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Olivier Gourmet : « Je suis un militant en résistance »

Cette semaine I Like Belgium a rencontré notre compatriote Olivier Gourmet. | © JEAN-CLAUDE LOTHER / Moby Dick Films / Photo12 via AFP)

I like Belgium

Olivier Gourmet revient sur les écrans avec Entre la vie et la mort, un très bon polar de Giordano Gederlini tourné en Belgique. « C’est une belle façon de voir Bruxelles différemment », précise-t-il. « J’ai un rôle secondaire, donc, je n’y suis venu que quelques jours. Mais le sujet m’a captivé. J’aime bien l’univers du polar»

 

Par Christian Marchand

Paris Match. Vous incarnez un commissaire dans votre nouveau film, vous portez l’uniforme, un insigne, une arme… Vous auriez aimé exercer ce métier ?
Olivier Gourmet. Personnellement, non. Je ne me sens pas une âme de policier. Maintenant, j’ai beaucoup de respect pour la profession et ceux qui l’exercent. Ils sont parfois amenés à faire des choses difficiles sur le terrain. Quand il y a des bavures, je suis le premier à dire que cela ne devrait jamais arriver parce qu’on ne forme pas suffisamment les policiers. Ou peut-être ne sont-ils pas assez solides psychologiquement quand surviennent des dérapages ? Mais, je me répète, j’ai beaucoup de respect pour leur travail, en raison des difficultés qu’il comporte.

Enfant, vous rêviez de quoi ? D’être pilote ? Marin ? Menuisier ?
Je pense que le premier métier dont j’ai rêvé était routier. Voyager, conduire un gros camion et parcourir du pays me fascinait.

Dans tout métier, on recherche la rencontre professionnelle. Laquelle a été la vôtre ?
Je suis plutôt attentif aux projets. Il y a des gens dont j’aime le cinéma. Là, je me dis que si un jour je peux travailler avec elle ou lui, ce serait avec plaisir. Et ça m’est arrivé, d’ailleurs.

Le public vous connaît et vous apprécie. Pourtant, vous restez toujours dans l’ombre, loin des regards indiscrets. C’est une volonté ?
C’est dans ma nature. C’est aussi un état d’esprit, la façon dont j’ai envie de vivre. Je ne suis pas et je n’ai jamais été friand des soirées de gala, des rencontres, des festivals ou des avant-premières. Ce n’est pas du tout ma tasse de thé. Je me force à y aller lorsque j’ai un rôle principal : quand je dois défendre le film, je le fais parce que c’est la moindre des choses. Mais lorsque ce sont des personnages moins importants, je ne trouve pas judicieux de me mettre en avant. Parfois, on me met à l’affiche parce que je suis plus connu que certains autres acteurs qui ont le premier rôle… Ça me met mal à l’aise. On se sert d’une image qui a été créée et je n’aime pas cela. Mais pour moi, c’est aussi un état d’esprit professionnel : moins on est vu, plus on peut être surprenant à l’image.

Vous aimez le cinéma d’auteur. Est-il difficile de le défendre dans une industrie où le business est roi ?
Oui, c’est difficile, et de plus en plus. C’est un très grand regret. Je suis bon public. J’apprécie de nombreux genres de films, même des blockbusters. C’est bien qu’ils existent. Mais il y a aussi le cinéma d’auteur, qui me transforme en militant en résistance ! On a besoin de cet espace public pour pouvoir encore défendre certaines idées, opinions et visions. En tout cas, confronter le public à une certaine réalité de la société. C’est un espace de liberté et de parole. Pour tout cela, le cinéma d’auteur ne peut disparaître. Il intéresse de moins en moins les producteurs… et les chaînes de télévision. Aujourd’hui, la plupart des financements du cinéma viennent en effet de celles-ci. Elles cherchent avant tout à faire des films pour les diffuser en prime time et toucher le plus large public. Le cinéma d’auteur a donc du mal à rester la tête hors de l’eau. Ce n’est pas nouveau.

 

©DR

Selon vous, la magie du cinéma est difficile à préserver de nos jours ?
Oui et non. Elle existe toujours, parce que les réalisateurs font en sorte que le cinéma reste magique. Mais c’est plus compliqué parce que le public se déplace moins. Depuis la pandémie, on note une diminution de la fréquentation dans les salles. De nombreuses plates-formes se sont imposées. C’est regrettable, car les salles restent un endroit particulier et unique.

Pour lequel de vos films avez-vous le plus de tendresse ?
« Nationale 7 », un long métrage dans lequel j’incarne un myopathe en chaise roulante. Dans un foyer, j’ai rencontré une personne atteinte de cette maladie. Ces gens-là savent comment ils vont mourir. C’est un peu comme pour la sclérose en plaques. Je suis resté quatre jours avec lui en chaise roulante pour apprendre tous les gestes, l’attitude, les positions physiques, les difficultés qu’il rencontre pour manger, fumer et boire. J’ai beaucoup de tendresse pour tous ces gens.

Et quel est votre premier souvenir de spectateur ?
« Bambi ».

Le film qui vous le plus traumatisé ?
« Amityville, la maison du diable ». Ce diable m’a hanté, je le voyais partout. Je croyais vraiment qu’il existait !

Et celui qui vous a bien fait rire ?
Sans conteste « Le Petit Baigneur », avec Louis de Funès.

Quel est votre plat préféré bien de chez nous ?
Les boulettes-frites. C’est la première chose que je mange à la maison ou au restaurant lorsque je reviens au pays après un tournage !

Et votre péché mignon ?
Les bonbons sûrs (rires).

SON ACTU

Père d’une inspoectrice principale

Olivier Gourmet revient sur les écrans avec Entre la vie et la mort . « J’ai un rôle secondaire, donc, je n’y suis venu que quelques jours. Mais le sujet m’a captivé. J’aime bien l’univers du polar. Le projet, l’humeur, la couleur et le genre du film m’intéressent plus que le personnage. Les thèmes sont la vengeance, la culpabilité et le passé. J’avais déjà rencontré des commissaires pour “36 quai des Orfèvres”. Celui que j’incarne ici est avant tout père de l’inspectrice principale interprétée par Marine Vacth. Il est mal pris parce qu’il est entre le marteau et l’enclume. Il essaie de préserver sa fille mais, en même temps, il doit rester objectif, la considérer comme n’importe quel homme de sa brigade. C’est un film avec de la dynamique et du physique. Top ! »

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