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Didier Bourdon : « Je tire encore la gueule mais moins qu’avant »

Le dernier film de Didfier Bourdon se déroule en Corse. « Les Corses qui ont vu le film l’ont bien apprécié. Après, j’ai appris que c’était des indépendantistes ! » | © JOEL SAGET / AFP

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Didier Bourdon et Anne Consigny brillent dans Permis de construire, qui a fait partie de la sélection officielle du festival du film de comédie de L’Alpe d’Huez. « J’y incarne un dentiste établi à Paris », nous raconte Didier Bourdon.


Par Christian Marchand

Paris Match. Même si on est loin de la folie des Inconnus, vous revoilà dans une comédie qui fait du bien. Cela vous arrive de ne pas être drôle ? Quel est votre défaut qu’on ne connaît pas ?
Didier Bourdon. Je suis un peu versatile. Je peux être joyeux et puis, d’un coup, être un peu ailleurs. Je tire la gueule mais moins qu’avant. C’est une fragilité. Être soupe au lait, c’est sans cesse vivre avec des regrets. Au moins, je le sais. Cela n’a pas toujours été agréable pour mon entourage. Aujourd’hui, ça va beaucoup mieux. Mais je reste très admiratif des gens qui réussissent à avoir une humeur assez égale.

Et vous, chère Anne ?
Anne Consigny. Vivre avec un défaut n’est pas agréable. Je sens parfois une certaine violence rugir dans mon corps, une colère qui me dépasse complètement. C’est comme si j’avais en moi un « alien » qui peut surgir à tout moment. Ça me fait beaucoup de peine, parce que je peux blesser juste avec un regard. Ça sort de moi et ça ne m’appartient pas. Mais je vous rassure, je fais des progrès (rires) !

Comment avez-vous vécu les derniers mois ?
D.B. C’était une période pénible pour beaucoup. Personnellement, j’ai été déclaré positif au Covid avant Noël. J’ai dû annuler pas mal de choses prévues en famille. Étant confiné, j’ai regardé la télévision, notamment des reportages historiques sur la Deuxième Guerre mondiale. Et je me suis dit que la pandémie, à côté de cela, c’était de la rigolade. Quand on voit ce que les gens ont vécu, il n’y a même pas quatre-vingts ans… Il faut essayer de prendre un peu de recul (l’interview a été réalisée avant le début de la guerre en Ukraine, NDLR).
A.C. Ce fut terrifiant de l’extérieur, pour l’économie mondiale. Individuellement, nous avons pu revenir à certaines priorités.

 

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Quels souvenirs avez-vous de la Belgique ?
D.B. J’ai longtemps habité Biarritz et Mulhouse. Je ne venais pas en Belgique. Ma première visite a été professionnelle : c’était avec les Inconnus, au Cirque royal de Bruxelles, à nos débuts. Un souvenir mémorable. Dans le train qui nous amenait au pays, nous avons rencontré un couple de Belges. Le monsieur était un impensable bon vivant, je n’avais jamais vu ça ! Nous l’avons d’ailleurs invité au spectacle avec sa femme. Je me souviens aussi d’un tournage complètement surréaliste avec Nadine Monfils… Nous étions bien en Belgique !
A.C. Je suis souvent venue en Belgique depuis l’âge de 10 ans. Je suis belge à 25 %, car ma grand-mère était brugeoise. Professionnellement, je me souviens de la promo d’un film avec Benoît Poelvoorde. Nous étions en Flandre. Le journaliste ne parlait pas français. Et il ne connaissait pas Poelvoorde. À mes yeux, c’était impensable, une blague… C’est le truc le plus dingue que j’aie vécu.

Selon vous, qu’est-ce que les Français devraient emprunter à la Belgique ?
D.B. Vos bières. J’adore les bières belges. À mes yeux, ce sont les meilleures au monde.
A.C. La gentillesse, le talent et la simplicité. J’aime beaucoup les Belges.

Un plat belge préféré ?
D.B. J’aime bien les moules parquées. Et les anguilles au vert.
A.C. Sur la Grand-Place de Bruxelles, un restaurant sert des harengs à la crème avec des pommes, un délice. Un jour, j’ai emmené ma maman dans cet endroit. Un peu méfiante, elle avait choisi un autre plat… Finalement, elle m’a piqué les trois quarts du mien !

 

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