensable de s’ouvrir à l’autre. La différence est une richesse, on doit l’accepter.

On vous sent toujours imprégné d’une formidable joie de vivre.
C’est la clé pour vivre sans s’ennuyer. Il faut rester soi-même. La vie peut paraître longue, mais elle ne l’est pas. Il ne faut pas se la compliquer, ne pas s’emmerder, mais au contraire aimer.

Florent Pagny fêtera ses 60 ans, le 17 novembre 2021 et le 25 mars 2022 à Forest National.

 

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