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Olympe : « Les réseaux sociaux peuvent vous détruire, je l’ai vécu »

"Au début, je faisais trop attention aux regards des autres. Je guettais tous les commentaires sur internet" explique l'artiste. | © DR

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Avec l’album Press Play, dont est notamment extrait le single « Ça rend fou », Olympe fait beaucoup parler de lui. L’artiste a eu envie de se livrer, de faire le point sur les dernières années écoulées depuis sa participation à « The Voice ». C’est l’album de la libération, motivé par une réelle envie de tourner la page et d’avancer.


Par Christian Marchand

Paris Match. Depuis la révélation de votre talent dans « The Voice », vous avez fait un sacré chemin.
Olympe. J’ai effectivement sorti plusieurs albums, j’ai donné des concerts, j’ai aussi créé mon propre label pour avoir une vraie liberté artistique. Cette émission a été un véritable tremplin. C’est également un bon moyen de se tester. Savoir si on a les épaules pour faire ce métier, qui est bien plus compliqué qu’on ne le pense. Outre la demande d’énergie, il y a beaucoup de hauts et de bas. C’est comme faire du surf. En sortir est aussi une façon de bien gérer le stress et la pression.

Car vous en avez gardé un goût amer…
Oui, dans le sens où je n’ai pas pu vivre l’aventure comme je le voulais. Je suis tombé malade les deux dernières semaines. J’ai attrapé un virus qui m’a empêché de retrouver ma voix. Du coup, j’ai chanté en finale avec une piqûre de cortisone. Mais j’ai adoré l’aventure en elle-même.

Aujourd’hui, c’est Florent Pagny qui souffre, et vous êtes très touché.
En plus d’être une figure emblématique de la chanson française, Florent est vraiment une belle personne, un homme d’une grande gentillesse. Quand j’ai été malade, il prenait de mes nouvelles tous les jours. Il était aux petits soins alors que je n’étais pas dans son équipe. Aujourd’hui, je suis bouleversé par ce qui lui arrive et je le soutiens, comme tant d’autres, dans son combat. Quand on souffre, c’est vraiment important de savoir qu’on n’est pas seul.

Votre chanson « Je roule plus vite que toi » révèle aussi vos blessures d’artiste.
Au début, je faisais trop attention aux regards des autres. Je guettais tous les commentaires sur internet. Beaucoup me critiquaient sur mon poids, sur ma façon de chanter. Jenifer m’avait prévenu de ne pas lire les commentaires sur les réseaux sociaux. Mais quand vous avez 23 ans et que vous passez dans une grande émission comme « The Voice », suivie par plus de dix millions de téléspectateurs, c’est juste énorme. La tentation de regarder ce qu’on pense de vous est grande.

 

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Qu’est-ce qui vous a le plus blessé ?
Beaucoup de choses, et notamment les attaques d’une fan complétement hystérique. Elle s’est même installée devant chez moi pour m’insulter. Elle me voulait du mal. J’ai dû porter plainte, ça a été assez loin. Je me demandais ce qui m’arrivait. Quand une personne crée 500 faux comptes pour vous insulter sur les réseaux sociaux, essaie de vous écraser en voiture, vous menace de mort, vous ne cessez de vous poser des questions. Pourquoi moi, petit artiste qui essayait de s’en sortir ? Quand on vous dit que vous êtes obligé de vous cacher derrière un piano en télé parce que vous êtes trop gros, ça fait mal. L’envie de pleurer est grande. Je ne comprends pas cette haine. Je n’ai rien demandé à personne, je suis juste là pour chanter.

Côté privé, vous avez dû cacher votre homosexualité…
Oui. Le magazine Têtu voulait me mettre en couverture. J’étais heureux. Mais mon équipe artistique a refusé. « Il ne faut pas parler de ton homosexualité ! » m’a-t-elle imposé. Encore une fois, je ne comprenais pas. J’étais dégouté. Je n’avais rien à cacher. J’étais libre avec ça. Toute ma famille était au courant. Personne n’avait un souci. Et puis, je pense que ça se voyait ! L’homosexualité n’est pas un problème. Si on aime quelqu’un, c’est beau. On ne choisit pas qui on a envie d’aimer. On ne devrait pas être obligé de se cacher d’aimer, surtout à notre époque, où les mentalités ont évolué. C’est quand même génial de trouver la personne avec qui partager votre vie.

Vous venez souvent en Belgique. Qu’est-ce que la France devrait emprunter à celle-ci ?
L’ouverture d’esprit. Même en musique, vous êtes assez ouverts, vous vous exportez partout dans le monde. Les rois et reines actuels viennent bien de chez vous : Stromae, Angèle, maintenant Pierre de Maere qui est en train d’exploser. En France, on devrait un peu plus oser. En attendant, on peut apprendre à faire des frites. Il n’y a pas de comparaison possible entre les belges et les françaises !

« Appuyez donc sur Play ! »

 

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« C’est de la pop française. Je voulais être éclectique, ne pas me donner de limites. J’étais dans ma famille en Bretagne. D’un coup, j’ai eu des idées de mélodies. J’ai pris mon iPhone et je les ai enregistrées. C’est original, puisque je ne chante pas souvent comme ça. Le titre donne le ton de la métamorphose : j’ai appuyé sur “play” et je me suis senti moi-même, sans avoir à m’inquiéter du regard des autres. » explique l’artiste.

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