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Samuel Benchetrit : « Ma femme Vanessa Paradis est formidable »

Complice à la ville et aussi sur le tournage du dernier film du réalisateur... | © Photo by Jerome Domine/ABACAPRESS.COM

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Dans Cette musique ne joue pour personne, Samuel Benchetrit réunit une belle brochette d’acteurs : François Damiens, Bouli Lanners, Vanessa Paradis, JoeyStarr, Ramzy Bedia, Gustave Kerven… « Ce sont des gens très sérieux, même s’ils donnent l’impression d’être bordéliques », exprime le réalisateur avec cette poésie qui n’appartient qu’à lui.


Par Christian Marchand

Paris Match. Le public connaît et apprécie vos films comme « Chez Gino » ou « Asphalte ». Mais qui êtes-vous réellement ? Quelles sont vos racines ?
Samuel Benchetrit. Mon père travaillait en usine, il était aussi boxeur. J’ai moi-même fait de la boxe et du karaté. J’aime ces disciplines pour leurs valeurs. Mais en vieillissant, j’apprécie de plus en plus la tendresse et le calme. Le rapport avec mes amis est beaucoup plus doux et plus tendre qu’avant. J’aime les gens gentils. Dans la vie, le coup de poing, c’est la défaite.

C’est la raison pour laquelle vous avez intitulé votre film « Cette musique ne joue pour personne » ? Il s’agissait de trouver un sens à la violence, qui peut être désarmée par l’amour et la poésie ?
Complètement. Par amour, vous pouvez faire beaucoup de choses, comme déposer les armes et ne pas être violent. Pendant que je vous parle, je ne suis pas avec ma femme, Vanessa Paradis, mais elle est là. Elle m’accompagne partout. Ça me rend plus fort. Plus digne. L’amour est la plus belle des richesses humaines.

À l’écran, votre épouse excelle dans son rôle de Suzanne, poétique et amoureuse du théâtre.
Elle est formidable. Les gens ne la connaissent pas comme ça, mais je peux la décrire parfaitement, puisque je vis avec elle. Vanessa a beaucoup de talent et énormément d’humour dans la vie. C’est un personnage. Elle travaille sans arrêt. Là, elle est sur les planches à Paris. C’est sa première pièce (*). Pour le film, elle était étonnée que je lui propose ce rôle de femme passionnée de théâtre, mais je sais qu’elle peut tout faire.

Êtes-vous plus exigeant avec elle ? En tournage, le regard est-il plus sévère ?
Non, c’est le contraire. Dans le film, il y a Vanessa et mon fils Jules. J’ai dit à tout le monde : « Je les aime plus que vous. » Mais j’ai de la tendresse pour les gens avec qui je travaille. Sur ce film, on ne trouve que des super mecs. Ils sont d’une humanité incroyable. Vanessa aussi. Voilà, on est à égalité. Tout est calme et très doux.

 

©DR

Quel film vous a donné l’envie de faire du cinéma ? D’embrasser le métier ?
Il y en a beaucoup, mais le premier, c’est « Les Affranchis ». Avec les copains, en banlieue, on regardait des films d’horreur, d’action, du porno, puis on a commencé à s’intéresser à des films de gangsters avec des voyous, des films réalisés par de grands réalisateurs comme Scorsese, Coppola, etc. Soudain, j’y voyais le personnage majeur : le metteur en scène. D’emblée, ça m’a fasciné. Je voulais faire comme eux.

François Damiens et Bouli Lanners sont à l’affiche de votre film. La Belgique est un pays que vous appréciez ?
François Damiens est un grand acteur. Il n’a aucune méthode, c’est un comédien doué. Et c’est le troisième film que je tourne avec Bouli Lanners. Lui, c’est un génie. C’est l’un des plus grands acteurs avec qui j’aie travaillé. La Belgique est mon deuxième pays. En France, on dit que je fais du cinéma belge. Je précise que je ne tourne pas en Belgique en raison du tax shelter, je n’ai pas besoin de ça. Mais la moitié de mon équipe technique est belge. Je me sens proche de ce pays parce qu’on y trouve l’humilité qui me ressemble. J’ai une tête du Sud mais j’aime le Nord. Je suis comme ça. J’ai habité à Bruxelles durant trois ans, plus précisément à Ixelles. Je suis heureux ici. Il y a quelque chose qui me plaît, aucune prise de tête et le cinéma est un village, sans compétition. Les gens s’aident. La Belgique me touche beaucoup. Par ses gens et ses paysages. J’y ai des souvenirs forts avec José Garcia, Bouli Lanners, Arno… On a passé des soirées vraiment sympas. En Belgique, je ne me couche pas à 20 heures (rires) !

Un plat belge préféré ?
Les croquettes de la place Sainte–Catherine à Bruxelles.

(*) « Maman » avec Éric Elmosnino 
au Théâtre Edouard VII à Paris.

 

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