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Melanie Doutey : « Je préfère rouler à Bruxelles qu’à Paris »

L'actrice française connait bien la Belgique et Bruxelles, elle y a tourné plusieurs films. | © ©FRANCK CASTEL/MAXPPP

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Sorti il y a peu sur les écrans, « Inexorable » révèle tout le talent dramatique de Mélanie Doutey. Elle y joue aux côté de Benoît Poelvoorde.

 

Par Christian Marchand

Paris Match. Fille des comédiens Alain Doutey et Arièle Semenoff, vous faites briller l’héritage de vos parents : vous avez déjà plus d’une vingtaine d’années de carrière à votre actif et votre dernier film, « Inexorable », ne passe pas inaperçu. Heureuse ?
Mélanie Doutey. À l’inverse de mon personnage dans ce thriller, mon héritage n’est pas lourd : grâce à mes parents, j’adore mon métier plus que tout. Au départ, je voulais suivre les cours de l’école d’art et faire de la scénographie. Je pensais aussi à l’archéologie. Mais ces recherches-là n’ont pas abouti. Finalement, notre métier en est très proche puisque, à travers nos rôles, il y a une fouille humaine en permanence. Dans cette optique, j’ai énormément d’admiration pour Audrey Hepburn, Romy Schneider, Meryl Streep ou Juliette Binoche. Mon passé est déjà riche de nombreux souvenirs : ma rencontre avec Chabrol, l’expérience du théâtre avec Michel Fau, le premier film de Gilles Lellouche, « Narco ». C’est sur ce tournage que j’ai fait la connaissance de Benoît Poelvoorde et Jean-Claude Van Damme. J’ai rencontré la Belgique et c’était magique !

Notre pays ne vous est pas inconnu…
Oui, je suis venue souvent chez vous. J’ai même tourné en Belgique le film « Post partum », de Delphine Noels. J’ai également rendu visite à plusieurs reprises à Benoît Poelvoorde. J’adore Bruxelles. À Paris, il règne une sorte d’électricité dans l’air. Ici, elle disparaît totalement. Ensuite, ce n’est pas la même spontanéité en France. Ni le même civisme. Pour avoir participé à des journées à vélo à Bruxelles et à Paris, je peux vous dire que ce ne sont pas du tout les mêmes sentiments quand on rentre chez soi. Ici, ça klaxonne moins et la ville est verte !

Et dans le monde du cinéma, ressentez-vous un climat d’anxiété ?
Il est vrai qu’actuellement, les salles sont moins fréquentées. La scène souffre aussi énormément. Des directeurs me disent que les gens n’ont plus du tout la même passion pour le théâtre. Ils improvisent. Avant, ils réservaient pour la sortie d’une pièce. C’étaient des rendez-vous qu’ils se fixaient traditionnellement, en famille ou avec des amis, sans en manquer un seul. Aujourd’hui, c’est différent. Quant au cinéma, il faut juste rappeler aux jeunes qu’il est un lieu convivial. Un lieu où l’on peut rouler ses premières pelles (elle éclate de rire) ! C’est magique, le cinéma. Il est synonyme de premiers frissons. C’est un lieu de culture, mais aussi de sens. C’est un boost pour la vie.

Vous comptez transmettre votre passion à vos enfants ?
J’adore être maman. Ma fille est une petite merveille. Par contre, je ne vais pas tenter coûte que coûte de lui transmettre mon goût pour ce métier. Ses choix importeront. Moi, je suis toujours restée attentive à concilier vie professionnelle et vie de famille.

©DR

Vous avez dit être une personne optimiste. Même face au monde actuel ?
Oui, je reste optimiste, mais je ne suis pas hyper rassurée pour l’avenir. Le climat en ce moment n’est pas engageant.

Rassurez-nous, vous n’avez pas de point commun avec votre personnage ?
Non, aucun, si ce n’est que j’ai une grande admiration pour votre compatriote Benoît Poelvoorde, comme cette femme ! Benoît est un ami et un camarade de jeu merveilleux. Tourner avec lui est hyper agréable. Il est travailleur et respectueux. À l’image, il est absolument fascinant. Il est d’une telle sincérité ! Tellement juste. Il est bouleversant. Et puis, ses failles nous sensibilisent et nous en apprennent sur les nôtres.

« Mes scènes d’amour avec Benoît Poelvoorde »

©DRSorti il y a peu sur les écrans, « Inexorable » révèle tout le talent dramatique de Mélanie Doutey. À la mort de son père, éditeur célèbre, Jeanne Drahi emménage dans la demeure familiale en compagnie de son mari, Marcel Bellmer, écrivain à succès, et de leur fille. Mais une étrange jeune fille, Gloria, va s’immiscer dans la vie de la famille et bouleverser l’ordre des choses…

« J’incarne Jeanne », explique Mélanie Doutey. « Je viens de récupérer la maison d’édition de mon père et la demeure familiale, qui est presque un château. Mon mari, joué par Benoît Poelvoorde, a connu un grand succès à notre rencontre. Mais depuis, c’est un peu la panne sèche. Donc, je le pousse à écrire. Nous vivons ensemble d’une façon qui me semble harmonieuse. Marcel se perd parce qu’il est en manque d’inspiration. Et pour un auteur, c’est quelque chose de tragique. C’est la fin. »

Le public reste aussi marqué par les scènes d’amour entre Mélanie Doutey et Benoît Poelvoorde. « Ce ne sont effectivement pas des scènes faciles à jouer. Mais Benoît et moi, on se connaît depuis très longtemps. Nous partageons une vraie confiance. Et quand des scènes vous mettent mal à l’aise, rire fait du bien, parce que c’est un exutoire ! Le réalisateur Fabrice Du Welz a participé à cette ambiance avec son énergie et son incroyable vivacité. Sur le plateau, on avait envie d’inventer avec lui, il nous communiquait cette énergie-là. Ce n’était pas de l’improvisation, parce qu’on ne débarque pas sans rien sur un tournage : on connaît notre texte, la trajectoire du personnage. Mais avec Benoît, il y avait un travail d’écoute et de confiance qui était primordial, et qui créait une vraie liberté. »

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