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« Tous les tabous ont sauté » : Pierre De Maere, la nouvelle idole

« Tous les tabous ont sauté » : Pierre De Maere, la nouvelle idole

Pierre De Maere vient de sortir sont EP "Un jour, je". | © DR

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Rencontre avec la nouvelle sensation de la pop belge.

 

Par Christian Marchand

Paris Match. Les journalistes parlent de vous comme de la nouvelle sensation de la pop belge. Ça donne le vertige, non ?
Pierre De Maere. Ça pourrait, mais je ne suis pas encore reconnu dans la rue. Combien d’artistes ont été encensés par la presse mais n’ont jamais décollé ?

Avec votre personnage un peu dandy, vous avez beaucoup de présence dans vos clips. C’est vous, ou une image de promotion ?
C’est moi à 100 %. Sauf dans la vie de tous les jours : chez moi, je me promène en caleçon et je ne ressemble à rien du tout ! Mais devant les caméras ou derrière un micro, je veux offrir au monde la plus belle version de moi-même.

Dans la chanson « Regrets », vous parlez de deux personnes qui se sont aimées très fort et qui pourtant ratent leur rendez-vous. Et dans « Un jour je marierai un ange », vous chantez « On fera l’amour dans les nuages ». Vous aimez jouer sur l’ambiguïté ?
J’aime l’idée de ne rien imposer aux gens. Quand j’ai commencé à écrire, je n’avais aucune envie de raconter de petites histoires comme certains l’ont fait dans les années 2000. Aujourd’hui, c’est révolu ! Quand Stromae est arrivé, il a proposé quelque chose de bien plus grand que l’habituelle variété française, avec ses petites rengaines vite comprises. J’aime bien savoir que mes textes sont libres d’interprétation. Mais il y a toujours des mots-clés pour créer une atmosphère.

Avec vos clips, on ne parle que d’amour…
Les belles choses m’enchantent ! J’ai la chance d’avoir une vie merveilleuse. Mes parents en ont marre que je répète ça, mais je me suis un peu ennuyé par moments, particulièrement en vivant à la campagne, à Walhain. Le village est charmant, les gens sont très gentils et je m’entends bien avec tout le monde, mais il ne se passe pas grand-chose. Ça m’a poussé à bouger. Voilà comment est venue mon envie de chanter et d’écrire. C’était une échappatoire.

« Tous les tabous ont sauté » : Pierre De Maere, la nouvelle idole
© DR

En parlant d’amour, les jeunes d’aujourd’hui ont des mentalités plus ouvertes, non ?
Ça dépend évidemment de l’éducation que vous avez reçue, et cela varie d’un milieu à l’autre. J’ai la chance d’avoir évolué dans un environnement privilégié. J’étais dans une école assez ouverte. Je ne peux pas m’exprimer au nom de la jeunesse, mais j’ai l’impression d’une plus grande tolérance. Tous les tabous ont sauté. Il n’y a plus de jugement. On a appris à ne plus marginaliser les gens différents. Aujourd’hui, la différence est même devenue une force.

La façon d’aimer a changé ?
Moi, j’y crois encore fort. J’aime bien cette idée de l’amour romantique, sur le long terme, à deux avec la personne qu’on aime. J’ai l’impression que l’amour, au lieu de s’estomper, s’intensifie et augmente avec le temps. Maintenant, il faut avouer que les outils mis à la disposition des jeunes sont nombreux et que, forcément, il y a plus de facilités de passer d’une relation à une autre. Les plans d’un soir, c’est hallucinant… On a accès à tout. C’est dingue. Mais on peut toujours trouver l’amour romantique. Il n’est pas perdu.

À ce jour, quelles difficultés avez-vous rencontrées dans votre métier ?
Ce sont plutôt des questions de productivité et d’échéances. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, on demande aux artistes de poster du contenu toutes les deux semaines, de faire un TikTok, d’ajouter une vidéo divertissante afin de ramener du monde pour vous découvrir… Les labels sont friands de tout ça et c’est un merveilleux outil. Mais moi, je dois un peu me forcer. Avant, un artiste enregistrait un album chaque année ou tous les deux ans. Ensuite, il partait en tournée promotionnelle. L’aspect fan et médiatique était présent, mais il n’y avait pas en plus à gérer tout le contenu en ligne, à être constamment présent. Parfois, je ne poste pas de story pendant 48 heures et on me demande ce qui se passe. C’est un peu lourd. Mais je ne peux pas me plaindre. Simplement, je n’ai pas envie de faire un burn-out à 20 ans.

Le grand test un vendredi 13 à Paris

Pierre De Maere vient de sortir Un jour, je . « Je définis ma musique comme spontanée, avec une envie d’accrocher l’oreille dès la première écoute. J’ai été bercé par la chanson populaire dès mes 14 ans, donc je veux faire des tubes. J’ai aussi accordé du crédit aux goûts de mes parents et de mon frère qui m’ont dit : “France Gall, c’est quand même génial ! Et Balavoine, c’est super.” C’est vrai. Ma musique est un mélange de cet esprit efficace et d’une sonorité un peu chic. On ne fait pas un tube pour un tube : l’idée, c’est qu’ils tiennent dans le temps. Stromae a réussi cette performance. Quant à l’imagerie, elle est flamboyante, les paroles oniriques. Dans mon album, je veux vendre du rêve. Je suis né pour ça. » Le vendredi 13 mai, Pierre De Maere se produira en concert à La Cigale. « Personne ne me connaît et j’arrive pour mettre les pieds dans le plat. On voit les choses en grand et si, au pire, on se casse la gueule, ce ne sera pas très grave. On enverra des invitations au Tout-Paris et il y aura du monde ! Plus sérieusement, l’idée est de ne pas s’enfermer dans de petites cases. Je serai également à Bruxelles le 5 mai à l’AB Club et le 18 novembre à la Madeleine.»

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