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Clovis Cornillac : « Je suis bien dans ma tête à 50 ans »

Clovis Cornillac nous a parlé de son dernier film C’est magnifique ! 

Clovis Cornilac a propos de la Begique : "je l’ai découverte avec le travail. Et j’y ai toujours vécu des expériences absolument formidables. " | © Photo by Nasser Berzane/ABACAPRESS.COM

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Son dernier film C’est magnifique !  se voit comme un conte positif, avec un héros qui rappelle parfois Forrest Gump. « Le public ne cesse de me dire que c’est un film qui fait du bien », explique Clovis Cornillac.


Par Christian Marchand

Paris Match. Acteur et réalisateur, vous revenez avec un film très humain, où pointe une vraie gentillesse. Plutôt rare de nos jours, non ?
Clovis Cornillac. Le cynisme ambiant et généralisé me fatigue. Je ne dis pas que j’ai raison et qu’il faut voir le monde comme je le vois, mais pourquoi, de nos jours, être systématiquement sarcastique et dans le jugement ? Regardez les femmes qui font de la politique : avant même qu’elles aient parlé, on se moque d’elles. J’aime beaucoup la vanne, mais la généralisation de cette amertume ricanante me gêne.

Pierre, que vous incarnez, est un vrai personnage romanesque. Il est aussi confronté à la police et menacé d’expulsion. Votre but est de dénoncer la stigmatisation ?
L’envie est surtout de toucher à des choses qui peuvent être graves et que le burlesque permet d’évoquer sans être trop lourd ou trop frontal. Regardez un film comme « Les Aventures de Rabbi Jacob » : il est aussi drôle que politique. Les vertus ne manquent pas au cinéma populaire. Évoquer des problèmes sociétaux tout en étant léger et pop n’est pas forcément antinomique.

Attachant, votre personnage perd même de sa couleur.
À force qu’il progresse dans son enquête, il se décolore, comme par enchantement. C’est une façon de montrer qu’un choc émotionnel peut modifier quelque chose en vous. Ici, ce n’est pas intérieurement, mais extérieurement.

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Si vous aviez une baguette magique, que changeriez-vous dans le monde ?
Je l’ignore, parce que tout est interdépendant. Mais il faudrait un toit, à manger et à boire pour chacun. C’est le minimum vital !

Vous est-il arrivé de rêver à d’autres choses que le cinéma ?
Gamin, oui. Je voulais être champion du monde de boxe. Et on a tous rêvé, à un moment ou à un autre, de chanter du rock devant des milliers de personnes. Cette espèce de galvanisation doit être démente.

 

©DR

Vous incarnez le bonheur à 50 ans. Pour vous aussi, « c’est magnifique » ?
Je ne sais pas si j’incarne le bonheur, mais j’ai la santé. Toute personne qui a fait du sport très jeune et qui a continué toute sa vie pour vibrer dans l’effort et la douleur vous dira qu’il en a besoin. Et la boucle est bouclée : ça fait du bien à la tête quand on a mon âge. D’autre part, j’ai la chance d’être amoureux, d’être entouré, d’avoir des camarades, de pouvoir continuer à monter des projets.

Et, en plus, vous aimez la Belgique !
(Il rit) Effectivement. Je l’ai découverte avec le travail. Et j’y ai toujours vécu des expériences absolument formidables. Je nourris un amour sans fin pour les endroits où je me sens bien. La Belgique en fait partie. Que ce soit avec les équipes techniques, mais aussi avec beaucoup de camarades acteurs. J’adore leur attitude à la vie. Nous avons des cultures différentes, mais nous nous rejoignons dans le bonheur. Il y a aussi quelque chose de fascinant en Belgique : votre architecture, qui provoque en permanence un chamboulement visuel. C’est génial !

Selon vous, existe-t-il des qualités propres aux Belges que les Français apprécient ?
Une manière de travailler sérieusement sans se prendre au sérieux. Regardez Bouli Lanners. C’est une personne en or et mon ami. Je viens parfois le voir à Liège. Un vrai voyage de vie. Vous risquez aussi de me trouver au bois de la Cambre, à Bruxelles. Mais il vous faudra être en forme : j’adore y aller pour courir !

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