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Excellence belge : Simone à soif, la bio limonade qui ne manque pas d’air

Simone à soif est Pionnière de l’hydrolade en Europe

Alexandre van der Vaeren (ici avec Agnès Bonfond) : « L’idée d’associer le fruit à une plante distillée de manière non alcoolique est à la fois savoureuse et originale, bannissant au passage tout apport de sucre, d’édulcorant ou de sirop. » | © DR

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Pionnière de l’hydrolade en Europe, la marque belge artisanale qui produit 400 000 bouteilles de son rafraîchissant breuvage embarque dès septembre dans le Thalys pour mieux se lancer à la conquête du marché français.

 

Non, ce n’est pas une boisson mystère puisqu’on la trouve aussi bien dans les magasins bio indépendants que dans les épiceries fines et les rayons du Delhaize. Certes, ce nouveau breuvage est unique en son genre : fabriqué à base de vapeur de plantes, appelées hydrolats, mélangé à de l’eau pure et à des fruits et des légumes locaux fraîchement pressés, il constitue une alternative aux meilleures limonades artisanales dont le péché mignon est toujours le même : le taux de sucre.

Tout est parti des expérimentations ménagères d’Agnès Bonfond que ses vacances en Corrèze prédisposaient à expérimenter des boissons rafraîchissantes afin de détourner ses enfants des traditionnels sodas tentateurs. « Toute la famille a participé aux essais jusqu’à ce que le résultat fasse l’unanimité, mari compris. »

L’idée poursuivra son bonhomme de chemin et il ne faudra que quelques années pour qu’Antoine de Menten et Alexandre van der Vaeren lui emboîtent le pas et s’associent pour créer la société Simone a soif, lancée en 2016. « Je travaillais auparavant pour un géant de la boisson bien connu », explique le second, 36 ans, devenu le directeur de l’entreprise bruxelloise. « Je ne pouvais que constater à quel point les belles histoires naissaient spontanément dans le domaine des bières, des vins ou des boissons alcoolisées, mais bien peu dans le secteur des boissons qui ne le sont pas. Or, l’idée d’associer le fruit à une plante distillée de manière non alcoolique est à la fois savoureuse et originale, bannissant au passage tout apport de sucre, d’édulcorant ou de sirop. »

Sans pour autant faire appel aux arômes artificiels ou aux infusions, l’hydrolade s’obtient donc par une distillation qui produit de l’huile essentielle et de la vapeur d’eau. Cette dernière permet, selon notre interlocuteur, de découvrir des propriétés aromatiques insoupçonnées de la plante. Les principales variétés botaniques qui participent à cette alchimie sont le houblon, débarrassé de l’amertume qui lui colle à la peau, le géranium, l’immortelle, la menthe, la verveine, le basilic et la mélisse.

Pour la composition de la limonade, chacune de celles-ci est associée au fruit qui lui convient le mieux, le géranium à la pomme, l’immortelle à la poire, la rhubarbe à la lavande, le citron à la menthe. « Nous y ajoutons du jus de poire pour sucrer naturellement le produit et je pense que nous sommes les seuls à procéder de la sorte. »

 

C’est en Corrèze que la vraie Simone, âgée de 85 printemps, après s’être proposée comme goûteuse, en avait réclamé quelques verres de plus. Voilà pourquoi on retrouve son profil sur les étiquettes de la marque. ©DR

Aujourd’hui, la société propose sept saveurs non pétillantes en bouteille et trois finement pétillantes en canette. Les lieux de fabrication se situent près de Hasselt pour les bouteilles et dans les environs de Bruges pour les canettes, avec actuellement une production qui flirte autour des 400 000 unités. « Il n’a pas été évident de faire comprendre au public le concept de l’hydrolade, que nous avons simplifié lors de nos communications en utilisant plutôt le terme de bio limonade, plus facilement accessible. Mais une enquête de consommateurs a révélé que nous étions bien positionnés malgré le fait que nous n’étions pas encore bien connus du grand public. Il n’empêche que nous sommes les seuls en Belgique et même en Europe à commercialiser de tels produits, conçus de cette manière. Dès la fin du mois de septembre, ils embarqueront dans le Thalys en 1re classe ; nous venons d’entamer un partenariat avec une société hexagonale pour les commercialiser en France. »

On apprendra aussi que Simone a décidément soif de conquêtes et se verrait bien investir dans la foulée les marchés scandinaves. Quant à son nom en forme de calembour, on pense bien sûr à l’expression mise en vogue par Guy Lux : « En voiture Simone ; c’est toi qui conduis, c’est moi qui klaxonne. »

Eh bien pas du tout ! C’est en Corrèze que la vraie Simone, agricultrice de son état, âgée de 85 printemps, après s’être proposée comme goûteuse, en avait réclamé quelques verres de plus tant elle avait le gosier à sec ! Voilà pourquoi on retrouve désormais son profil sur toutes les étiquettes de la marque, certes avec les cheveux plus courts et la mine légèrement rajeunie par le coup de crayon d’une célèbre agence parisienne.

 

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