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Excellence belge : Marie’s Corner, ils font partie des meubles

Serge Silber et Philippe Vanhemelen : le sens de l’épure n’a aucun secret pour eux. | © DR

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Depuis Wavre et leur show-room de 1 500 m² où sont exposés 160 modèles de canapés, fauteuils et divans de la marque, Serge Silber et Philippe Vanhemelen poursuivent leur croissance sur les marchés du cœur de l’Europe.

 

Les voies du succès empruntent parfois des chemins détournés. Rien, au départ, ne semblait prédestiner Serge Silber à devenir le CEO d’une marque d’ameublement aussi prestigieuse que Marie’s Corner, spécialisée dans les assises haut de gamme.

« J’ai commencé une courte carrière dans l’informatique, avant de bifurquer dans le textile et la production de parkas et de blousons pour les pays délocalisés, comme le Viêt Nam et l’Indonésie. En 2014, j’ai pris la décision de réorienter ma carrière en passant du textile à la décoration, sans doute en partie influencé par ma femme, qui était décoratrice d’intérieur. »

Un homme particulièrement bien entouré donc, qui, avec son directeur financier, décide de reprendre les rênes de cette entreprise lancée au début des années 1990, mais dont les fondateurs vivent depuis quelques années déjà aux États-Unis. « Plutôt que de continuer à la gérer à distance, ils m’en ont confié la direction en 2014 avant, deux ans plus tard, de proposer à Philippe Vanhemelen et moi-même de la racheter. Cela s’est fait avec la bénédiction de mon épouse. »

À l’époque, Marie’s Corner était un peu la Belle au bois dormant qui avait tendance à se reposer sur ses lauriers. Mais l’arrivée de la nouvelle direction provoqua un sursaut salutaire : la marque fut redynamisée, tandis que la collection quittait ses assises classiques pour des modèles plus contemporains ou plus vintage. « Presque simultanément, quinze nouveaux modèles ont vu le jour », confirme le CEO, « ce qui est très important pour un secteur comme le nôtre. Nous avons consolidé nos marchés en Suisse, en Autriche et en France, et nous en avons ouverts de nouveaux en Angleterre et en Hongrie. »

Aujourd’hui, Marie’s Corner est en pleine expansion et la marque est présente dans une vingtaine de pays européens avec pas moins de 1 200 clients actifs rien que pour l’année 2021, ce qui représente 10 000 unités de ventes. La plupart des modèles sont dessinés par Serge Silber et Philippe Vanhemelen en personne, pour qui le sens de l’épure n’a aucun secret.

 

La tendance est assurément au mélange des styles, des matières et des couleurs. ®Laetizia Bazzoni

Canapés, divans et fauteuils sont fabriqués à la main dans une usine située à Saragosse, dans le nord de l’Espagne, là où se trouve aujourd’hui encore un véritable vivier de garnisseurs hautement spécialisés. La région fournit également toute la mousse et le bois nécessaires. Le directeur général insiste : « Cette production artisanale est le reflet des valeurs auxquelles nous sommes attachés. Elle repose sur la technique des tenons et mortaises, synonyme de qualité et de durabilité. »

Depuis plusieurs années, la société, traditionnellement attachée au marché résidentiel, s’intéresse de plus près à la restauration et à l’hôtellerie, surtout depuis que cette dernière a commencé à calquer ses intérieurs sur ceux des particuliers pour donner le sentiment d’être comme à la maison. « En termes de volume d’affaires, nous tournons autour des 20 % pour l’hôtellerie et 80 % pour le résidentiel. Et nous commençons à investir le marché des bureaux en coworking. »

La maison-mère de Marie’s Corner est toujours située à Wavre, dans un impressionnant show-room de 1 500 m² exposant pas moins de 160 modèles différents. Le « flagship store » de la rue de Namur, à Bruxelles, est complété par un espace au Bon Marché à Paris. Une cinquantaine de revendeurs travaillent également sur la Wallonie et la Flandre.

Y a-t-il des tendances marquées aujourd’hui en ameublement ? La réponse semble couler de source : le goût est assurément au mélange des styles, des matières et des couleurs. « Chez moi », confie Serge Silber, « le ton dominant est le beige. Je le rehausse avec des coussins de couleurs différentes en été ou en hiver : plus cossu durant la morte-saison, plus frais et plus ouvert avec l’arrivée du printemps. J’ai adopté le style vintage des années 1970 que je mélange avec des pièces plus contemporaines et des matières comme le laiton, le lin et le bois. »

Et de donner un dernier conseil : pas besoin de se lancer dans de grands tralalas ! Il suffit de changer la disposition de ses meubles ainsi que quelques accessoires et éléments décoratifs pour avoir l’impression de se retrouver dans un intérieur différent.

 

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