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Excellence belge : Luc Petit a « toujours été attiré par les décors oniriques »

Luc Petit a totalement bouleversé la tradition théâtrale en imaginant des scènes étendues sur des kilomètres | © DR

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Cet organisateur de spectacles et d’événements grandioses vient de se voir décerner le Mérite wallon pour ses créations et la mise en valeur du patrimoine.

 

Il a fait voltiger des créatures fantasmagoriques dans les airs ou sur les eaux, enrôlé simultanément des centaines de comédiens pour conter chez nous l’histoire de Peter Pan ou du Petit Chaperon rouge ou, en Chine, celle des Huit Immortels, dans un théâtre expressément construit pour son spectacle dans la ville de Qingdao, au bord de la mer Jaune. Il a également organisé la reconstitution de la bataille de Waterloo pour son bicentenaire ainsi que de grandes parades inoubliables, que ce soit pour le compte de Disney ou de Jean-Paul Gaultier.

Pour Luc Petit, le monde est un village et le Tournaisien entend participer à son enchantement. « Je voulais cinématographier le théâtre et l’amener dans le spectacle vivant. J’ai eu la chance de faire mes débuts à Notélé, la télévision locale, où, pendant deux ans, j’ai réalisé des fictions criminelles avec plus de 150 comédiens belges, dont Bernard Yerlès. Ayant toujours été attiré par les décors oniriques, j’ai pu assouvir cette envie avec mon premier spectacle dans le cadre de l’inauguration de la Grand-Place de Tournai, il y a trente-cinq ans. »

Le voilà ensuite qui entre chez Franco Dragone et crée le premier « Décrochez la lune » à La Louvière, avant de voler de ses propres ailes deux ans plus tard. Suivent une succession ininterrompue de rendez-vous grandioses. Son style ? « La capacité de réunir tous les arts de la scène pour créer un univers à la fois onirique et poétique, mais en veillant à ce qu’il y ait du fond, que les images aient un sens, une portée symbolique ou historique. »

 

Luc Petit : « Je voulais cinématographier le théâtre et l’amener dans le spectacle vivant. » ©Frederic Sierakowski / Isopix

C’est ainsi qu’après avoir créé un spectacle pour l’ouverture de l’Euro 2000 ou l’inauguration de la présidence belge de l’Union européenne, Luc Petit s’immerge dans la reconstitution de la bataille de Waterloo. « C’est amusant car lorsque j’étais enfant, j’en avais réalisé une maquette, avec des centaines de soldats que j’avais peint à la main. Un travail qui m’avait pris deux ans. »

Et de poursuivre en précisant qu’une bataille comme celle-là, c’est déjà du spectacle, même si Paris Match a récemment dévoilé une partie occultée de la réalité historique. « Il ne s’agissait pas d’une simple reconstitution, mais d’une mise scène qui porte ma marque. »

Car il y a bien une signature Luc Petit et, il en convient lui-même, il y a peu de gens en Belgique capable de mobiliser 50 000 spectateurs par an. Précisons qu’en marge de ses spectacles, le Tournaisien organise également ses Nocturnales, durant lesquelles il fait revivre les cathédrales du Plat Pays. Ce sera à nouveau le cas dès le 24 décembre et durant toute la période des vacances de Noël.

Un peu plus tard, ce sera le « Carnaval des Animaux » qui sera mis en scène dans la salle du Philharmonique de Liège, avec Bruno Coppens dans le rôle de conteur, tandis que « Peter Pan » sera de retour l’été prochain à Beloeil avant de prendre le chemin de Dubaï et de Singapour, puis d’entamer un tour du monde. « Chaque spectacle est un challenge », rappelle le magicien.

 

Son style ? « La capacité de réunir tous les arts de la scène pour créer un univers à la fois onirique et poétique, mais en veillant à ce qu’il y ait du fond, une portée symbolique ou historique. » ©DR

« Avec le Covid, on a dû tout réinventer. Ainsi, notre grosse production en Chine sur les Huit Immortels a été brusquement interrompue quand le pays s’est refermé sur lui-même. De la même manière, alors que nous avions 15 000 spectateurs à Beloeil, nous avons été contraints de réduire la fréquentation à 300 personnes. Nous nous sommes adaptés avec des représentations étalées sur quinze jours, à raison de trois séances quotidiennes, pour que le compte soit bon. Voilà comment nous nous sommes tirés d’affaire. »

Parmi tant de créations qui ont enchanté et enchantent encore le monde, en est-il une qui le touche plus particulièrement ? « C’est impossible de répondre. C’est comme si vous demandiez à un parent quel est son enfant préféré ! Chaque spectacle apporte le meilleur des souvenirs. Je donne tout ce qu’on peut donner. » Cela n’empêche pas ses organisations d’événements d’apporter leur lot de surprises, en particulier lors de ses mariages princiers.

C’est dans ce cadre que Luc Petit a organisé un dîner-spectacle dans la grande salle des Offices à Florence. Il a été également été le maître de cérémonie d’un mariage indien à Venise, où il a fait venir des Gilles de la Louvière. « Oui, les Indiens voulaient du bruit et des plumes. Ils ont été servis et on a même vu Lakshmi Mittal en personne danser avec nos Gilles, sans qu’il sache que ceux-ci étaient, pour la plupart, des ouvriers travaillant dans ses usines ! »

 

 

 

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