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Excellence belge : 100 bougies pour le joaillier Holemans

Le joaillier Holemans à Bruxelles

Moïse Mann : « Mon but ultime est de protéger et de pérenniser un artisanat belge, mais aussi de créer de l’émotion. » | © DR

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Héritier de la prestigieuse marque bruxelloise, l’artisan joaillier Moïse Mann célèbre avec éclat ce centième anniversaire en créant trois bijoux exceptionnels.

 

Cela fait des années que Moïse Mann arpente le monde à la recherche des plus beaux saphirs et des rubis les plus rares. Voilà justement qu’il revient du Sri Lanka, où il a emmené avec lui quatre élèves de l’École royale de gemmologie « pour leur faire découvrir l’envers du décor et les ficelles du métier ». Leurs aventures ont d’ailleurs été filmées pas à pas par une équipe de la RTBF, et ce reportage est au menu de l’émissions « C’est du Belge » de ce vendredi 6 mai.

Le joaillier doit aussi une part de sa renommée à la reprise de la maison Holemans, dans laquelle il a travaillé pendant dix-huit ans. Lorsque la crise bancaire de 2008 a raison des ambitions de celle-ci, installée dans la cour intérieure du palace Steigenberger (à l’époque l’hôtel Conrad, NDLR) après avoir brillé durant de longues années dans le goulet Louise, Moïse Mann crée sa propre enseigne, Manalys. Installé boulevard de Waterloo, il se spécialise dans les pierres précieuses haut de gamme et la fabrication à la main de pièces uniques. Une clientèle se forme rapidement, appréciant cette approche exclusive.

 

Le collier Sprinkels de chez Holemans
Le collier « Sprinkels », diamants blancs et saphirs de couleur, ©Holemans

En 2013, Thierry Holemans propose à son ancien homme de confiance de donner une continuité à son affaire. « J’ai repris le nom, l’historique, les dessins et tout ce qui avait trait à la propriété intellectuelle de la maison, que j’ai installée place du Grand Sablon dès l’année suivante. » Voilà donc Moïse Mann propriétaire à la fois de Manalys et de Holemans. Avec un risque de cannibalisation ? « Pas du tout, car Manalys reste attaché aux pièces uniques et aux pierres exceptionnelles, tandis que Holemans garde son esprit de collection, dans un style plus classique et financièrement plus accessible. »

C’est l’occasion pour l’héritier spirituel et acquéreur de la maison de dresser en quelques mots l’histoire de l’institution car, insiste-t-il, « rares sont les maisons joaillières belges qui ont su traverser les époques et perpétuer au fil des générations leur incroyable savoir-faire ». Et de remonter le temps avec Henri Holemans, qui fonde son enseigne en 1922 pour fabriquer de l’orfèvrerie religieuse, notamment des ciboires et calices de style Art déco.

Dans les années 1930, il reçoit une formation approfondie d’un maître japonais maîtriser les laques -précieuses. Cette technique, il la transmettra à son fils, Jean, qui l’appliquera principalement aux bijoux. Dès 1960, il développera la joaillerie en mettant un point d’honneur à créer des pièces symboliques et transmissibles qui racontent, au fil des générations, l’histoire d’un engagement durable. Le style Holemans est né, à la fois classique et intemporel, ponctué de références au style Art déco et agrémenté de pierres précieuses et fines. Plus tard, le fils de Jean Holemans, Thierry, suivra avec brio les traces paternelles.

Au début des années 1990, il ouvrira la boutique de l’avenue Louise et multipliera les créations de bijoux aux lignes contemporaines agrémentés de laques. Thierry fera briller le nom de Holemans au-delà de nos frontières et sera, en 1997, le premier Belge à inaugurer une boutique sur la place Vendôme. « Je suis aujourd’hui le gardien du style Holemans », explique Moïse Mann. « Mon but ultime est bien sûr de protéger et de pérenniser un artisanat belge, mais aussi de créer de l’émotion. De la création à la fabrication, toutes les étapes de réalisation des bijoux ont lieu sur place, dans les ateliers bruxellois du Sablon. Le mariage de précieux métaux, de pierres rares et d’un savoir-faire artisanal donne naissance à des créations uniques “made in Belgium”, marquées du poinçon de maître. »

 

Les bagues « Promesse » en solitaire diamant ou en version saphir. Déclinable en or jaune ou rose et avec tout type de pierres fines ou précieuses. ©Holemans

Et d’ajouter que la maison Holemans se veut résolument tournée vers l’avenir : depuis dix ans, les collections sont conçues dans plus de 95 % des cas en or recyclé, et tous les diamants proviennent de sources légales et non impliquées dans le financement de conflits armés en Afrique.

Joignant le geste à la parole, Moïse Mann nous dévoile ensuite les trois créations destinées à célébrer ce prestigieux anniversaire : un collier de saphirs et de diamants de couleur, une parure comprenant des boucles d’oreilles et un collier en diamants et tsavorites, et enfin un merveilleux solitaire intitulé « Promesse », d’une élégance et d’une finesse rares. Un album illustré, en cours de réalisation, clôturera en octobre cet hommage à l’histoire d’une des maisons belges les plus emblématiques.

 

 

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