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Michel Leeb : « mes grands-parents avaient un resto à Bruxelles »

"J’ai un regret aujourd’hui : Bruxelles est une ville en permanence en travaux. C’est pire que Paris..." | © Thomas Blairon - BelgaImage

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Michel Leeb se produit dans « Inavouable » le 18 octobre (au Cirque royal à Bruxelles), le 19 (au Théâtre royal de Mons), le 20 (au Palais des Beaux-Arts de Charleroi), le 21 (à l’Aula Magna de Louvain-la-Neuve) et le 25 (au Forum de Liège).

 

Par Christian Marchand

Paris Match. Vous êtes de retour avec « Inavouable », une pièce très drôle. Comment va l’amuseur dans ce monde troublé ?
Michel Leeb. Personnellement, je suis heureux parce que le public revient dans les salles, mais je n’aurais pas aimé avoir 20 ans aujourd’hui ! L’avenir n’est pas rose. Franchement, c’est compliqué pour les jeunes. Ils sont nostalgiques de l’époque dorée que nous avons vécue, à savoir les années 1980-1990, qu’ils n’ont pas connues et que nous n’arrêtons pas de leur raconter. Tout était possible. C’était magnifique.

Comment qualifier notre époque ?
Il y a un coup de frein terrible sur l’enthousiasme, les envies, les élans. On vous interdit ceci et cela. Physiquement, mentalement, moralement, intellectuellement, philosophiquement, religieusement. Tout est paralysé. Les gens sont terrorisés par le voisin, par une pensée, une information. La société d’aujourd’hui bascule dans le négatif. C’est à nous de lutter contre ça. Plus que jamais, les gens ont besoin de rire.

On vous connaît sur scène, mais qui est Michel Leeb en privé ?
Un homme heureux. Mais dépendant de son métier. J’ai besoin du public. Si je n’ai pas ça, je prends dix ans dans la gueule ! Je suis formaté pour faire rire, jouer la comédie et être sur scène. Je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre. Il y a deux choses qui me manqueront le jour de ma mort : le sourire de mes enfants et les rires du public.

Votre pièce arrive en Belgique ? Y venez-vous parfois incognito ?
Oui, j’y viens pour voir des amis belges. Et j’adore ça. Mes grands-parents avaient un restaurant italien dans la Petite rue des Bouchers. J’aime y retrouver certaines sensations, me balader rue du Marché aux Herbes… C’est le triangle d’or. À l’époque, lorsque j’avais 7 ans, j’y faisais les 400 coups avec un bon copain, Rémy. Malheureusement, je ne l’ai jamais revu. J’ai un autre regret aujourd’hui : Bruxelles est une ville en permanence en travaux. C’est pire que Paris, qui est déjà épouvantable. À chaque fois que je prends un taxi, les chauffeurs sont en déprime totale, ils n’en peuvent plus !

 

Michel Leeb sera bientôt en  tournée en Belgique
©DR

Jadis, les humoristes français s’en donnaient à cœur joie pour se moquer des Belges. Vous, jamais…
Des histoires belges, il y en a des kilomètres. Et comme vous dites, je ne me suis jamais moqué des Belges. Ni de la monarchie. Je suis très proche des Belges car j’ai habité chez eux. Je sais prendre leur accent. Ma grand-mère était autrichienne, mon grand-père italien. Tous deux vivaient en Belgique.

Votre fils a bien reçu son héritage artistique : il est pétri de qualités, bourré d’humour, et beau gosse en plus ! C’est votre grande fierté ?
Oui, c’est moi mais en mieux (rires) ! Mes enfants sont mes grandes fiertés. Mon fils vient de jouer dans le film de Dany Boon. Actuellement, il est en tournage avec Netflix et TF1 pour une grosse série sur la guerre de 1914. Ça marche très bien pour lui. Il a beaucoup de talent. Et ma fille Fanny aussi. Ils m’apportent tellement de bonheur. Sans oublier ma cadette Elsa, qui produit des films et qui vient d’être maman. Je suis grand-père depuis peu d’une belle petite fille qui s’appelle Gaïa. S’ils ramaient, je serais malheureux pour eux. Ma fille aînée, Fanny, a connu des gros problèmes de santé (elle était atteinte d’un cancer du sein, NDLR). Au moment où elle devait sortir un album, elle est tombée malade. Après, elle a dû tout recommencer à zéro, mais il y a eu le Covid. Là, ça va. Elle s’accroche à nouveau et recommence. Elle va bien. Je suis en admiration devant cette combativité et cette volonté de réussir. C’est un métier tellement dur… Aujourd’hui, vous trouvez un chanteur, un acteur ou un humoriste à chaque coin de rue. On dirait que le monde entier veut chanter, jouer la comédie ou faire rire les gens. On leur donne le sentiment que c’est facile. Eh bien non, ça ne l’est pas ! C’est beaucoup de travail.

DES SECRETS INOUÏS APRES TRENTE ANS DE MARIAGE

Au cours d’une discussion sur le possible divorce de leur fils, Gaspard (Michel Leeb) et Clémence (Anne Jacquemin) voient leur vie exploser : quelques confessions émergent et puis, catastrophe, la phrase de trop ! Celle qui entraîne des révélations en rafale et des conséquences apocalyptiques. Écrite par le célèbre scénariste Éric Assous et mise en scène par Jean-Luc Moreau, la pièce « Inavouable » fait un carton. « Nos personnages sont des agités », traduit Michel Leeb.

« Toutes les trois secondes, il se passe quelque chose. Ce qu’on apprend sur eux fait monter l’adrénaline. On découvre des secrets inouïs après trente ans de mariage. Si ça vous arrivait, comment réagiriez-vous (rires) ? La salle est en délire et ça fait du bien. Juste avant la pandémie, j’avais dit à ma femme que je voulais prendre une petite année sabbatique. Ça n’a pas loupé, c’est tombé direct ! J’étais en pleine tournée avec Pierre Arditi. On jouait “Compromis” lorsque tout s’est arrêté. Ce fut terrible, mais pour tout le monde. Même si nous avons profité de la vie en famille à la campagne, le manque est arrivé assez vite. Je n’avais plus le moral. »

 

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