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Excellence belge : Savonneries bruxelloises, lavez-vous en pensant à la planète

Les Savonneries bruxelloises ne se limitent pas au savon de toilette, mais produisent aussi du savon à raser, du savon démaquillant et toute une gamme de shampooings et de déodorants solides. | © DR

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C’est à Laeken que la marque perpétue une tradition de longue date, produisant chaque année cinq millions de savons de toilette premium, dont 75 % sont exportés dans le monde entier.

 

On pensait, à raison, que Grasse était la capitale des parfums. Mais, à Bruxelles, la commune de Laeken en est l’antichambre. Si la parfumerie Karak, sise rue Tollenaere depuis 1926, a changé de nom pour être rebaptisée « Les Savonneries bruxelloises » en 1953, la production de savon et de cosmétiques solides a toujours été la marque de fabrique de cette entreprise artisanale.

En 2019, elle a été reprise par deux jeunes Bruxellois, Maxime de Villen-fagne et Maxime Pecsteen, respectivement 35 et 33 ans, bien décidés à la pérenniser. « À la veille de prendre leur retraite après vingt-six ans de bons et loyaux services, les propriétaires ont désiré transmettre leur entreprise. Nous avons tout de suite été sous le charme de ce lieu hors du temps. L’usine, dissimulée derrière une maison de maître, affiche un âge vénérable. Ses machines datent pour la plupart des années 1980 mais n’ont rien perdu de leur efficacité. Ici se compose un univers rempli de senteurs exquises qui un jour embaume la lavande, un autre le miel ou l’abricot. »

Inutile de préciser que ce savoir-faire a été jalousement préservé, tout comme les secrets de fabrication. Claude, toujours en service, y est maître savonnier en titre depuis quarante-sept ans et entend bien le rester. « C’est tout l’artisanat bruxellois qui s’exprime ici dans ce qu’il a de meilleur, au gré d’une gamme d’une centaine de senteurs d’exception provenant des meilleurs parfumeurs de Grasse. »

« C’est une tendance nouvelle : un retour aux produits solides, sans plastique, fabriqués localement et affichant un score zéro déchet, plutôt que d’acheter une bouteille en plastique contenant 98 % d’eau et 2 % de poudre »

Et de rappeler que le savon est d’abord une réaction entre de la soude caustique et un corps gras, jadis de la graisse animale, aujourd’hui exclusivement de la graisse végétale : huile de coco, tournesol, colza, etc.

« Ce savon ainsi constitué est ensuite enrichi de parfums, de glycérine et de différentes huiles en fonction des propriétés recherchées. Un exemple bien connu est celui de l’aloe vera, aux vertus apaisantes et cicatrisantes. »

L’entreprise ne se limite pas au savon de toilette : elle produit aussi du savon à raser, du savon démaquillant, du déodorant solide et, depuis ces deux dernières années, toute une gamme de shampooings solides, qui représente aujourd’hui 10 % à 15 % de la production… contre 1 % auparavant. « C’est une tendance nouvelle : un retour aux produits solides, sans plastique, fabriqués localement et affichant un score zéro déchet, plutôt que d’acheter une bouteille en plastique contenant 98 % d’eau et 2 % de poudre. »

 

Maxime de Villenfagne et Maxime Pecsteen : « Nous avons tout de suite été sous le charme de ce lieu hors du temps. Ici se compose un univers rempli de senteurs exquises qui un jour embaume la lavande, un autre le miel ou l’abricot. » ©DR

Après avoir plaidé la cause de son shampooing composé de 100 % de produits actifs, Maxime de Villenfagne ne boude pas son plaisir d’expliquer que les trois quarts de sa production sont exportés vers trente pays dont Taïwan, les États-Unis, le Canada, le Japon mais aussi le Ghana, la Côte d’Ivoire et bien d’autres encore.

Soit 550 tonnes an-nuellement, l’équivalent de cinq à six millions de savons. Et en Belgique ? « Nous avons ouvert cette année une bou-tique dans les galeries royales Saint-Hubert, juste à côté de Dandoy, dans laquelle nous proposons notre assorti-ment complet : savons moulés de toutes tailles et de tous formats, cosmétiques solides, gamme bio, ainsi que du savon en vrac à la découpe. »

Et le prix ? Pas de mystère : le pain de savon de 100 g dont il est question coûte 12,50 euros pièce, alors qu’un ersatz en grande surface se vend dix fois moins cher. Mais, comme le fait si bien remarquer Maxime, « on n’est pas dans le même monde » !

Celui de demain entre en tout cas dans les considérations des Savonneries bruxelloises car l’entreprise, consciente d’évoluer dans un village global, est très attentive à réduire son empreinte écologique et à limiter son impact sur l’environnement : placement de panneaux solaires, récupération d’eau de pluie pour le refroidissement des ma-chines, revalorisation totale des déchets de production. Un bon point pour la planète, sans que les soins du corps en pâtissent.

savonneriesbruxelloises.com

 

 

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