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Pascal Obispo : « Ma soirée avec Brel, Poelvoorde et François Damiens »

Le chanteur français est le parrain du Télévie 2022. | © BELGA PHOTO VIRGINIE LEFOUR

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La 34e édition du Télévie s’est achevée samedi soir. Pascal Obispo en était le parrain 2022.


Par Christian Marchand

Paris Match. « France », votre dernier album, fait un carton. Heureux d’avoir pu rendre hommage à Michel Berger ?
Pascal Obispo. C’est plus une histoire qu’un hommage. J’avais envie de raconter les origines des tubes que les gens connaissent, avec des inédits mis en avant. C’est la première fois qu’on reproduit ces chansons comme elles auraient dû l’être. C’est unique dans l’histoire de la musique.

Votre single « À qui dire qu’on est seul » est une véritable lettre ouverte à France Gall. Elle marque le point de départ de votre histoire avec elle ?
Oui, c’est un peu ça. Et si elle l’avait chantée, ç’aurait été une chanson de consolation pour son enfant. Ces mots sont nés dans l’idée d’un contexte difficile, avec la perte d’un mari, puis d’une fille. Quand on est auteur-compositeur, on essaie de se fondre dans l’état d’esprit du moment et des sujets. Les gens détestent les mensonges. Ils veulent la vérité. Mon travail est de trouver des correspondances avec celle-ci. Une telle chanson me touche, parce que ça m’est arrivé aussi. Ça touche tout le monde.

C’est un peu l’homme que vous êtes et qu’on verra au Télévie ?
Je suis heureux de partager. J’ai toujours été contre l’injustice. Je ne la supporte pas. J’ai toujours eu en moi cette envie d’aider les autres. C’est dans ma nature. Je ne crois pas vraiment au bonheur, mais au bien-être. On connaît des instants de bonheur, mais le but ultime est de vivre constamment le bien-être.

 

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Dans votre carrière, vous êtes un pont entre les gens, non ?
C’est tout à fait cela. J’aime partager, mais je suis aussi dans le respect des anciens. Sans eux, on n’existe pas. « Fan », c’est ça ! Les gens qui pensent qu’ils inventent des choses ou sont seuls à créer ont un problème avec leur nombril. Chacun possède un ADN musical et mon concept est de faire des clins d’œil à droite et à gauche. On est peu à agir ainsi. On m’a tellement chargé avec ça, on m’a critiqué, on a dit que j’étais le sous-Polnareff. C’est marrant parce que je n’ai pas eu honte de l’aimer, tout comme Alain Chamfort, Michel Berger et bien d’autres. J’assume totalement. Voilà pourquoi je suis dans la transmission. Et mon nom résonnera aussi pour ça lorsque je ne serai plus là. J’aurai été un lien. Ce n’est pas insultant d’être un pont entre les générations. On a toujours besoin de l’autre pour s’épanouir. Cela s’appelle le respect.

Comme votre ami Patrick Bruel, n’avez-vous pas envie d’embrasser une carrière au cinéma ? Le challenge d’un film ne vous attire pas ?
On ne me propose que de jouer mon propre rôle. Ce n’est pas très intéressant. Bon, je l’ai déjà fait pour des copains, mais c’est fini. Maintenant, si on me propose autre chose, je fonce.

La Belgique vous réussit particulièrement. Artistiquement, on nous encense pour notre richesse culturelle. À vos yeux, c’est le fruit de la variété linguistique du pays ?
Pas seulement. C’est plutôt le reflet d’un état d’esprit. Vous êtes presque au centre de l’Europe. Ça joue, mais le plus important est ce que sont les Belges. Je vous trouve sans a priori et dans le partage. On le voit dans le public qui vient aux concerts. On sent cette envie de vouloir vivre le moment présent, intensément, en se rassemblant sans se poser de questions. On ne connaît pas cela partout. Mais c’est peut-être aussi l’emplacement du pays, avec toutes ses opportunités, qui crée cet état d’esprit.

Comment imagineriez-vous une soirée avec Jacques Brel, Jean-Claude Van Damme, Benoît Poelvoorde, François Damiens et -Stromae autour d’une table ?
Une sacrée soirée, ça (rires) ! Déjà, on s’aperçoit qu’on est avec des gens intelligents. Jacques Brel ne supportait pas la bêtise. Ensuite, je pense que ça va un peu picoler et faire la fête. Même sérieusement. J’avais déjà écrit une chanson pour Benoît Poelvoorde dans le film « Podium », mais les producteurs ne l’ont pas choisie. Qu’importe : on s’est bien amusés ! Poelvoorde est une personne exceptionnelle. Il est d’une rare intelligence. François Damiens, je ne l’ai jamais rencontré, mais je l’adore. Je suis fan. J’ai beaucoup aimé le film « Rien à déclarer », où ils jouent tous deux. C’était fantastique. Bref, autour de cette table, ça rigolerait grave !

Vous pourriez débarquer à Bruxelles ? Y déposer vos valises ?
Non. Avec l’âge, je suis trop attaché à ma région. Plus précisément, le cap Ferret, dans le bassin d’Arcachon. Je vais vivre le plus longtemps possible là-bas. Ce n’est pas qu’il y ait un problème avec Bruxelles ou une autre ville. Je suis juste amoureux d’un autre paradis.

 

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