Peut-on tout dire et tout laisser dire à table ?

De quoi peut-on parler à table ? | © Christiann Koepke / Unsplash

Modes et styles de vie

Selon les ouvrages publiés en la matière, il semble que les sujets sensibles doivent être bien verrouillés et que la politesse, devant l’inconfort de certaines situations, préfère laisser la place au silence. Mais qu’en est-il réellement ? La chronique de Philippe Lichtfus, notre expert en savoir-vivre 2.0.

 

Je citais brièvement en décembre quatre sujets de conversation dits interdits à table ; la politique, la religion, l’argent et le sexe. Certain(e)s m’ont déjà lancé « mais de quoi peut-on encore parler ? ». Comme je les comprends… Ces sujets ne sont évidemment pas bannis par la politesse. Celle-ci vous prévient simplement que, lors d’un repas, surtout sous l’influence de l’alcool, ils suscitent souvent colère et agressivité.

Dès lors, que faire ?

Avant tout, si vous abordez un de ces thèmes, il faut le faire avec tact, voire beaucoup de tact, afin de ne pas heurter la sensibilité de la personne à qui vous vous adressez. Il y a aussi des personnes à qui on ne pose pas certaines questions qui pourraient les renvoyer dans un état de troubles, de colère ou autre dus à certains moments difficiles de leur vie. On choisi également sa conversation en fonction de l’âge de ses interlocuteurs.

Vous pouvez bien évidemment organiser chez vous un repas pour aborder certaines actualités qui ne laissent pas indifférent, par exemple, mais il est préférable de prévenir dans ce cas.

Il est inutile de jeter le feu maladroitement de manière improvisée et chez les autres.

Lire aussi > Les 10 faux pas à ne pas commettre quand on reçoit

Et si on est confronté à des propos inacceptables ?

C’est toujours délicat. C’est également une question de circonstances.

En temps normal, si quelqu’un dérape sans provoquer de remous, on peut faire semblant de rien, sans relever les propos déplacés, ce qui risque de plonger leur auteur dans une certaine solitude et de le décourager à poursuivre.

Si vous êtes chez vous, vous pouvez stopper élégamment la personne qui se lancerait dans ce genre d’aventure malheureuse en lui faisant remarquer que ce n’est pas vraiment le moment d’aborder ce genre de sujet ou en lui posant délicatement la main sur son bras ou encore en usant d’un regard explicite.

Il peut arriver qu’une personne fasse une sortie complètement déplacée. Dans ce cas, la personne qui reçoit se trouve devant un choix à faire ; elle peut laisser dire, lui proposer de l’accompagner un peu plus loin afin de lui demander d’être raisonnable, voire de présenter des excuses, ou l’obliger immédiatement à se taire. Quoi qu’il en soit, quand cela arrive, c’est toujours désagréable.

Lorsque les propos sont purement inacceptables, voire outranciers, il peut être du devoir de quelqu’un occupant une position sociale, professionnelle ou autre supérieure d’intervenir afin de faire taire l’individu séditieux.

Lire aussi > Le célèbre « Bon appétit » est-il une impolitesse ?

Nous n’avons pas à accepter l’inacceptable, même si parfois certaines circonstances privilégient le silence, notamment pour l’intérêt supérieur… Certains préfèrent quitter l’ambiance houleuse afin de ne pas cautionner par le silence ce qu’il ne peuvent tolérer et plutôt que de remettre de l’huile sur le feu.

Je vous rassure, ces mésaventures arrivent aux plus grands de ce monde… On se souvient du fameux « Ta gueule ! » intimé par le roi Juan Carlos à Hugo Chavez avant de quitter la scène…

CIM Internet