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Clovis Cornillac : « De nos jours, il faut presque se cacher quand vous pensez gentillesse et bonté »

«J’ai joué avec François Damiens, Olivier Gourmet, des gars très talentueux. Virginie Efira a fait son premier long métrage avec moi. En revanche, je regrette de ne jamais avoir tourné avec Cécile de France. La Belgique possède un tel paquet de talents ! » | © ©FRANCK CASTEL/MAXPPP

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À l’écran avec la comédie dramatique C’est magnifique !, Clovis Cornillac poursuit son aventure avec des Belges. « Le prochain, c’est Benoît Poelvoorde, avec qui j’avais déjà tourné Astérix et Obélix».


Par Christian Marchand

Paris Match. Comment présenter votre nouveau film, C’est magnifique ! ?
Clovis Cornillac. Je ne dirais pas qu’il est au niveau de ceux que je vais citer, mais il est dans cette mouvance. Comment pourrait-on décrire Forrest Gump,  Amélie Poulain ou  Bienvenue Mister Chance  ? Sont-ce des comédies, des contes, des fables ? Mon film appartient à cette catégorie. On y trouve un peu de fantastique. On se marre, on est touché, ce n’est pas réaliste, mais ça parle du réel. C’est assez lumineux.

Votre personnage bienveillant va à l’encontre du cynisme actuel, non ?
Notre monde est devenu dangereux. Aujourd’hui, le cynisme est roi. Par exemple, il n’y a plus de vrais discours inspirants. Dès qu’un politique a une idée et l’exprime, on se moque de lui. Idem si vous êtes habité par une audace humaine. Mon film va à l’encontre de cette période. Il parle de positivité des rapports humains. Quitte à passer pour un idiot, j’aime expliquer que je suis heureux quand les gens vont bien. De nos jours, il faut presque se cacher quand vous pensez gentillesse et bonté ! On entend dire partout que l’homme est un loup pour l’homme. C’est une manière de justifier l’injustifiable. Ce film est à l’opposé de ce type de raisonnement. Donc, il n’est pas à la mode.

 

©DR

À vos yeux, qu’est-ce qui est admirable, beau ou remarquable à notre époque ?
De croire encore en l’autre. Les gens sont fabuleux. Ceux qui ont des idées amènent des mouvements. Regardez l’architecture : il existe énormément de choses remarquables. Seulement, voilà, on ne les regarde pas. Je ne suis pas du genre optimiste en criant partout que tout va s’arranger, mais j’aime pointer que la solution est là. Les gens ne sont pas mauvais. Laissons-les montrer leur valeur !

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De nos jours, il est plus dur de faire rêver ?
Je n’ai pas cette prétention. Mais la finalité d’un film, c’est le partage. Si vous avez quelque chose à dire, vous devez emmener tout le monde sur votre territoire. Ma seule clé est la sincérité.

Vous êtes venu présenter C’est magnifique ! au Festival du film de comédie de Liège. Une ville que vous connaissez bien ?
J’y suis venu souvent pour le travail. J’y ai joué au théâtre et tourné une série. J’y ai des amis. Et puis, c’est la deuxième fois que je viens à son festival, qui est vachement bien. C’est un événement sérieux qui ne se prend pas au sérieux. Franchement, chapeau ! Qu’ils gardent cette énergie-là.

Comment voyez-vous la Belgique ?
De nombreux éléments culturels font sa richesse. Je me souviens d’un réalisateur belge avec qui je devais tourner un film. Je n’étais pas fou de son scénario, mais il a bien fait les choses pour me convaincre. Il m’a vraiment fait rire en me disant : « Tu ne peux pas dire non à un gars qui est belge et qui a fait une révolution pour élire un roi. » C’est exactement cette notion d’humour et d’esprit que j’aime. Il y a des cons partout, mais des gens sublimes aussi (rires) !

Lorsqu’on vous connaît, avec votre humour, votre simplicité et votre gentillesse, on dirait que vous avez du sang belge dans les veines.
Je me sens assez belge dans mon attitude au travail. J’ai une forme de simplicité qui rappelle la leur.

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