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Excellence belge : Maison Hanin, fenêtre sur cour

Mathilde et Denis Rutot à l’expo de Dubaï : « Nous poussons le sens du détail jusqu’à récupérer les anciennes quincailleries, souvent en laiton et travaillées par des artisans d’un autre siècle. » | © DR

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Spécialisée dans la restauration de portes et de châssis anciens, la société de Marche-en-Famenne exporte son savoir-faire sous toutes les latitudes, comme en témoigne sa participation actuelle à l’Exposition universelle de Dubaï.


Pour l’entreprise, tout a commencé en 1905 avec la fabrication d’argenture pour miroirs, une activité de niche qui employait tout de même près de trois cent travailleurs spécialisés dans le traitement de l’argent et de l’étain. Quand la filière s’est essoufflée, la maison Hanin s’est dirigée vers la distribution de produits verriers à usage professionnel, avant de se lancer dans la fabrication de châssis en PVC et en aluminium au début des années 1970.

Mais la troisième génération s’empêtra dans des problèmes de succession, à tel point que Denis et Mathilde Rutot, la trentaine à peine accomplie, en profitèrent pour reprendre le flambeau en 1992, tout en prenant soin de conserver le nom des fondateurs. « On s’est jeté à l’eau, moi avec ma formation de marketing et mon mari avec celle d’économiste », explique Mathilde. Objectif : donner une nouvelle impulsion à cette société menacée par la concurrence des pays de l’Est et de la Turquie.

C’est ainsi que le couple s’est orienté vers la copie de châssis anciens adaptés aux critères d’isolation modernes, à la rénovation du patrimoine et à la menuiserie bancaire, c’est-à-dire des châssis anti-effraction capables de résister à l’impact des balles. Cette dernière spécialisation a été coupée net dans son élan avec la faillite de Lehman Brothers en 2009, qui a précipité la planète dans la pire crise économique depuis les années 1930.

« Nous nous sommes alors exclusivement consacrés à la restauration du patrimoine et à la confection de châssis anciens dans le respect du cachet d’origine et du style architectural initial, en commençant par une rénovation des portes et fenêtres du château Sainte-Anne à Bruxelles », intervient Denis Rutot. « Il s’agit de répliques fidèles réalisées dans un matériau moins exposé aux outrages du temps. Mais ne vous y trompez pas : on ne voit absolument pas la différence avec le bois d’origine. L’illusion est parfaite alors qu’il s’agit d’acier, d’aluminium ou, le plus souvent, de PVC structuré. Nous poussons d’ailleurs le sens du détail jusqu’à récupérer les anciennes quincailleries, souvent en laiton et travaillées par des artisans d’un autre siècle. »

Très vite, la réputation de l’entreprise dépasse les frontières. Sa force réside dans sa capacité à s’adapter à toutes les situations, de l’ancien pur jus hérité du Siècle des Lumières à l’ultracontemporain, grâce à un bureau d’études performant qui ne délègue pas son imagination au seul outil informatique. « La course à l’automatisation dans laquelle se sont lancées tant d’entreprises les prive parfois d’une souplesse qui peut faire toute la différence », explique Denis Rutot, intarissable quand il explique les nombreux défis auxquels il a été confronté, de la baie vitrée coulissante de six mètres de long à la dalle circulaire de trois mètres devant s’ouvrir en demi-lune pour donner accès à une cave à vins.

Poussé dans le dos par la conjoncture, le couple profite alors des missions économiques de l’AWEX pour exporter son savoir-faire, en commençant par le Moyen-Orient et plus particulièrement le Qatar, où les copies de palais français et anglais ont la cote, la vieille Europe faisant toujours recette. Actuellement, la société Hanin y travaille sur un chantier important en collaboration avec un grand bureau d’architecte parisien. Nous n’en dirons pas plus, car c’est justement cette discrétion qui fait que les entreprises belges sont très appréciées. Par contre, pas de mystère à propos de cette somptueuse villa de Beverly Hills dont la société Hanin vient de remplacer les châssis vermoulus, datant des années 1930, par des copies à l’identique.

Si Mathilde et Denis Rutot sont aujourd’hui présents à l’Exposition universelle de Dubaï, les projets se bousculent dans leur agenda depuis qu’ils ont ouvert une filiale au Grand-Duché de Luxembourg. « Nous allons renforcer notre visibilité en France, où les châteaux et les belles demeures abondent. Le pays est très attentif à la préservation de son patrimoine. Et puis, nous allons nous associer à d’autres entreprises pour créer de nouvelles synergies. Nous croyons à notre devise nationale, qui ne peut que nous convaincre de mettre nos forces en commun ! Enfin, nous continuerons à assurer la formation de nos jeunes afin de transmettre notre savoir. »

Et d’insister aussi sur le fait que cette belle aventure qui a commencé en 1992 est aussi celle d’un couple fier de ses trois enfants, Gérald, Elisabeth et Gauthier. « Ils nous ont aidés pour notre stand de Dubaï et, en tant que maman, je peux vous dire qu’ils ont été extraordinaires ! »

 

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