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Stéphane De Groodt : « Les Français nous estiment plus qu’avant »

Un César serait-il pour lui un rêve ? « Mon rêve était de faire du cinéma. D’être acteur. De faire ce métier sur les planches ou à l’écran. Mes César à moi sont précisément la réalisation de ces rêves." | © ©franck castel/MAXPPP

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Stéphane De Groodt revient dans les salles avec Tout nous sourit, qui a trusté les prix au Festival du film de comédie de L’Alpe d’Huez : prix spécial du jury, prix d’interprétation féminine et masculine. Le film raconte l’histoire d’une famille qui a trois merveilleux enfants et qui explose soudainement à la suite d’une situation rocambolesque.

 

Par Christian Marchand

Paris Match. Votre nouveau film évoque la séparation, la -douleur des liens familiaux et de la recherche du bonheur. Vous est-il déjà arrivé, comme votre personnage, de jouer la comédie pour déjouer les apparences ?
Stéphane De Groodt. On se retrouve tous, à un moment donné, dans un jeu de séduction pour essayer de conquérir une femme ou un homme, pour montrer le meilleur de ce qu’on peut avoir à offrir à l’autre. Ce qui n’est pas toujours ce que l’on est véritablement. Ce n’est que l’apparence. L’important, c’est ce qui se passe après, c’est-à-dire le fond des choses. En réalité, comme pour les métiers artistiques, il s’agit de rester sincère. Même si on doit se tromper.

Comment voyez-vous l’amour ?
Comme l’élément fondamental de nos vies. On a tendance à l’oublier. Du coup, il faut le réinventer. Et parfois, il faut l’attendre. L’amour est précieux et fragile à la fois. Il y a l’amour indéfectible, naturel, qu’on peut avoir pour ses enfants. Puis l’amour pour une femme ou un homme, qu’il faut essayer de prolonger le plus longtemps possible. C’est un sentiment fort.

Revenons à votre métier : quels sont les acteurs qui vous ont poussé à le choisir après la course automobile ?
Louis De Funès m’a donné l’envie de faire de la comédie. Belmondo, c’est la classe, comme Mastroianni. Des personnes au-dessus de la mêlée. Trintignant m’a également donné l’envie de prendre le volant. Mais une carrière dépend aussi de la confiance en soi. Si on se répète qu’il y a Picasso, on ne se lance jamais dans la peinture. Et si on est obsédé par Robert De Niro, on ne joue jamais un taximan. Il faut se booster en prenant des risques, sinon on ne fait rien.

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Qui sont vos vrais piliers, ceux de qui votre équilibre dépend et qui vous disent la vraie vérité ?
Mes enfants. Ils sont la base de mon existence. Ils sont mon chez moi. Puis vient l’amour des miens et des proches. Mais il est important de se nourrir de projets. Qu’ils soient familiaux, professionnels, divers et variés. Quand vous n’avez plus de projets, vous mourez. Être en mouvement est capital.

Aujourd’hui, avez-vous du temps pour vous et votre famille ?
J’essaie, parce que je suis souvent loin, en tournage. Je ne peux pas renoncer à certains projets, c’est mon gagne-pain. Mes enfants ont la chance d’avoir une maman qui s’occupe beaucoup d’eux. Et puis, je suis très heureux aussi de pouvoir composer avec la personne qui partage mon existence. Ça me porte également. Ce n’est pas toujours facile de concilier vie privée et vie professionnelle, mais pouvoir compter sur l’amour des siens vous permet de rester équilibré.

Votre cœur est en Belgique et votre métier en France. Selon vous, quel regard portent les Français sur la Belgique ?
Un regard bienveillant par rapport à il y a trente ans. Je n’entends plus beaucoup parler de blagues belges. D’ailleurs, il n’y en a plus vraiment, alors qu’avant, elles étaient généralisées. Les artistes ont peut-être amené les Français à penser différemment. Ils nous estiment plus qu’avant. Je pense qu’effectivement, nous en valons la peine (rires) !

« Passer de Spa-Francorchamps aux César serait bizarre. Et sympa en même temps ! »

Stéphane De Groodt revient dans les salles avec Tout nous sourit . Audrey et Jérôme s’échappent le temps d’un week-end, chacun avec son amant respectif, mais ils se retrouvent tous nez à nez. Un long métrage aussi drôle qu’émouvant. « C’est la vie que nous racontons », explique l’acteur belge. « Dans la salle, j’entendais les gens se marrer. Et à la fin, ils étaient debout en pleurs. Ça m’a bouleversé. Je suis heureux qu’Elsa Zylberstein et moi-même ayons gagné le prix en incarnant ce couple. »

Un César serait-il pour lui un rêve ? « Mon rêve était de faire du cinéma. D’être acteur. De faire ce métier sur les planches ou à l’écran. Mes César à moi sont précisément la réalisation de ces rêves. Passer directement de Spa-Francorchamps, où j’ai disputé de nombreuses courses automobiles, à la salle du Palais des festivals me paraîtrait un peu bizarre. Et sympa en même temps. Je me suis toujours demandé si j’étais légitime dans ce métier. Quand vous recevez un César, ça ne veut pas dire que vous êtes le meilleur acteur du monde, mais que, sur ce film-là, vous avez plu à certaines personnes au bon moment. »

 

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