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Excellence belge – Filroses, la reine des fleurs

Âgée de 24 ans, Hyana sait ce qu’elle veut : « Ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on est insensible à la beauté des roses. » | © DR

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À Jodoigne, Hyana Socquet perpétue, avec son compagnon Killian, la réputation de cette enseigne connue de tous les passionnés et dont le catalogue est riche de plus de trois mille rosiers.

 

Corneille avait décidément raison quand il écrivait qu’« aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». Âgée de 24 ans, Hyana sait ce qu’elle veut et c’est un vrai bonheur pour elle d’avoir eu l’opportunité de reprendre l’entreprise FilRoses après que ses inoubliables fondateurs, Philippe et Mireille, eurent décidé de prendre une retraite bien méritée.

À dire vrai, Hyana n’est pas seule dans cette nouvelle aventure ; elle est aidée en pépinière par son compagnon Killian, qui a le même âge qu’elle, et bénéficie des conseils éclairés de Serge, son beau-père, ferronnier de jardin et ami des précédents propriétaires. « Serge a toujours travaillé avec FilRoses puisqu’il forgeait pour la reine des fleurs les écrins qui leur siéent le mieux : arcades, gloriettes, portes et tuteurs destinés à les mettre en valeur. »

Hyana, elle aussi, a connu l’enseigne depuis qu’elle est toute petite et cette transmission a d’autant plus de valeur à ses yeux. Elle a donc gardé l’esprit de FilRoses à la lettre, que ce soit en matière d’accueil, de conseils et, bien sûr, de portes ouvertes, en particulier celles des deux premiers week-ends de juin, avec toujours la même coquetterie consistant à offrir une ristourne de 10 % à tous ceux, hommes, femmes et enfants, qui viennent à la pépinière en portant un chapeau.

Juin est donc la fête des couvre-chefs, des rubans romantiques et des roses parfumées du temps jadis, avec la présence d’artisans issus de l’univers du jardin et d’un violoniste inspiré. Bien plus que le temps des cerises, c’est aussi celui où les amateurs rêvent de nouvelles découvertes. Elles sont toutes réunies ici : roses anglaises de David Austin, françaises signées Delbard, allemandes de chez Kordès, sans oublier les italiennes Barni. En tout, un choix de quelque 3 000 rosiers sélectionnés par Hyana pour leur adaptation à nos régions.

 

L’aptitude des rosiers à fleurir durant toute la belle saison, leur résistance aux maladies, leur parfum et leur capacité à affronter le climat belge permettent de créer de vrais tableaux dans les jardins. ©DR

« Notre clientèle a quatre grands critères : l’aptitude des rosiers à fleurir durant toute la belle saison, leur résistance aux maladies, leur parfum et leur capacité à affronter le climat belge. Pour y répondre, nous proposons d’ailleurs cette année de nouvelles variétés originaires du Danemark. » Mais cela n’empêche pas la jeune femme d’avoir ses préférences. Sur ce chapitre, elle désigne sans hésiter le Brise parfumée de chez Barni, un grimpant à petites fleurs rose pâle très remontant, très sain et « qui sent légèrement la framboise ». Elle pointe aussi le Gertrude Jekyll, qu’elle possède dans son propre jardin, un rosier anglais polyvalent, qui fleurit toute l’été et « sent l’eau de Cologne ». Ou encore ce coup de cœur nommé Lady Emma Hamilton, un rosier arbustif orange très parfumé.

Nous en sommes encore aux prémices de la belle saison, mais les travaux au pied des rosiers ne manquent pas. Après les dernières tailles, qui coïncident avec le moment où les forsythias sont en fleurs, c’est le moment de procéder à une petite pulvérisation de purin d’orties et de prêle par temps sec pour vitaminer les belles de jour.

On leur accordera ensuite une dose d’engrais organique comme le Sap Rosier, une marque belge, ou plus simplement un peu de fumier de cheval en granulés (à raison d’une poignée par mois jusqu’en juillet). Hyana rappelle aussi les précautions d’usage à l’adresse des néophytes : enterrer le point de greffe du nouveau rosier à 5 cm sous terre pour le protéger du gel, ne jamais planter un rosier à la place d’un autre qui aurait vécu au même endroit (à moins de désinfecter le sol et d’apporter de la terre fraîche) et, enfin, ne pas oublier d’arroser ses nouvelles acquisitions avec dix litres d’eau par semaine, même par temps de pluie.

Elle insiste aussi sur le fait qu’il ne faut jamais mettre au pied d’un rosier de l’écorce de pin qui acidifie le sol, mais lui préférer de l’écorce de coco, voire, comme les Anglais, la tonte d’herbe. En tout cas, une chose est sûre, les roses et la jeunesse vont bien ensemble. « Ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on est insensible à la beauté des roses », insiste la jeune fille, qui se sent plus à l’aise et finit enfin par sortir de sa timidité. « Moi, j’ai 24 ans, mais même à mon âge, les rosiers sont une véritable passion. »

 

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